Elguijaronegro

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01 juin 2010

En mission parmi les malades de l'alcool

En 1988, j'ai vécu quelque chose qui m'a tellement marquée que c'est ce qui a originé mon abstinence volontaire et mon engagement ferme dans la mission auprès des malades de l'alcool en tant qu'appartenant au "pèlerinage de l'eau vive" aux côtés de Marion Cahour (http://www.amis-signe-de-piste.com/page285.html)

je me trouvais à Lourdes, cité où l'on ne boit pas que de l'eau!!!

dans un ptit troquet, où j'avais une chambre contigüe à celle du ménage des propriétaires du lieu, outre que ma compagne de chambre, sourde, ronflait comme un poêle bourré de bois de châtaigner, les époux s'écharpaient toute la nuit, les cloisons étant comme papier de verre, c'est comme si j'avais été avec ou même "entre" eux!
dans l'autre pièce contigüe à leur chambre tentait de dormir un moine capucin, j'imagine qu'il devait passer ses nuits blanches à prier! un gars discret et souriant.

Je suppose que c'est parce que "Reine" (c'était son prénom) était sourde, et que moi "patiente", que l'on nous avait mis dans ce lieu.

C'était proprement intenable, la violence des propos, les injures, les insultes, les hurlements, les braillements, la teneur des "discours"
c'est bien simple lorsque nous étions là, l'homme a chassé son propre fils de la maison (un grand ado) avec perte et fracas, nuitamment, il a agoni son épouse sur tous les tons, il a maudit et médit de toute la terre, de son boulot de misère, de ses dettes, de ses fournisseurs, de ses débiteurs et créanciers, des marchandises livrées, du comportement de ses employés (dont son fils était)! de son épouse, de ses enfants, de son mariage, des pèlerins, de ses clients. Sa femme elle aussi "allumée" mais moins tentait soit de répondre, d'argumenter (hum!), ou ne disait rien de peur d'aggraver sa fureur et sa violence.

Ce fut pour moi une très grande souffrance d'être témoin direct, il va sans dire que je fis de même que le capucin qui promenait un très long long chapelet à grosses boules de bois: j'ai dit le rosaire plusieurs fois par nuit!
mais SURTOUT et surtout après que l'homme eut chassé son fils en pleine nuit, la mesure fut comble pour moi
j'avais comme un "miroir"' de certaines attitudes, faits, ambiances...

"plus jamais ça!" me suis-je dit! ça revêt un tel pouvoir lorsqu'on est spectateur "clandestin" et impuissant

ma résolution était prise: je m'engageais immédiatement auprès de Marion Cahour et devins abstinente du jour au lendemain, par "grâce"
une bonne part de cette grâce étant cet exemple redoutable flanqué sous mon nez

entre nous, je n'en ai jamais parlé avec Marion Cahour, mais peut-être était-elle descendue au même endroit en 1979 lorsqu'elle fut inspirée par la mission, voici ce que j'ai trouvé avec google en cherchant un lien pour Marion Cahour:

" Nous étions trois femmes d’âge entraînées à Lourdes ( c’était en juin 1979 ) pour des journées charismatiques. Après avoir loué, chanté, dansé tout au long de ce dernier jour, nous revînmes, toutes jeunettes, un peu en retard au bercail. Un spectacle nous attendait sur le pas de la porte : notre hôtelière nous guettait, parfaitement ivre, elle titubait. Nous reçûmes sa diatribe de plein fouet :

" La soupe est mangée, débarrassez - moi le plancher, je vous ai assez vues... Allez rejoindre ceux qui se rassemblent pour la procession aux flambeaux de ce soir... Ouste, déguerpissez ! "

Que se passa-t-il ? Nous reçûmes ce désespoir exprimé en une colère démente, comme un message de Dieu."

http://p.eauvive.free.fr/pancarte.htm

eh bien même endroit ou pas c'était le même message! plus jamais ça! que faire? mon chemin était tracé par Marion et ses compagnons, je n'avais plus à défoncer de portes ouvertes, je revins métamorphosée de Lourdes, le plus difficile fut d'expliquer le pourquoi à Djam, qui lui, bossant, n'était pas avec moi à Lourdes, mais il m'y accompagna deux ans plus tard, et nous campâmes (c'était moins cher que l'hébergement en "dur", et puis il m'aurait été trop difficile de revenir dans le même endroit qu'en 1988, le capucin, lui, toujours aussi discret et souriant y logeait encore, peut-être la chambre que nous avions occupée Reine et moi, était destinée à recevoir d'autres personnes pouvant être touchées par le vécu de ce couple!)

je ne sais si ces personnes se sont quelque peu amendées, ce que je sais c'est que la "grâce" et la détermination passent par de bien étranges chemins, ces époux ont été pour moi porteurs de ma décision de "salut"
de cela aussi je peux et veux témoigner.

KNTHMH

Posté par KNTHMH à 17:47 - La vie qui va - Commentaires [0] - Permalien [#]

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