Elguijaronegro

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13 mai 2006

Hable con ella!

HABLE CON ELLA

Un film de Pedro Almodovar, avec Rosario Flores, Leonor Watling, Javier Camara, Dario Grandinetti, Paz Vega.

D'autres détails sur ce film, sur les intentions d'Almodovar, sur la musique de la bande originale: ici.

SYNOPSIS

Un rideau avec des roses couleur saumon et de grandes franges dorées s’ouvre sur un spectacle de Pina Bausch, "Café Müller". Parmi les spectateurs, deux hommes sont assis, l’un à côté de l’autre. Ils ne se connaissent pas. C’est Benigno, un jeune infirmier et Marco, un écrivain d’une quarantaine d’année.
Sur la scène jonchée de chaises et de tables en bois, deux femmes, les yeux fermés et les bras tendus se déplacent au rythme de la musique de "The Fairy Queen" de Henry Purcell. Le spectacle est si émouvant que Marco éclate en sanglots. Benigno voit les larmes de son voisin dans l’obscurité des fauteuils d’orchestre. Il aimerait pouvoir lui dire que lui aussi est très ému par le spectacle, mais il n’ose pas.

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Plusieurs mois plus tard, les deux hommes se rencontrent à la clinique El Bosque, une clinique privée où travaille Benigno. Lydia, la petite amie de Marco, torero professionnel, se retrouve dans le coma suite à un accident survenu pendant une corrida. Benigno, lui, est au chevet d’une autre femme dans le coma, Alicia, une jeune danseuse.

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Lorsque Marco passe à côté de la chambre d’Alicia, Benigno sans hésiter, s‘approche de lui. C’est le début d’une grande amitié aussi linéaire que les montagnes russes !
Le temps s’écoule entre les murs de la clinique. La vie des quatre personnages suit son cours, elle part dans tous les sens, passé, présent, futur, et les entraîne vers un destin inattendu.

Le sujet et l’histoire du film pourraient paraître irréalistes (une femme qui se réveille après plus de quatre ans de coma…). Ils sont pourtant tous inspirés de faits réels, notés par le réalisateur depuis plusieurs années.

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L'AVIS DE LA REDACTION :

Benigno parle avec Alicia, danseuse, dans le coma.
Marco parle avec Lydia, torero, dans le coma.

PARLE AVEC ELLE est un film sur la parole.
La parole comme marque d’une communication impossible, mais aussi comme moyen d’oublier la maladie, la solitude et la folie. Cette dernière se fait tellement bien oubliée que même lorsqu’il se produit le plus grave, le viol, l’on a du mal à différencier cette folie de la normalité. La parole peut nous faire tout oublier, tout sauf la vie…

PARLE AVEC ELLE est un film sur la vie.
Celle que l’on donne, celle que l’on perd, celle que l’on retrouve. Abordée à travers différents thèmes tels que la solitude, la passion, la communication ou le couple, la vie la marque de l’amitié entre Benigno et Marco, magnifiquement interprétés par deux jeunes acteurs montants du cinéma espagnol (très belle prestation de Javier Camara, récemment vu dans Lucia Y El Sexo).

PARLE AVEC ELLE est un film sur le temps.
L’amitié entre les deux hommes est suivie d’une manière temporellement déstructurée : de leur passé, l’on repasse dans le futur, multipliant les ellipses et des flash-back. Le réalisateur joue littéralement avec le temps dans le film – et le réussit très bien – partant régulièrement dans plusieurs directions, avant de se recentrer sur Benigno et Marco.

PARLE AVEC ELLE est un film de Pedro Almodovar.
Nous le savons et prenons plaisir à y découvrir plusieurs références à ses précédentes œuvres.
Le film s’ouvre avec un lever de rideau sur le spectacle "Café Muller" ; TOUT SUR MA MERE, où l’on voyait un poster de Pina dans ce même spectacle, se terminait sur un baisser de rideau.
Le réalisateur a inséré dans son film une séquence de sept minutes qui se déroulent en 1924, extraites d’un film muet et noir et blanc fait pour l’occasion, intitulé L’AMANT QUI RETRECISSAIT. Il est là pour cacher l’inacceptable, qui est réellement en train de se passer dans la chambre d’Alicia. Ce système de narration où les personnages s’expriment à travers d’autres films est difficile et peu courant. Pedro Almodovar l’utilise ici remarquablement bien, comme il l’avait déjà fait dans un précédent film où Victoria Abril utilise une scène de SONATE D’AUTOMNE pour exprimer à sa mère ce qu’elle ressent.

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PARLE AVEC ELLE est à la fois un ballet et une corrida, un film émouvant, magnifiquement orchestré par Pedro Almodovar. On en sort bouleversé.

Amélie Chauvet

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photos: commeaucinema.com

BANDES ANNONCES (click droit, puis enregistrer la cible pour charger chaque séquence)

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L’AVIS DE LA PRESSE :

Studio :
" Seul Almodovar pouvait réussir ce tour de passe-passe, tricoter ces intrigues puisées dans des faits divers, des romans-photos…et leur donner une vérité profonde et touchante"
Sophie Benamon (article entier disponible dans Studio Magazine n°177, page 18)

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Première :
"Un film où les hommes murmurent dans le vide (encore que…), où les filles ne répondent rien (quoique…), et où Almodovar, mine de rien et avec une douceur drôlement intense, frappe fort et touche profond"
Olivier de Bruyn (article entier disponible dans Première n°302, page 38)

Chronic’art :
"À force de professionnalisme, le film est devenu un objet désincarné, atrophié. À force de se retenir, de ne surtout pas vouloir tomber dans les excès de l'oeuvre précédente, Parle avec elle souffre d'un manque de spontanéité. Résultat, on reste à l'extérieur de cette histoire où il est pourtant question d'amour absolu, d'amour à mort "
Nathalie Piernaz (article entier disponible sur le site de Chronic’art)

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L'AVIS DE TAHHEYYÂT:

l'un des plus beaux films qu'il m'ait été donné de voir parlant de tout ce que je vis et ai vécu depuis 5 années: ce "coma" (pour moi l'amnésie) après un choc important (choc de vie, choc de maladie), le milieu psy et médical,  la passion pour la danse, une attirance pour l'amour à mort, le poids du silence et des non amours, le salut dans la relation, la communication, la tendresse, le toucher, l'amour désinteressé (même et surtout s'il ici est incarné par un psychopathe), l'amitié sacrée au-delà de la raison, la patience qu'il faut pour faire surgir la vie! qui est plus forte que tout. Jusqu'au passage muet en N&B avec la géante! tout m'est parlant et renvoie à ma vie personnelle!
Ce film n'est artificiel que pour ceux qui ne vivent pas ce que je vis et ce que j'ai vécu, le film en VO est immensément supérieur au film en version française, la langue est une musique dont on ne peut séparer les images et la dramaturgie. Tahheyyât S. (in elguijaronegro)

Posté par KNTHMH à 06:21 - Films - Commentaires [2] - Permalien [#]

Commentaires

  • Almodovar est un des plus grands, cette oeuvre est magnifique, j'en garde un souvenir charnel.
    J'attends toujours la sortie de ses films avec effervescence, ....le prochain arrive bientôt
    Merci pour ce résumé qui donne envie de le revoir !

    Posté par myblogforyou, 13 mai 2006 à 10:31
  • Bonjour

    merci pour votre commentaire, sensualité, oui, tout ce film est sensualité, une sensualité qui s'éveille, qui se reveille, souvent secrêtement, pudiquement, malgrè les images que j'ai choisi ici pour l'illustrer!

    Posté par jubilacion, 13 mai 2006 à 11:03

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