Elguijaronegro

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23 octobre 2006

Tah - lasso (inédit ici)

Ne demandez pas à Djam de me "fliquer", il me fait naturellement confiance.
Ce qui est tout à son honneur, et au mien, bien entendu.

Ara m'accompagne à la piscine tous les jours ouvrables.
Je retrouve des têtes familères comme celle d'Adrien, beau brun, la trentaine. Il vient se détendre une petite heure, en fin de journée, après le travail, en particulier pour le week-end.

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Lors d'un précédent séjour, j'attendais sagement en barbottant à proximité du jakusi où les places sont toujours chères. Il m'a aimablement fait signe de m'avancer lorsque sa voisine de droite s'est éloignée, je ne suis pas farouche, je suis venue m'installer à ses côtés, et, pour faire connaissance, nous avons commencé à échanger quelques banales considérations sur les bienfaits des bulles relaxantes.
Lorsque Djam venait de temps à autres me faire signe, s'assurer de mon bien-être, me dire un petit mot gentil, Adrien se rapprochait de son autre voisine, celle de gauche, sans plus me porter attention, mais...celà ne me regardait pas.
Seul le fait que ce bel homme galant soit solitaire m'intriguait, mais je me gardais bien de lui poser question à ce sujet!

Bien qu'il ne m'ait rien raconté de sa vie, je pressentais qu'il était un habitué spécial de la piscine. Cependant cette fois, il ne se montrait pas, peut-être était-il comme beaucoup en congé pendant cette période, donc parti se changer les idées ailleurs. Il me manquait un peu.  J'aime bien voir des têtes connues et amicales, avoir des points de repère!

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Pour le week-end, Djam vient me rejoindre, et c'est lui qui m'accompagne à la piscine. Ainsi Ara peut-elle demeurer un peu auprès d'Om.

Je suis donc dans le bassin, je parle avec Djam tandis que je reçois le jet massant sur les lombaires. Nous avons beaucoup de choses à partager, une semaine de séparation c'est long, et le bien- être ressenti, la douce chaleur invitent à la tendresse, aux confidences, aux gestes attentionnés.

J'aperçois soudain Adrien, de loin il me sourit, un petit signe de la main, il ne m'a pas oubliée, pas plus que moi en fait!

Il y a peu de monde au jakusi, mais je ne me hâte pas de le rejoindre, je souhaite demeurer avec mon mari, c'est normal.

Finalement je me décide, l'établissement va bientôt fermer. Adrien m'accueuille tout sourire.
"Cela fait un certain temps que je n'ai pas eu le plaisir de vous voir!"
Je lui explique que je viens par périodes, pour des cures, car nous habitons fort loin.
Il constate: "Vous êtes accompagnée?"
Pour moi, cela semble une telle évidence! Il insiste:
"La dernière fois, vous étiez seule..."
Je le détrompe, il paraît ne pas se souvenir de la présence de Djam . Moi je revois son brusque "dédain" chaque fois que Djam revenait auprès de moi ou m'adressait la parole. Enfantillage, je souris.
Je n'ose pas lui demander quelle profession est la sienne, et le pourquoi de ses plages horaires sur les week-ends précisément.
Il tient à se rapprocher de moi pour me parler. Je le soupçonne d'avoir d'autres intentions, il me tient à nouveau des propos concernant les bulles, les remous, les sensations éprouvées, le bienfait retiré ou attendu...
"ça vous plait? Moi aussi. Continuons!"
Ce "nous" m'apparait déplacé.
On ne voit rien à travers la mousse épaisse, et je n'arrive jamais à sentir qui me touche ou comment, telle est la force des bulles qui sortent en chapelet serré contre les muscles. Je ne saurais en jurer, mais j'ai comme une impression dont je souhaite avoir aujourd'hui la certitude exacte.

Je m'éloigne un peu. Adrien me demande:
"Les jets sont plus forts un peu plus loin?"
- Non, lui dis-je, c'est simplement...différent
J'attends quelques secondes et je déclare le plus sérieusement que je peux:
- Je suis désolée Adrien, je vous aime bien mais bon, ça va!
Et je ne peux m'empêcher d'ajouter:
- Vous savez, j'ai un solide sens de l'humour!
- C'est bien que vous le preniez ainsi!
- Disons que vous aurez au moins essayé!
- C'est sans conséquences...
- Oui, en ce qui me concerne...
- Cela restera notre "petit secret"
- ça!...

Alors ce n'était pas qu'une impression! Quelle impudence!
(je reste souriante quoique distante, cette sacrée "bonne éducation" reçue, hein!)
Il y en a vraiment qui ne manquent pas d'air!

Lorsque je rejoins Djam, je ne peux me retenir de lui raconter très fidèlement ce que je viens de vivre.
"Peut-être est-ce un grand timide qui n'oserait pas aborder les femmes autrement...
- Tu plaisantes, et en plus, il savait que je n'étais pas libre, quelle audace!
J'espère qu'il n'importune pas les toutes jeunes filles!

Adrien est-il un cas isolé ou existe-t-il une lignée de dragueur de jakusi pouvant opérer en quasi impunité à l'abri des bulles, des remous et de tout remors?

"Notre petit secret", cette expression toute faite résonne mal à mes oreilles et à mon souvenir d'ex enfant abusée!
Je comprends mieux, dès lors, certains règlements qui m'avaient paru bien draconniens!

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Dans certains établissements, en effet, l'accès aux jakusis est règlementé, il n'est autorisé ni aux mineurs non accompagnés, ni aux personnes affectées de maladies cardio-vasculaires, la température y étant supérieure à celle des bassins réservés à la natation et aux exercices d'aquagym.

Dans d'autres établissements, le lieu se présente comme une table légèrement inclinée, sur laquelle peuvent prendre place  jusqu'à trois personnes. Le corps est très partiellement immergé (quelques centimètres), bras et jambes demeurent visibles malgré l'importante émission de bulles générées par séquences de trois minutes. Rares sont ceux qui s'y attardent davantage. Ce lieu n'ayant d'autre intérêt que le massage et la décontraction des zones en contact direct avec les bulles.

Ici, plusieurs lieux ludiques et destressants sont aménagés: un jet bouillonant dont on peut profiter seul ou à plusieurs, des cascades pour masser la nuque, le couloir animé d'un courrant provoqué par des arrivées d'eau dont le large débit et la haute pression procurent un vigoureux massage dorsal très efficace.

Je m'y rends après mes exercices de rééducation motrice et plusieurs longueurs de bassin en dos crawlé ou en brasse.

Le jakusi se présente comme une longue banquette linéaire d'une dizaine de places en accès libre. Des jets puissants fouaillent vos lombaires, vos dorsales et vos cervicales, des centaines de bulles vous entourent, chatouillements et picotements garantis sur toute la surface du corps en immersion. Beaucoup de remous et de mousse en surface. Impossibilité de voir ce qu'il se passe sous la surface de l'eau, même à quelques centimètres de profondeur.
Comme il ne faut pas demeurer immobile, lorsqu'on déplace un membre, il arrive que l'on cogne un voisin, on demande pardon en souriant. Par contre l'action conjuguée des jets et des bulles rend pratiquement indécelable frôlements, caresses, égarement de mains voisines. Djam et moi en avons fréquemment fait l'expérience.

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Je n'ai pas eu l'occasion de revoir Adrien, je crois que je préfère, et depuis cette prise de conscience, il ne m'a vraiment pas manqué!

Tah  (7 août 06)

  baignoire


Ce texte a reçu ce commentaire:

Je suis allée sur extramadura, j'ai lu ton aventure de jacusi. Quelle audace ce type! J'aurais jamais cru que des hommes puissent faire ce genre de choses en rpésence de personnes malades et affaiblies (quoique s'il était allé trop loin je doute que ta main n'est pas assez affaiblie pour mettre une claque!)

Chris- 16/10/06  10:07

Réponse:

Oui je lui aurais peut-être collé une baffe à c't'Adrien là!
mais ce qui m'inquiétait c'est de savoir tant d'enfants et tant d'ados sur le banc du jakusi, dont il pouvait profiter impunément, et en plus en croyant que l'autre était consentant, alors que l'autre pas au courant!
J'ai failli en toucher deux mots aux responsables de la piscine, et puis je me suis ravisée. Si j'avais eu la confiance d'une personne du personnel, je m'en serais peut-être ouverte à elle, et lui aurais demandé si personne ne s'était plaint de cet habitué, mais ce n'était pas le cas, et je sais que dans ces cas là, c'est la victime qui est accusée de paranoïa et de vouloir calomnier autrui, c'est pourquoi je n'ai rien dit. Comment prouver un tel truc, hein? c'est invisible sous l'eau même à celui qui en est la victime! si je n'avais démasqué ce mec en lui disant que j'avais compris son jeu, je n'aurais eu aucune preuve ou charge contre lui.
En plus de son aveu, il trouvait que ça n'avait aucune conséquence! Incroyable, même pas d'excuses, non! Impunité totale et inconscience!

S'il ne va pas plus loin que de fantasmer en grattouillant la cuisse d'un voisin, pas trop grave encore, mais ce que je n'ai pas écrit sur mon texte, c'est qu'une fois j'avais ressenti un étrange pincement suspect au niveau de mon entre jambe, et ça bien avant que je n'aie le moindre soupçon sur lui! nous venions à peine de faire connaissance! incroyable!
J'ai choisi par contre d'écrire ce texte et de le mettre dans mes blogs (extramadura et elguijaronegro). C'est peut-être une manière un peu trop soft comme réponse ou comme riposte, mais si des personnes s'informant sur les jakusi tombent dessus par moteur de recherche, si elles lisent ce que j'ai écrit sur les parties "techniques" de mon texte au sujet des différentes aires de jakusi dans les piscines aménagées, et jettent les yeux ailleurs, sur les parties plus narratives du texte, alors peut-être entreverront-elles le problème et se montreront-elles vigilantes. Quant à Adrien, j'ose espérer qu'il ne "s'attaque" qu'à des adultes qui peuvent le remettre à sa place si nécessaire! comme moi je l'ai fait, et non pas à des êtres faibles ou affaiblis par la maladie.
Dans la mesure où les surveillants de bassin ne peuvent eux-même rien déceler de ces manèges peut-être plus courants qu'on ne croit, c'est aux parents, aux futurs utilisateurs de jakusi qu'il faut s'adresser! en priorité.

Posté par KNTHMH à 06:17 - La vie qui va - Commentaires [0] - Permalien [#]

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