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Graphisme, photo, vidéos, écrits, musique. - Une partie de ma vie d'artiste - Amis, visiteurs, soyez les bienvenus!

02 avril 2007

Volver - Almodovar

La chanson "Volver"

Remise des récompenses

Bande annonce

Bande annonce traduite en anglais

Un extrait: Augustina passe à la télé

La chanson "volver" sur un leitmotiv de coeur de sang "estrella morente"

début du film: le nettoyage et le fleurissement des tombes

Début du film

trailer traduit soustitré en anglais

Dans les coulisses du film, trois vidéos:

__

Un mini extrait: sang

Images du films

Is this moovie good? it is very good! fantastic is performance of Penelope Cruz
A masterpiece

Extraits commentés par Almodovar

Extrait en français: l'aveu

Estrella morente en direct

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03 octobre 2006

La tourneuse de pages

Réalisateur Denis Dercourt
Date de sortie : 09 Août 2006   
Distribution: Diaphana Films, France

Critique KNTHMH:

Le travail du réalisateur et de toute son équipe est admirable:
la musique est belle, elle sert vraiment l'action,
les deux actrices principales jouent magistralement,
les couleurs: noir, rouge, marron, vert foncé, bleu, sans oublier le blanc sur certaines séquences tennis servent le sénario.

Les sentiments sont certes ambigus et inextriquables, mais plus pour certains que pour d'autres car le froid calcul s'embarrasse peu en fait de véritable ambiguité.

Le spectateur est longtemps perplexe, il se dit que peut-être Mélanie pourrait ne pas aller jusqu'au bout de son plan, que d'autres issues pourraient se faire jour, que le suspens serait total jusqu'au dernier moment, mais, plus on s'enfonce dans le film, plus noir et inexorablement tracé semble son dénouement. Tragédie classique, vengeance jusqu'à caricature de vengeance.
L'atmosphère est de plus en plus névrotique. Un moment d'humour: l'"accident" du violonceliste. J'ai particulièrement jubilé durant cette scène: transpercé par sa pique, c'est sûr, on n'a jamais entendu parler d'un tel accident!

Peu de moment de vrai relachement, je dirai que le sénario évolue entre tendu et très tendu. Oui, nous sommes souvent à la limite de l'implosion, et finalement ce n'est pas le spectateur qui implose, mais la victime, la proie devrais-je dire, et encore peut-on se demander si elle a réellement décripté toute l'ampleur du plan de son bourreau, fragilisée par son accident, a-t-elle réussi à retrouver dans sa mémoire l'origine de cette machination machiavélique?
Mélanie ne s'est pas donné d'autres chances, c'est elle qui a décidé que sa vie serait et était irrémédiablement brisée, et elle veut faire payer cette décision à une personne qui est en position de faiblesse, dès lors où est son mérite? Contre quoi et contre qui s'acharne-t-elle? Triste victoire!

Il y a peu de dialogues, l'important étant visuel, excellent jeu d'acteurs, d'ombres, de caméra, ce manque même de dialogue en profondeur apparait comme un facteur accélérateur de crises et de désordres.

Pourquoi Mélanie a-t-elle un air de (fausse) soumission vis à vis de ses employeurs. A notre époque, quelle jeune fille même timide arborerait une telle attitude envers un patron ou un supérieur, sauf dans le cas où elle voudrait attirer insidieusement l'attention sur sa fausse soumission, sa fausse pudeur, et sa réelle perversité? Le spectateur serait-il invité alors à comprendre ce que les époux Fouchécourt se refusent à percevoir?

Une morale pour ce film?
Vu de ma fenêtre: faites attention vous jurés, juges et professeurs, car la moindre faiblesse ou légèreté vous sera reprochée avec acharnement et au centuple jusqu'à ce que vous rendiez l'âme.  Il ne suffira pas que l'on vous voie ou sache en position de faiblesse, on s'acharnera sur vous jusqu'à ce que vous soyez désintégré! vous et tout votre entourage.

J'ai encore une question: un enfant de boucher ou de volailler peut-il échapper à la triste prégnance du sang et du hachoir?

Il ne vous reste plus qu'à aller voir ce film et ressentir pleinement toutes les émotions dont il est chargé.

Petit supplément technique:

Un concertiste sait ses morceaux par coeur, surtout lorsqu'il joue en  petits ensembles où l'osmose doit être parfaite, importance de l'ouie et de la vue (garder le contact par le REGARD) et le rôle du tourneur de page, est important, oui, mais non essentiel. La différence ici: la pianiste est fragilisée par son accident et son manque de confiance en elle, elle a vraiment besoin d'une personne de confiance à ses côtés.
Tourner les pages à un "artiste de talent" n'est certes pas aisé, un organiste doit savoir tourner les pages d'un collègue et tirer les jeux de l'orgue au bon moment! L'assistant est presque autant à la peine et à la pression que le concertiste dans ces moments là! (je suis organiste)

Tah, le 2 octobre 06

°°°000°°°

Synopsis:
Fille de bouchers dans une petite ville de province, Mélanie, âgée d'une dizaine d'années, semble avoir un don particulier pour le piano. Elle tente le concours d'entrée au conservatoire mais échoue, fortement perturbée par l'attitude désinvolte de la présidente du jury, une pianiste reconnue. Profondément déçue, Mélanie abandonne le piano.
Une dizaine d'années plus tard, Mélanie entre comme stagiaire dans un grand cabinet d'avocats dont le PDG, M. Fouchécourt, se trouve être le mari de cette femme qui a certainement changé le cours de sa vie. Très vite, Mélanie se fait remarquer pour son sens de l'organisation et son dévouement par M. Fouchécourt qui la recrute à son domicile pour veiller sur son fils. La rencontre avec Mme Fouchécourt, toujours pianiste, se passe merveilleusement bien puisque Mélanie se montre très sensible à la musique et devient sa tourneuse de pages...

Casting:

Acteurs
--------------------------------------------------------------------------------

Ariane Fouchécourt Catherine Frot
Mélanie Prouvost Déborah François
M. Fouchécourt Pascal Greggory
Virginie Clotilde Mollet
Laurent Xavier de Guillebon
Mme Prouvost Christine Citti
M. Prouvost Jacques Bonnaffé
Tristan Antoine Martynciow
la présentatrice radio Arièle Butaux
Mélanie enfant Julie Richalet
Madame Onfray Martine Chevallier
Michele Ernou
Werker André Marcon

Production
--------------------------------------------------------------------------------


Producteur exécutif Tom Dercourt

Producteur délégué Michel Saint-Jean

Activités sociétés
--------------------------------------------------------------------------------

Production Diaphana Films, France
France 3 Cinéma, France
Les Films à un dollar, France

Scénario
--------------------------------------------------------------------------------

Scénariste Denis Dercourt

Equipe technique
--------------------------------------------------------------------------------


Directeur de la photographie Jérôme Peyrebrune

Compositeur Jérome Lemmonier

Monteur François Gédigier

Costumier Antoine Platteau
Chef décorateur Antoine Platteau

1er assistant réalisateur Rafaèle Ravinet-Virbel

Ingénieur du son Olivier Mauvezin
Benoît Hillebrant
Olivier Dô Hùu

Directrice du casting Brigitte Moidon

°°°000°°°

VIDEO

bande annonce

extrait 1
extrait 2


source

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22 septembre 2006

Le grand Meaulnes (avant-première)

grandmeaulnes4

photo source

J'étais conviée à l'avant-première du film "Le Grand Meaulnes" qui sortira le 4 octobre 06. Comme à mon habitude, je n'avais rien lu sur le film et sa réalisation pour découvrir de mon "oeil neuf" le résultat.
J'avais vu en 1967 le film d'Albicocco, et mon coeur d'ado avait fort vibré à cette mise en scène dans la mouvance d'Hamilton, l'histoire narée alors en image était à l'exacte hauteur de mes "amours" avec Augustin, François, Frantz, Yvonne et Valentine!

Depuis, beaucoup de temps et d'évènements (tragiques) ont jalonné ma vie, et mon regard actuel sur cette oeuvre est bien différent.
Plusieurs personnes de mon propre entourage ont travaillé abondamment et particulièrement sur les écrivains de la  "génération perdue"  (Jacques Rivière, Alain Fournier, Jean De La Ville de Miremont) et c'est non sans émotion que je suis entrée dans cette nouvelle lecture-vision proposée par Jean-Daniel Verhaeghe.

Je ne dirai pour le moment que peu de choses, ce que j'en ai dit en particulier à Mme Rivière après le débat:
- la musique n'est pas une gène, bien au contraire pour suivre le drame (mention spéciale: très beau morceau de piano à deux reprises)
- la conotation historique (guerre 14-18) apporte la dimension justement "génération perdue" à cette oeuvre
- le romantisme est tout à fait présent, dans la pudeur, les échanges de regards, les touchers et frôlements de mains ou de peau, le faste irréel de la fête aux Sablonnières, et cette quête effrénée motivée par un serment juvénile

et ceci que j'ajoute après réflexion:
- Augustin m'apparait soudain comme un "passeur", il redonne la fiancée à l'ami Frantz, il fait découvrir à François la passion, il lui donne un but vital, il lui confie les générations futures, il fait passer chacun de l'adolescence à l'âge adulte, dès lors, il peut s'effacer...
- une belle réplique un peu mélancolique à mon oreille, celle que donne François à Yvonne lorsqu'elle l'interroge sur ses capacités d'instrumentiste, je vous laisse la découvrir (je savais que l'acteur, l'ex "choriste" vedette avait abandonné le chant pour la vie d'acteur...), un passage également de l'âge ado à l'âge adulte: savoir faire des choix...
On ne peut tout "garder" lorsqu'on veut approfondir une voie!

Bien entendu j'étais bouleversée à la fin de la projection, pour beaucoup de raisons personnelles, mais je n'étais pas la seule dans ce cas, la projection du film fut suivie d'un long temps de silence, telle était forte l'intensité de notre émotion, ce dont nous remercia M. Alain Rivière, très ému lui-même, en préambule du débat qui suivait.

-

Le débat entre le public et les époux Rivière, héritiers d'Alain Fournier
(résumé d'après mes notes personnelles)

Question adressée à Alain Rivière:
Chacun a "son" Grand Meaulnes.
On a déjà vu le film d'Albicocco en 67, qui, lui était très descriptif,
onirique, cette version est nettement plus réaliste, et ressitue l'histoire
dans le contexte historique de l'avant-guerre 14-18.
Comment ressentez-vous la fin du film?

Réponse:
Il est très difficile d'adapter un livre à l'écran.
Audacieux de faire de Meaulnes un soldat, le livre, lui, renvoyait à
l'espérance lorsque Meaulnes s'en va avec sa petite fille, pour de nouvelles
aventures.
J'ai apprécié toutes les inventions, choix du réalisateur, il n'a pas trahi
l'histoire, ni l'esprit d'Alain Fournier, toutes ces inventions sont le choix de Verhaeghe et se justifient.
A un moment, Verhaeghe choisit de laisser de côté l'histoire pour incarner la réalité de l'auteur.
L'on a la même impression à la fin du film que lorsqu'on finit le livre.

Remarque:
En effet la scène finale, c'est le retour du réel et elle se relie à la lecture
de l'oeuvre entière de Fournier.
Le film d'Albicocco était davantage fééerique.

Réponse de Mme Rivière:
La scène de l'aviation peut paraître surprenante, mais en fait Fournier et
Rivière étaient montés en avion, ils étaient passionnés d'aviation.
Cette scène est destinée à expliquer la disparition très longue de Meaulnes.
Voilà un exemple de choix du réalisateur pour la transcription à l'écran:
justifier certains épisodes.

Remarque:
Le traitement du temps dans le film: Verhaeghe passe du littéraire au spectacle cinématographique avec un
temps très explicatif qui réduit le mystère.

Réponse d'A. Rivière:
La version primitive que nous avait fait visionner le réalisateur était très
peu nourrie, par contre la version finale est riche en épisodes,
conversations, gestes qui élargissent la succession des évènements. L'abondance des évènements traduit la richesse profonde du livre sur laquelle on n'aura jamais fini d'épiloguer, on n'a jamais fini de découvrir.
Un écrivain anglais a intitulé un de ses livres: la fin de la jeunesse, il parlait là du Grand Meaulnes. En fait l'histoire est là, le passage de François et de Meaulnes (malgrés son orgueil) vers l'âge adulte.
Vous savez combien il est difficile de faire passer les enfants à l'âge adulte! Ils se donnent des airs de durs.

Question:
Comment sentez-vous la musique dans ce film?

Réponse D'A. Rivière:
Une musique "de façade", un accompagnement fonctionnel de ce qu'il se passe, ce n'est pas une "oeuvre d'art".

Question:
La musique de piano a un très beau chant.
La musique symphonique, avec les violons, ne risque-t-elle pas de nuire à la lecture de l'histoire?

Réponse d'A. Rivière:
Relisez le Grand Meaulnes, à chaque lecture, vous découvrirez un nouveau livre. A chaque âge de la vie, le Grand Meaulnes suscite d'autres sentiments et interprétations.

Réponse d'une spectatrice:
Le merveilleux est toujours présent dans le film, comme dans le livre. Meaulnes est l'amoureux rêvé!
Le château est celui de la Belle au Bois Dormant, cette fête, les déguisements...
Je ne suis pas déçue du tout et j'ai à nouveau envie de relire ce livre.

Réponse d'une jeune personne de la famille Rivière (Agathe):
Je suis très génée par le fait que ce ne sont pas les lieux que je connais depuis mon enfance. Je trouve que c'est trop réaliste, pas assez romantique, j'ai du mal à oublier ce que je connais.
Le recul est difficile à prendre.

Réponse d'A. Rivière:
J'ai été agréablement surprise par Clémence Poésy qui arrive à avoir une présence sensible et très forte.
Il est regrettable que la mort d'Yvonne n'ait pas été entourée de davantage d'attentions, comme c'était le cas dans la version d'Albicocco.


Trop de choses sont-elles dites et explicitées dans ce film?

Le film est centré sur la rencontre entre Meaulnes et Yvonne, Verhaeghe a composé beaucoup plus de dialogue dans le film qu'il n'y en avait dans le roman.
L'apparition des soldats est motivée par la notation de cette date: 1910.
Le père d'Yvonne devient son grand-père, étant donné le choix de Jean-Pierre Marielle pour ce rôle, mais qu'il soit son père n'aurait pas été génant.

Le château semble trop beau, et le repas dans le salon trop riche pour quelqu'un ayant eu des revers de fortune, les châteaux en Sologne sont plus sobres et la vie d'Alain Fournier était plus modeste.
Cependant il y a une unité de décor dans le film.

Les différentes adaptations:

On a reproché à Isabelle Rivière d'avoir mainte fois refusé d'adaptation du roman à l'écran, or, elle était engagée avec André Barsac depuis 1930, et ne voulait pas le trahir, cependant il n'a pas trouvé de producteur, elle a finalement compris en 58 que Barsac ne ferait jamais le film. Elle accepté la proposition de participer à la direction d'un sénario qui, grace à elle rendrait présent l'esprit d'Alain Fournier, et elle s'est décidé après avoir vu "la fille aux yeux d'or" d'Albicocco.  Pour la version Verhaeghe, des contacts avaient été pris depuis 12 ans avec la famille Rivière, démarche fort différente!

Cette nouvelle version est l'oeuvre d'un philosophe, ce qui n'était pas le cas de la réalisation d'Albicocco.

Les trois images: le livre, le film de Jean-Daniel et celui de Jean-Gabriel, sont une occasion magnifique de découvrir et comprendre cette oeuvre

Pourquoi ne pas relire chacun le livre puis écrire son propre sénario?

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KNTHMH, le 20 septembre 06 (d'après notes personnelles prises pendant le débat)

L'intégrale des débats en 3 vidéos

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Consultez une critique d'over-blogueur

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DOCUMENTS ANNEXES

Voici des compléments non personnels:

(pour ceux qui quand même veulent en savoir plus!):

gd_maulne

(source photo: allocine)

le film

Le dossier pédagogique du film

les photos1

les photos 2

la bande annonce

le synopsis:

Un soir de novembre 1910, Monsieur et Madame Seurel, qui dirigent une paisible école de la campagne solognote, reçoivent un pensionnaire que sa mère accompagne, Augustin Meaulnes.
Le prestige naturel de ce grand adolescent lui vaut d'être bientôt connu de tous les élèves comme "le Grand Meaulnes". Partageant la même chambre, le nouveau venu et François Seurel, fils des directeurs, se lient d'amitié, Augustin exerçant sur le sensible François une véritable fascination.

le casting

anecdotes (de tournage)

A présent des citations d'articles et une synthèse d'articles, avec leurs références au sujet du précédent "Le Grand Meaulnes"  d'Albicocco en 67:

gd_maulne_1

(source photo: legrandmeaulnes.com)

fiche synopsis

Une nuit, lors d'une fête étrange dans un domaine perdu des bois de Sologne, Augustin Meaulnes est ébloui par la beauté d'Yvonne de Galais dont il tombe éperdument amoureux. Celle-ci paraissant avoir disparu avec son château et ceux qui l'entouraient, il ne lui reste plus qu'un souvenir émerveillé d'un rêve fantastique...

fiche casting


Réalisateur Jean-Gabriel Albicocco


Acteurs
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Yvonne de Galais Brigitte Fossey
Augustin Meaulnes Jean Blaise
François Seurel Alain Libolt
Frantz de Galais Alain Noury
Valentine Blondeau Juliette Villard
Ganache Christian de Tillière
Monsieur Seurel Marcel Cuvelier
Madame Seurel Thérèse Quentin
Mouche Boeuf Serge Spira
Delouche Bruno Castan


Production
-------------------------------------------------------------------------


Producteur Gilbert De Goldschmidt


Activités sociétés
-------------------------------------------------------------------------

Production Madeleine films, France
Pathé Consortium Cinéma, France
UGC Images, France


Scénario
-------------------------------------------------------------------------

Scénariste Jean-Gabriel Albicocco
Isabelle Rivière
Dialoguiste Isabelle Rivière
Jean-Gabriel Albicocco
D'après l'oeuvre de Alain-Fournier


Equipe technique
-------------------------------------------------------------------------


Directeur de la photographie Quinto Albicocco

Compositeur Jean-Pierre Bourtayre

Monteur Georges Klotz

Distribution
-------------------------------------------------------------------------

Distribution CFDC, France

arton165

(source photo)

fiche secrets de tournage

Premier rôle adulte 
Révélée par sa participation, enfant, aux Jeux interdits de René Clément, Brigitte Fossey retrouve à l'âge de 21 ans le chemin des studios dans la peau d'Yvonne de Galais, l'héroïne imaginée par Alain-Fournier. C'est aussi le point de départ d'une fructueuse carrière pour la comédienne rapidement promue jeune vedette, l'année suivante aux côtés d'Alain Delon et Charles Bronson dans Adieu l'ami, et trois ans plus tard en tête d'affiche dans Raphaël ou le débauché sous la direction de Michel Deville. 

Une adaptation "au plus près" d'un grand classique. 
Depuis la parution du roman d' Alain-Fournier, Le Grand Meaulnes, en 1913, de très nombreux cinéastes avaient souhaité porter ce livre à l'écran. Ils s'étaient cependant toujours heurtés à l'opposition de la soeur d'Alain-Fournier, Isabelle Rivière. Il fallut ainsi attendre plus de cinquante ans pour voir ce classique de la littérature porté à l'écran. Pour assurer la fidélité "au plus près" du film à l'oeuvre de son frère, Isabelle Rivière tint à collaborer elle-même à l'adaptation et aux dialogues. 

Succès au diapason 
Fréquemment cité dans les dix romans majeurs du XXème siècle, aux côtés de l'Etranger d'Albert Camus ou du Petit Prince d'Antoine de Saint-Exupéry, Le Grand Meaulnes d' Alain-Fournier est aussi l'une des meilleures ventes de livre en format poche, dopées par son unique adaptation cinématographique, elle aussi plébiscitée par plus de 2, 5 millions de spectateurs au moment de sa sortie en salles.

grand_meaulnes_1 

extrait de film sur ce tournage

Voici d'importantes informations complémentaires (non reproduites ici, allez les consulter sur leur site originel )

°°°000°°°
Synthèse d'articles divers:

Qui était vraiment Jean-Gabriel Albicocco ?

Il est né le 15 février 1936 à Cannes (ce n'est sûrement pas un hasard) d'un père évoluant dans le milieu du cinéma (Quinto Albicocco fut chef opérateur et exerça dans la péninsule). Jean-Gabriel reçut sa première caméra à dix ans et devint rapidement l'assistant de Jules Dassin sur le film Celui qui doit mourrir (1956). Puis il débuta en tant que réalisateur au tournant des années 60 en suivant la nouvelle vague. Son goût le porte vers les adaptations littéraires raffinées dès son premier long métrage, la Fille aux yeux d’or, d’après Balzac, où joue Marie Laforêt, qu’il épouse en cette même année 1960. En 1962, le Rat d’Amérique, d’après Jacques Lanzmann, passe quelque peu inaperçu, mais le public revient en 1966 pour le Grand Meaulnes, accordant au film - et à la comédienne Brigitte Fossey, qui trouve dans le personnage d’Yvone de Galais son premier grand rôle de jeune adulte - le succès qu’il avait pu porter en son temps au livre d’Alain-Fournier. Le soin accordé à l’image, qui deviendra pour les détracteurs une préciosité confinant au maniérisme à la David Hamilton, enchante les uns, repousse les autres. Suivront le Cour fou, avec Michel Auclair en 1969, et le Petit Matin, avec Matthieu Carrière et Jean Vilar, d’après le roman de Christine de Rivoyre sur l’occupation allemande, en 1970.

Parallèlement, Jean-Gabriel Albicocco, auquel on ne connaissait que des amis, est un militant très actif de la culture. Fondateur de la Société des réalisateurs de films (SRF) et de la Quinzaine des réalisateurs, une des sélections parallèles du Festival de Cannes, il a vécu les dernières de sa vie au Brésil, où il était devenu le contact indispensable pour tout cinéaste français passant montrer ses films au Brésil ou souhaitant y tourner. Il y était salué par ses pairs comme "le promoteur de la cinématographie française au Brésil, opérateur actif et infatigable des liens entre les cinémas français et brésilien". Récemment, il était hospitalisé près de Rio, sans ressources et dans un état très grave. Des personnalités du cinéma venaient de lancer un appel à l’aide pour l’aider à financer ses soins. Ce sont elles qui ont annoncé la mort de leur ami et confrère, dans la nuit , le 10 avril 2001, à l’âge de soixante-cinq ans.

sources diverses de cette synthèse:

source 1

source 2

source 3

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26 août 2006

Narco, un thriller qui aborde la narcolepsie

Pour information :

Ca faisait longtemps que je cherchais cette archive pour la mettre dans mon blog, comme je l'ai retrouvée, je la copie ici.

Puis je mettrai des photos quand je les aurai retrouvées et je dirai ce que j'ai pensé du film, j'avais été invitée, comme Marcel Rousseau,  à une avant-première du film, souffrant de cette affection.

Le dossier suivant parle certes du film, mais aussi de la maladie; la situation actuelle à son propos est également évoquée. Les textes sont de Marcel Rousseau. (administrateur de L'ANC et psychologue)

(NDLR: KNTHMH)

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NARCO
(The Secret Adventures of Gustave Klopp)
Sa sortie:1er décembre 2004
avant-première privée de ce film diffusé le 21 octobre 2004 à Bordeaux

En tant qu'administrateur de l'ANC et secrétaires de l'ISV j'ai été invité par un Laboratoire pharmaceutique à l'avant-première privée de ce film diffusé le 21 octobre 2004 lors du congrès de la SFRS. J'ai aimé ce film, il m'a ému, il m'a fait rire et il m'a laissé sur ma faim. Un conseil : réveillez-vous vite pour aller le voir le plus vite possible.

Marcel Rousseau

Narco! Ce n'est pas un thriller sur les narcotrafiquants. Narcolepsie du Grec "narkos" veut dire sommeil. C'est ce qu'un médecin pédagogue dit doctement au père (Jean-Pierre Kassel) du petit Gustave Klopp.

C'est un film comique qui réunit Guillaume Canet (Gus), Benoît Poelvoorde (Lenny Bar), Zabou Breitman (Pam), François Berléand (Guy Bennet), Guillaume Gallienne (Samuel Pupkin), Jean-Pierre Cassel (Le père de Gus).

Le film joue délibérément le parti pris de l'imagination débridée et déjantée

SYNOPSIS : Gustave Klopp est narcoleptique. Il s'endort n'importe où, n'importe quand, ses fréquentes crises de sommeil subit sont aussi brutales qu'inattendues. Si cette maladie constitue un véritable handicap pour sa vie professionnelle, elle lui permet cependant de vivre, dans ses rêves, des aventures inoubliables. À peine endormi, Gustave devient Klopp, un super-héros invincible et vengeur.

Gus partage sa vie entre Pam, sa femme, qui tient une onglerie et qui rêve, elle, à des jours meilleurs, et Lenny Bar, son meilleur ami, karatéka approximatif, disciple inconditionnel de Jean-Claude Vandamme. Ce petit monde est prédestiné à une vie simple et pépère, dans une petite ville qui sent bon le bonheur et la sérénité. Mais Gus a décidé de " bouger son cul ", comme le lui a demandé si gentiment Pam, et a entamé une thérapie de groupe.

Son psy, Samuel Pupkin, a découvert que Gus transforme ses rêves en incroyables bandes dessinées. Aidé par Guy Bennet, un comique raté reconverti dans l'édition, ils décident de s'approprier l'œuvre de ce génie méconnu. Pour cela, une seule solution, se débarrasser de Gustave Klopp.

LES REALISATEURS sont Tristan Aurouet et Gilles Lellouche. C'est un premier long métrage sur un scénario de Gilles Lelouch d'après une idée d'Alain Attal et Philippe Lefèvre. Le premier étant le producteur du film et le second étant coscénariste. Le tournage se déroulera pendant douze semaines sous l'égide des Productions du Trésor.

Le jeu des acteurs:

Guillaume Canet a su jouer de façon à ne pas inspirer la pitié

Gustave Klopp (Guillaume Canet) se débat depuis son enfance dans des difficultés personnelles, familiales et professionnelles. Il est sujet à des accès de narcolepsie et de cataplexie qui l'entraînent progressivement dans la désocialisation et une certaine forme de marginalisation. En particulier, il vit intensément des périodes de rêves et d'hallucinations plus ou moins délirantes propres à ce type de maladie. Il essaie d'y faire face en participant à un groupe de thérapie animé par Samuel Pupkin (Guillaume Gallienne), un thérapeute pour le moins bizarre. Cela va l'entraîner à se mettre à dessiner ses rêves et ses hallucinations comme il faisait quand il était enfant et que cela scandalisait sa maîtresse d'école. Son idée, qu'il est le seul à trouver génial, est de le faire sous forme de BD … à l'américaine. Le sous-titre du film est d'ailleurs "The Secret Adventures of Gustave Klopp". Regarder ce film comme on lit une BD est le "fil rouge" conducteur qui permet la compréhension de l'histoire. Alors qu'il est hospitalisé dans un état comateux Lenny Bar (Benoît Poilverde), son meilleur ami, le trompe avec sa femme Pam (Zabou Breitman). Celle-ci déçue dans ses rêves vit mal son impuissance et son incapacité à comprendre son mari.

Les acteurs sont excellents dans l'ensemble et Guillaume Canet joue de façon très crédible celui du pauvre mec en proie à des attaques de narcolepsie et de cataplexie handicapantes. Il s'est fait conseiller techniquement par Gérard Favier, l'un des administrateur de l'ANC et le résultat de cette collaboration totalement bénévole est remarquable.

De cette brochette de gens "normaux", perdus dans leurs rêves d'adolescents, mal dans leur peau et à la limite d'une marginalité toute banale, c'est lui qui a le rôle le plus sensible et le plus humain : le plus adulte pourrait-on dire … jusqu'à son pardon final. Il se débat seul avec ses problèmes, cotoyant une femme qui ne supporte plus sa souffrance de le voir souffrir de ces accès de sommeil. Zabou est, elle aussi poignante dans ce rôle difficile d'ancienne "princesse" adolescente et violée, traînant continuellement comme un boulet, un gamin infâme en perpétuelle rébellion contre ces adultes avec lesquels aucune identification positive n'est possible.

Benoît Poilverde sait rendre le côté ambigu et culpabilisé de l'ami égocentrique qui prend ses rêves d'adolescents pour des réalités. Si on retrouve encore chez lui le côté comique excessif et franchouillard qui le caractérise, il laisse percer sous cette carapace d'inadapté social, un jeu plus sobre, plus dramatique, plus mûr, plus dépouillé de ces excès pour faire ressortir la trahison amoureuse et la culpabilité de l'ami. Il se montre ainsi plus victime de ses illusions et de son immaturité que coupable de se laisser prendre au piège du soutien maladroit mais sincère qu'il essaie d'apporter au début à la femme de son meilleur ami.

Jean-Pierre Kessel tient le rôle étonnant d'un père baba cool, admirateur de Sinatra, paresseux parce que plus souvent allongé à dormir ou assis devant de mauvais films états-uniens à la gloire de la bravoure des soldats yankees.

Le seul adolescent par l'âge est tenu de façon très sobre et juste, jusque dans ses révoltes, par un jeune acteur doué d'une qualité de présence exceptionnelle.

François Berléand joue le rôle de Guy Bennet, comique raté et reconverti en éditeur malhonnête.

Guillaume Gallienne dans son rôle trop caricatural et ambigu de Samuel Pupkin, le psychothérapeute moitié gourou non violent, moitié truand mafieux et passionné de BD est prêt à tout pour gagner argent et célébrité. Sa composition est la moins convaincante.

Regarder ce film comme on lit une BD

Vous l'avez compris par cette courte analyse du rôle des acteurs principaux, le film joue délibérément le parti pris de l'imagination débridée et déjantée à la fois en brouillant les cartes des genres et en donnant des pistes pour le décodage. C'est loin d'être un film "intellectuel" mais c'est un film qu'il faut avoir vu plusieurs fois pour bien le comprendre. J'en veux pour preuve le nombre de perceptions et d'interprétations divergentes qui ont été avancées par les spectateurs à la sortie de cette avant-première, qu'ils soient narcoleptiques ou non. C'est ce qui fait la richesse de ce film et ce n'est pas là sa moindre valeur.

Répétons que ce film n'est pas un film d'information sur les maladies qui composent la narcolepsie cataplexie : il raconte une tranche de vie d'un narcoleptique dans son individualité la plus stricte. La piste de la BD est l'une des grilles de compréhension. Le ton est à la fois celui d'une parodie des films de guerre des états-unis, du thriller glauque et d'une description naturaliste, réaliste et désabusée d'un groupe de personnes inadaptées dans un environnement pavillonnaire tristement et banalement aseptisé et sans âme. Les paysages, s'ils sont filmés magnifiquement, ne sont pas marqués géographiquement : plusieurs régions de France pourraient les revendiquer.Des flash back tentent, avec des explications simplistes, d'expliquer la psychologie du présent par le vécu d'un passé douloureux. En fait, le temps et les lieux n'ont guère d'importance comme si Gus s'en détachait en permanence.

Le rêve, sous toutes ses formes, permet de s'en échapper soit parcequ'il s'impose comme pour Gus soit parce qu'il est un moyen de défense pour Lenny, pour Pupkin et à un moindre degré pour Pam. Elle dit ses rêves en début de film et ensuite ce n'est plus que souffrance de la déception sans échappatoire possible sauf l'infidélité.

En tant qu'association de malades, il nous apparaît incontournable de donner aussi nos propres grilles de décodage de ce film.

Ce faisant, nous ne considérons pas les spectateurs, quels qu'ils soient, comme des imbéciles incapables de comprendre. Seulement, ils ne savent pas ! Qu'ils se consolent, ce ne sont pas les quelques 2 ou 4 heures de cours chichement octroyés aux médecins, durant toute leur formation initiale, par nos gouvernants successifs qui leur permettront d'en savoir plus que le commun des mortels ; leurs patients. En effet, nos "irresponsables" nationaux refusent de façon opiniâtre, obstinée et butée de considérer les maladies du sommeil comme une véritable discipline médicale et comme un véritable problème de santé publique.

Nous pensons donc – à tort pouvons-nous l'espérer ! – que ce film peut donner lieu à des quiproquos, à de mauvaises compréhensions, voire à des idées fausses sur la réalité des différentes formes que peut revêtir la narcolepsie cataplexie encore appelée syndrome de Gélineau, du nom du médecin français qui l'a décrite le premier.

Si ce film donne envie aux spectateurs médicaux et aux intervenants éducatifs, sanitaires ou sociaux d'en savoir plus sur cette maladie rare en allant consulter les sources bien documentées et sérieuses, c'est tant mieux et il aura, en plus de nous distraire, jouer un rôle bénéfique. Après avoir tapé "narcolepsie" sur deux moteurs de recherche Internet, j'ai trouvé 7 750 entrées avec l'un et 1 106 entrées avec l'autre. De quoi choisir et se documenter sérieusement.

Permettre une meilleure lecture et une meilleure compréhension

L'objectif de cet article est de faire quelques remarques permettant une meilleure lecture et une meilleure compréhension de ce film qui raconte l'histoire individuelle d'un narcoleptique particulier écrite à partir de l'histoire d'un ami atteint de cette maladie. Encore une histoire d'amitié ! Toutes les narcolepsies ne se ressemblent pas. Il en existe plusieurs modèles, des plus simples au plus complexes, des moins gênantes au plus handicapantes, des moins déstabilisantes au plus désocialisantes, des moins stressantes au plus angoissantes. L'inégalité est la règle : les manières d'y faire face sont diverses.

Cependant le scénario aborde plusieurs grands thèmes que l'on va retrouver dans la majorité des cas de narcolepsie. Dans le film Gus a environ 8 ans quand son père le traîne chez le médecin qui se contente d'étaler sa science sur le pain de son ignorance. Ce type de dialogue n'est pas caricatural. C'est presque mot pour mot celui que des narcoleptiques ont entendu quand le diagnostic a enfin été posé. "Il n'y a pas de médicament !" Même si cette phrase scandalise certains de nos somnologues actuels, ce verdict tombe parfois dans les cabinets feutrés, froids, austères ou confortables de nos médecins. Ils oublient souvent de dire que si des comportements adaptés de siestes et de pauses fréquentes au cours de la journée ne guérissent pas, ils améliorent considérablement les états de vigilance. Actuellement plusieurs types de médicaments efficaces existent : ils permettent de gommer les symptômes gênants. Ils ne guérissent pas. De nouvelles séries de médicaments sont à l'étude et prévus pour être encore plus efficaces depuis les découvertes récentes des hypocrétines dans le fonctionnement cérébral. Les diagnostics chez les jeunes enfants existent mais ils sont plus rares que les deux autres pics d'âge que représentent l'adolescence et les environs de la trentaine.

Les difficultés relationnelles sont majeures et bien décrites.

Ce sont les professeurs qui considérent l'enfant comme un paresseux, qui le ridiculisent devant ses camarades et qui le prennent comme bouc émissaire ou tête de turc selon les cas… à l'adolescence, ce sont les accusations invérifiées, fondées sur des préjugées et donc inébranlables : ce jeune fait la fête toutes les nuits, il se saoûle ou il se drogue. Cela peut aller jusqu'au demandes humiliantes de déshabillage pour vérifier de façon inquisitoriale les traces supposées de piqures de seringue du toxicomane. Narco rime avec toxico pour donner narcotique ! quelle cata !

Il y a une certaine insistance dans le film sur les difficultés rencontrées à l'adolescence dans la découverte de la sexualité. S'écrouler d'émotion devant la copine qui vous fait un baiser surprise est une façon de "se taper le cul par terre" pour le moins inattendue. S'endormir "comme un cheval mort" sur sa partenaire ne lui permet pas facilement de s'échapper vers le 7ème ciel entrevu, ni même de s'échapper tout court. Plus ou moins importantes ou fréquentes ces situations sont réelles et vécues par la majorité des couples dans la narcolepsie. Ils ne vont pas tous s'en vanter sous forme de pseudo-télé-thérapie auprès de journalistes voyeurs en mal de pathologies sensationnelles et médiatiques. Cette souffrance réelle n'est dite qu'à ½ mots. De plus, l'endormissement du mâle, avant pendant ou après ce moment sublime ne signifie pas forcément la narcolepsie ou une pathologie. La cataplexie et la narcolepsie de la femme peuvent facilement passer pour la "petite mort" de l'acmé de l'orgasme. Qui s'en plaindrait ?   

Les relations de couple dans les autres domaines de la vie familiale sont aussi perturbées. Gus ne fait pas rire dans ces situations. Guillaume Canet a su aussi jouer de façon à ne pas inspirer la pitié ; c'est une prouesse à saluer. Son combat pathétique est celui du soldat qui défendrait sa vie avec des armes aussi efficaces que celle des jouets d'enfants. Situations d'angoisses impuissantes, hallucinées ou cauchemardesques qu'ont connu à un moment ou à un autres au décours de leur maladie la majorité des personnes narcoleptiques.

Les relations professionnelles apparaissent volontairement caricaturées dans leur aspect répétitif et comique sur le mode de la bande dessinée. Bon nombre de narcoleptiques peuvent aussi vous dire que ce n'est pas de la caricature. Le patron qui devient incapable de gérer son entreprise, l'ouvrier qui se fait engueuler comme un gamin paresseux par un chef excédé ou seulement soucieux de la bonne marche de son équipe, ce sont des expériences qui conduisent au manque de confiance en soi, aux idées noires et à une désocialisation progressive et inéluctable. Le film ne montre pas l'autre paradoxe qui en découle : la difficulté de faire reconnaître son handicap professionnel par les organismes qui le devraient. Être désocialisé ou marginalisé amène à rencontrer d'autres êtres dans la même galère quelles qu'en soit les raisons.

La camera les filme sans pitié, avec respect et sympathie : ils sont fous et complètement déjantés ces barjots ! Benoît Poilverde est à l'aise dans ce rôle qui lui colle à la peau comme un kimono au karatéka. Il n'hallucine pas comme son ami : son rêve est de s'identifier à une vedette qu'il n'est pas. Est-ce une prouesse filmographique de faire jouer à Jean-Claude Vandamme son propre rôle de rêveur mystique au discours simplet et illuminé qui croit dur comme béton dans ses paroles lénifiantes à la limite de la stupidité ? C'est là l'une des ambiguïtés du film - est-elle volontaire ? - de mélanger les différentes formes du fonctionnement cérébral de l'imaginaire en cause dans les rêves ou les hallucinations. Les aspirations utopiques remplissent-elles la même fonction psychologique que les rêves des narcoleptiques décrits comme riches et compliqués ? Ce filme amènerait à penser que ce sont les mêmes mécanismes cérébraux qui sont en jeu dans la production des rêves de la phase paradoxale, des hallucinations et des pensées de rêves. Il y a là matière à tout un débat d'écoles entre scientifiques défenseurs du tout psychologique ou du tout physiologique.

ce film réussit à nous faire vivre ce que vivent les personnes narcoleptiques.

Par contre, ce film réussit à nous faire vivre, d'une certaine façon, ce que vivent les personnes narcoleptiques. Après cette avant-première en projection privée du congrès de la SFRS à Bordeaux, beaucoup de participants qu'ils soient narcoleptiques ou "normaux" ont avoué ne plus savoir, à la fin du film, si ce que vivait chacun des personnages du film était de l'ordre du rêve, de l'hallucination ou de la réalité. Je pense que ce fait est voulu et que c'est encore l'une des qualités de ce film : faire vivre de l'intérieur ce que peut éprouver une personne narcoleptique quand elle reçoit en plein cerveau ce bombardement d'images sans pouvoir faire immédiatement la distinction entre ses rêves et la réalité. Les personnes "normales" qui penseraient, concernant ce film, avoir su faire cette distinction sans problème me sembleraient être dans la position de la personne narcoleptique qui croirait que ses hallucinations sont la réalité.

Il est important de faire des distinctions, pour bien comprendre dans ce film les différentes manifestations de la narcolepsie. Les rêves des narcoleptiques sont les mêmes que ceux des gens normaux. On les dit cependant plus riches et plus imaginatifs. En clin d'œil au psychologue de tous poils, ils peuvent donner lieu aux mêmes mécanismes d'analyse freudienne. Les hallucinations dont d'un autre ordre. Elles sont le signe d'un dysfonctionnement cérébral et se produisent essentiellement en période d'éveil comme un coup de tonnerre dans un ciel bleu sans nuage. Voir des personnes qui n'existent pas, entendre des bruits ou des voix imaginaires, ressentir dans son corps des sensations non réelles, ce cocktail des diverses hallucinations revêt parfois un caractère détonant et le film le rend bien. Tout le problème est celui de leur interprétation par la personne qui les éprouve ou par la personne à qui cela est raconté. Gustave Klopp finit par les interpréter sur le mode de la persécution paranoïaque : on lui veut du mal, on veut le tuer. Souvent les personnes narcoleptiques hésitent à parler de ces "hallu" comme elles les nomment. Elles-mêmes doutent de leur intégrité mentale et surtout elles ont très peur d'être considérées comme des schizophrènes ou des paranoïaques si elles les racontent à leur médecin. Existent enfin, produites dans un état de semi somnolence, des pensées de rêves dites hypnagogiques au moment du coucher ou hypnopompiques au moment du réveil. Rien à voir avec la pédagogie ou les pompes à vélo ! Ces dernières qui semblent être de petits fragments de rêves sont produits dans un état de semi somnolence et se manifestent au moment du coucher ou du réveil principalement chez les narcoleptiques L'une des hypothèses est qu'il s'agit de fragments de rêves qui pénètrent dans le système perception conscience alors que le rêve devrait rester dans l'inconscient. Des intruses en quelque sorte ; pensées martiennes de petits hommes verts égarés sur notre planète bleue. "Bizarres, bizarres ! Vous avez dit bizarres !" Lors ce des productions mentales, les fonctions du cerveau narcoleptique peuvent se trouver exacerbées. Je me souviens d'avoir eu la sensation d'entendre un bruit effrayant de tôles froissées tout en ayant l'impression d'être salement secoué en tombant dans un profond fossé. "Bien fait pour toi ! Tu l'as enfin eu TON accident tant redouté. C'est fait ce ne sera plus à faire !" commente une voix railleuse dans mon cerveau. Redoutant la survenue du sommeil pendant une longue route, je m'étais écarté de la route pour dormir quelques courtes minutes et un jeune chien fou venait simplement de poser les coussinets de ses pattes sur la vitre de ma portière avant en me regardant d'un air étonné. Ce n'est pas une raison pour apporter des boules Quiès à la séance mais attendez vous à des surprises.

les scènes d'agressivité de Gus

Le scénario ne fait intervenir les scènes d'agressivité de Gus que vers la fin de l'histoire. Comment les interpréter ? Est-ce le début de ses capacités de faire face, de se prendre en main, de sortir d'une passivité proche de la dépression ? Sans doute tout cela à la fois. Il n'est pas agressif contre les personnes : il l'est de façon impulsive, en passant à l'acte sans avoir réfléchi auparavant et en s'en prenant aux objets pour marquer son désaccord. Ces accès brusques d'agressivité existent chez beaucoup de narcoleptiques sur le même mode que dans le film. Sont-elles dues aux effets secondaires de certains médicaments ? C'est possible, mais elles peuvent aussi exister chez des personnes malades qui n'en prennent pas. Les raisons et les mécanismes de ces crises d'agressivité durant lesquelles la personne narcoleptique ne se reconnaît pas elle-même ne sont pas encore clairement expliquée. Elles font sans doute appel à des fonctions de défense, profondes et de l'ordre des mécanismes de survie brusquement activées alors qu'avant elles étaient mieux contrôlées.

Ce moyen de faire face est utilisé par Gus mais il n'est pas le seul. Exprimant depuis l'enfance ses peurs et ses rêves bizarres par des dessins, il a un jour l'idée de faire des BD. Cela ne fait que provoquer un supplément d'incompréhension et d'exaspération chez Pam et l'indifférence de Lenny. Il va aussi en parler lors des séances de thérapie et cela va déclencher un intérêt certain chez Pupkin son thérapeute. Ne vous y trompez pas, l'intérêt n'est ni psychologique, ni purement esthétique ; il est frauduleux. Ce qui permet à Gus de faire face risque aussi de devenir ce qui peut causer sa mort.

Qui est normal et qui ne l'est pas ?

Le film nous plonge alors dans un délire imaginatif dans lequel se mêle flash back, mafia, tueurs névrosés contrat et loufoqueries dans le plus pur style des parodies de thriller. Qui rêve ? Qui hallucine ? Qui est normal et qui ne l'est pas ? Gus apparaît comme un pierrot innocent et endormi, victime des autres plus que de ses troubles.

Mais, contre toute attente des méchants traîtres et traficoteurs, Morphée et ses copines les Parques ont décidé ni de le garder ni de couper les fils de pantins qui le retenaient à la vie. Gus revient à lui, comme s'il sortait d'un long accès de narcolepsie durant lequel il aurait rêver tout ce qui lui est arrivé. La vie reprend son cours, banal, aseptisé, avec ses déceptions, ses mensonges et ses manœuvres frauduleuses dont il ne prend conscience que progressivement.

il décide qu'il est guéri et que sa vie va changer

Aussi brusquement qu'il avait décidé de faire des bandes dessinées, qu'il croit ratées, pour gagner sa vie, il décide qu'il est guéri et que sa vie va changer du tout au tout. Cette fois-ci, il n'en parle à personne. Cette décision c'est lui qui la prend, comme s'il suffisait de le décider seul pour guérir de cette maladie.

Cette affirmation est l'un des points qui fait le plus réagir les personnes atteintes de narcolepsie. On peut toujours rêver ! On peut en faire une BD filmée ! On peut toujours l'imaginer ! Beaucoup de personnes narcoleptiques l'ont rêvé : "ça y est ! ça marche ! J'ai trouvé comment me guérir de mes "attaques" de sommeil !". Cela dure un jour, quelques jours, voire quelques mois, puis c'est le retour à la dure réalité de la tyrannie charmeuse de Morphée. Aucun exemple de personne atteinte de cette pathologie, réellement diagnostiquée, n'est venue infirmée cette affirmation médicale : il y a des rémissions tardives des épisodes de cataplexie, il peut y avoir des modifications dans la gravité des accès de narcolepsie. Aucun cas de guérison de narcolepsie n'est rapporté jusqu'à ce jour dans les annales médicales. Dommage, car cela serait un espoir pour essayer de comprendre comment prendre en charge cette maladie.

De fait, cette affirmation in petto de Gus est à prendre en compte dans la suite du déroulement du film. Il va se servir des symptômes de la maladie dans sa relation aux autres, non plus en les subissant mais en ayant un certain contrôle sur eux. C'est là une lecture à un second degré qui est confirmée par le fait qu'après cette affirmation Gus continue à avoir des hallucinations, des rêves fantastiques et d'autres symptômes de sa maladie. Ce qui peut changer beaucoup de choses dans la vie des personnes narcoleptiques, c'est leur façon de vivre et de s'adapter aux manifestations de leur maladie. Deux réactions opposées se retrouvent, soit il y a abandon du contrôle de soi-même sur un mode passif et dépressif, soit il y a réaction, lutte voire négation de la maladie en essayant de maintenir coûte que coûte un contrôle. Quant à Gus, après être passé par une première phase de relative passivité, en début de film, il va se mettre à mener une vie différente, socialement correcte, apparemment dénuée de surprise et semblable à celle de tous ses concitoyens : famille, travail, habitation pavillonnaire, attaché case noir et voiture, autre déclinaison de "métro boulot, dodo". Il est redevenu "normal" : c'est ce que tendrait à montrer les dernières images du film. Quel est le meilleur ? La souffrance de la narcolepsie avec la fulgurance d'un imaginaire débridé et créateur ou bien le vécu d'une réalité banale et sans surprise ? Il faut sans doute avoir éprouvé un certain niveau de souffrance et de handicap - quelle que soit cette souffrance ou ce handicap - pour pouvoir répondre à cette question.

Que manquerait-il donc à ce film qui suggère plus qu'il n'explicite et qui raconte plus qu'il ne démontre ?

Vouloir qu'un film soit différent de ce qu'il est, pour devenir ce que nous souhaiterions qu'il soit, est un mauvais procès. Ce ne serait plus le même film, ce serait une autre histoire, ce ne serait plus le même plaisir, ce serait un autre divertissement. Analysons donc les manques ou les regrets que certaines personnes atteintes de narcolepsie ont pu exprimés à la fin de la projection.

Il faut commencer par écarter l'hypothèse d'un film au sujet de la narcolepsie. Ce n'en est pas un et c'est très bien ainsi. Par contre, dans ce film la satire est féroce vis à vis des médecins et encore plus vis à vis du psychologue qui est franchement tourné en ridicule dans sa pratique de psychothérapie de groupe. Ce film ne montre rien de la relation de Gus adulte à son médecin et c'est dommage.

Il est vrai que des médecins conseillent encore à certaines personnes narcoleptiques d'engager une psychothérapie parce que, ignorants de la narcolepsie, ils classent encore les troubles qu'ils observent dans les troubles névrotiques. Ces personnes non encore diagnostiquées narcoleptiques ou consultants des spécialistes médicaux ou des psychologues, adeptes de la toute-puissance de l'inconscient ont pu entendre les interprétations ou les hypothèses les plus culpabilisantes : "Vous ne croyez pas que c'est pour embêter vos parents que vous faites cela ? …", "Quels avantages avez-vous à fuir dans le sommeil une réalité qui ne vous convient pas ? Etc. …La plupart du temps cependant, quand le diagnostic est posé et que le psychologue connaît correctement cette pathologie, une aide sur un autre mode peut s'engager. Aider à vivre ce handicap et à y faire face avec ses moyens personnels et sa personnalité propre, s'avère souvent très efficace et très profitable.

Sous forme métaphorique, il serait possible d'entendre plusieurs avertissement dans ce film. "Attention, c'est une arnaque ! Le psychothérapeute se sert de vous pour gagner encore plus d'argent à vos dépens." - "Le thérapeute en veut à votre peau . Il vous laisserait crever pour profiter encore plus de vous" Voire "Le thérapeute intervient, en collusion avec vos proches, pour vous démolir totalement." C'est l'une des critiques les plus importantes à faire à ce film. Elle prête toutefois à discussion. Les personnes narcoleptiques qui peuvent le faire sont celles qui sont déjà diagnostiquées et qui savent que leur bien-être passent par une aide médicale suivie, ne serait-ce que pour bénéficier éventuellement du médicament "d'exception" - qui ne veut nullement dire exceptionnelle - qui leur est prescrit.

Cependant, il existe, en quelque sorte, un scandale médical dont les pouvoirs publics se moquent éperdument. Aucune autre maladie en France ne peut se prévaloir d'être autant sous-diagnostiquée de façon presque délibérée. Nos gouvernants et les responsables du ministère de la Santé devraient savoir qu'une personne sur 2 000 est atteinte de cette pathologie ; c'est la prévalence de la sclérose en plaque dont tout le monde connaît le nom. Faites un rapide calcul mental, cela fait environ 20 000 personnes pour notre pays. Consulter les statistiques officielles de ce même ministère de la Santé. Il n'y a qu'une seule personne sur 4 diagnostiquée. Mais que deviennent les 3 autres ? Comment vivent-ils d'être malades sans savoir ce qu'ils ont ? Ce sont des Gus qui galèrent !

Si ce film est démonstratif, il l'est dans ce sens. Diagnostiqué jeune d'une maladie "sans médicament", - donc, sous-entendu, sans traitement - notre Gus va devoir se débrouiller seul, sans aide. Treize ans de galère était la moyenne récente entre le moment où une personne atteinte de narcolepsie allait se confier à un médecin et le moment où la maladie était correctement diagnostiquée et traitée. L'histoire de Gus c'est cet intervalle de temps, fait d'ennuis de toutes sortes, d'incompréhension, de moqueries, de difficultés relationnelles familiales, amicales, professionnelles et de désinsertion sociale plus ou moins importante. Le mérite de ce film c'est de mettre sur la place publique ce "scandale". Il est permis d'en rire si cela permet aux "biens portants" la déculpabilisation nécessaire pour aborder "autrement" sa relation à ce handicap et aux autres handicaps.

La France mérite un bonnet d'âne dans sa relation aux handicaps et aux handicapés

Dans ce domaine, ce n'est pas la poudre aux yeux des fracassantes déclarations officielles de l'"année du handicap" et autres petites pièces jaunes de même valeur qui vont y changer quelque chose. La France, en termes de mentalité en général et en termes d'action des pouvoirs publics, mérite un bonnet d'âne dans sa relation aux handicaps et aux handicapés. La mentalité oscille entre l'enfermement doré dans un ghetto - "ces gens-là devraient rester chez eux !" - ou la commisération télévisuelle sonnante et trébuchante. La France achète sa bonne conscience, ce n'est pas le moindre de ses paradoxes. Elle qui possède, de façon reconnue, l'un des meilleurs systèmes de santé au monde, se voit régulièrement montrer du doigt pour son attitude vis à vis des handicapés, malgré ses efforts pour rattraper ses retards. "Peut mieux faire … !"

L'aide apportée par les associations de malades et d'handicapés et les institutions qu'elles ont créées, ne viennent pas en complémentarité d'une action gouvernementale concertée. Elles pallient des manques criants. L'une des très rares occasions où il est question de la narcolepsie dans les textes officiels français est faite, dans un cadre de coercition, pour les trouver dangereux dans la conduite automobile. Ceci, dans les faits, est une contre-vérité selon des études anglo-saxonnes et se passe au moment où l'on parle de l'année du handicap. Il a fallu les réactions des associations de malades et des médecins spécialistes du sommeil pour atténuer ce que ces textes avaient de trop répressif. Il y était prévu de "punir" ceux qui ignoraient qu'ils étaient malades.

Il est peut-être significatif, à ce titre, que les dernières images du film montre Gus arrivant chez lui au volant de sa voiture. Cette scène qui paraît anodine, après avoir montré de façon forte les manifestations extrêmes de la narcolepsie, illustre magistralement toute l'ambiguïté de la loi française et celle des personnes obligées éventuellement de biaiser pour ne pas se laisser enfermer dans le seul ghetto -fut-il doré - que leur laisse une loi mal faite et incompréhensible. Eux qui doivent lutter pour ne pas s'isoler chez eux et se désinsérer de la société, notre gouvernement veut leur ôter le moyen le plus important de sortir de leur univers. Quant aux autres, ceux qui ne conduisent pas ou ne veulent pas conduire, ils n'intéressent pas nos gouvernants et peuvent rester dans l'ignorance du nom d'une maladie qu'ils ne connaissent pas et qui leur cause tant de problèmes. Le nouveau directeur de la Santé l'a reconnu publiquement et sans aucune honte lors d'un très récent colloque de l'Assemblée Nationale sur les troubles de la vigilance et la conduite automobile : il n'a trouvé aucun dossier sur les pathologies du sommeil en arrivant à son ministère et sa seule proposition - sans aucun sens du comique - était de faire une commission pour étudier ce problème. Pourquoi pas un film ?

Alors, réveillez-vous et courez vite voir ce film. L’histoire est parfois à dormir debout, mais le plaisir y est toujours au rendez-vous.

Marcel Rousseau

Psychologue clinicien & psychosociologue

Administrateur de *L'ANC

Secrétaire de l’ISV

*ANC: Association Narcolepsie-cataplexie

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13 mai 2006

Hable con ella!

HABLE CON ELLA

Un film de Pedro Almodovar, avec Rosario Flores, Leonor Watling, Javier Camara, Dario Grandinetti, Paz Vega.

D'autres détails sur ce film, sur les intentions d'Almodovar, sur la musique de la bande originale: ici.

SYNOPSIS

Un rideau avec des roses couleur saumon et de grandes franges dorées s’ouvre sur un spectacle de Pina Bausch, "Café Müller". Parmi les spectateurs, deux hommes sont assis, l’un à côté de l’autre. Ils ne se connaissent pas. C’est Benigno, un jeune infirmier et Marco, un écrivain d’une quarantaine d’année.
Sur la scène jonchée de chaises et de tables en bois, deux femmes, les yeux fermés et les bras tendus se déplacent au rythme de la musique de "The Fairy Queen" de Henry Purcell. Le spectacle est si émouvant que Marco éclate en sanglots. Benigno voit les larmes de son voisin dans l’obscurité des fauteuils d’orchestre. Il aimerait pouvoir lui dire que lui aussi est très ému par le spectacle, mais il n’ose pas.

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Plusieurs mois plus tard, les deux hommes se rencontrent à la clinique El Bosque, une clinique privée où travaille Benigno. Lydia, la petite amie de Marco, torero professionnel, se retrouve dans le coma suite à un accident survenu pendant une corrida. Benigno, lui, est au chevet d’une autre femme dans le coma, Alicia, une jeune danseuse.

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Lorsque Marco passe à côté de la chambre d’Alicia, Benigno sans hésiter, s‘approche de lui. C’est le début d’une grande amitié aussi linéaire que les montagnes russes !
Le temps s’écoule entre les murs de la clinique. La vie des quatre personnages suit son cours, elle part dans tous les sens, passé, présent, futur, et les entraîne vers un destin inattendu.

Le sujet et l’histoire du film pourraient paraître irréalistes (une femme qui se réveille après plus de quatre ans de coma…). Ils sont pourtant tous inspirés de faits réels, notés par le réalisateur depuis plusieurs années.

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L'AVIS DE LA REDACTION :

Benigno parle avec Alicia, danseuse, dans le coma.
Marco parle avec Lydia, torero, dans le coma.

PARLE AVEC ELLE est un film sur la parole.
La parole comme marque d’une communication impossible, mais aussi comme moyen d’oublier la maladie, la solitude et la folie. Cette dernière se fait tellement bien oubliée que même lorsqu’il se produit le plus grave, le viol, l’on a du mal à différencier cette folie de la normalité. La parole peut nous faire tout oublier, tout sauf la vie…

PARLE AVEC ELLE est un film sur la vie.
Celle que l’on donne, celle que l’on perd, celle que l’on retrouve. Abordée à travers différents thèmes tels que la solitude, la passion, la communication ou le couple, la vie la marque de l’amitié entre Benigno et Marco, magnifiquement interprétés par deux jeunes acteurs montants du cinéma espagnol (très belle prestation de Javier Camara, récemment vu dans Lucia Y El Sexo).

PARLE AVEC ELLE est un film sur le temps.
L’amitié entre les deux hommes est suivie d’une manière temporellement déstructurée : de leur passé, l’on repasse dans le futur, multipliant les ellipses et des flash-back. Le réalisateur joue littéralement avec le temps dans le film – et le réussit très bien – partant régulièrement dans plusieurs directions, avant de se recentrer sur Benigno et Marco.

PARLE AVEC ELLE est un film de Pedro Almodovar.
Nous le savons et prenons plaisir à y découvrir plusieurs références à ses précédentes œuvres.
Le film s’ouvre avec un lever de rideau sur le spectacle "Café Muller" ; TOUT SUR MA MERE, où l’on voyait un poster de Pina dans ce même spectacle, se terminait sur un baisser de rideau.
Le réalisateur a inséré dans son film une séquence de sept minutes qui se déroulent en 1924, extraites d’un film muet et noir et blanc fait pour l’occasion, intitulé L’AMANT QUI RETRECISSAIT. Il est là pour cacher l’inacceptable, qui est réellement en train de se passer dans la chambre d’Alicia. Ce système de narration où les personnages s’expriment à travers d’autres films est difficile et peu courant. Pedro Almodovar l’utilise ici remarquablement bien, comme il l’avait déjà fait dans un précédent film où Victoria Abril utilise une scène de SONATE D’AUTOMNE pour exprimer à sa mère ce qu’elle ressent.

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PARLE AVEC ELLE est à la fois un ballet et une corrida, un film émouvant, magnifiquement orchestré par Pedro Almodovar. On en sort bouleversé.

Amélie Chauvet

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photos: commeaucinema.com

BANDES ANNONCES (click droit, puis enregistrer la cible pour charger chaque séquence)

bande annonce: quicktime vo

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bande annonce: quick-time

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L’AVIS DE LA PRESSE :

Studio :
" Seul Almodovar pouvait réussir ce tour de passe-passe, tricoter ces intrigues puisées dans des faits divers, des romans-photos…et leur donner une vérité profonde et touchante"
Sophie Benamon (article entier disponible dans Studio Magazine n°177, page 18)

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Première :
"Un film où les hommes murmurent dans le vide (encore que…), où les filles ne répondent rien (quoique…), et où Almodovar, mine de rien et avec une douceur drôlement intense, frappe fort et touche profond"
Olivier de Bruyn (article entier disponible dans Première n°302, page 38)

Chronic’art :
"À force de professionnalisme, le film est devenu un objet désincarné, atrophié. À force de se retenir, de ne surtout pas vouloir tomber dans les excès de l'oeuvre précédente, Parle avec elle souffre d'un manque de spontanéité. Résultat, on reste à l'extérieur de cette histoire où il est pourtant question d'amour absolu, d'amour à mort "
Nathalie Piernaz (article entier disponible sur le site de Chronic’art)

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L'AVIS DE TAHHEYYÂT:

l'un des plus beaux films qu'il m'ait été donné de voir parlant de tout ce que je vis et ai vécu depuis 5 années: ce "coma" (pour moi l'amnésie) après un choc important (choc de vie, choc de maladie), le milieu psy et médical,  la passion pour la danse, une attirance pour l'amour à mort, le poids du silence et des non amours, le salut dans la relation, la communication, la tendresse, le toucher, l'amour désinteressé (même et surtout s'il ici est incarné par un psychopathe), l'amitié sacrée au-delà de la raison, la patience qu'il faut pour faire surgir la vie! qui est plus forte que tout. Jusqu'au passage muet en N&B avec la géante! tout m'est parlant et renvoie à ma vie personnelle!
Ce film n'est artificiel que pour ceux qui ne vivent pas ce que je vis et ce que j'ai vécu, le film en VO est immensément supérieur au film en version française, la langue est une musique dont on ne peut séparer les images et la dramaturgie. Tahheyyât S. (in elguijaronegro)

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29 avril 2006

El LOBO - Basé sur des faits réels

AUCUN BASQUE NE TRAHIT SON PEUPLE!

Héros ou traitre?

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Inspiré par l'histoire de Mikel Lejarza, qui infiltra l'ETA entre 73 et 75, et favorisa la chute d'un quart des membres du groupe (150 personnes dont les figures dirigeantes du mouvement à l'époque). Cette opération destabilisa l'organisation à un moment charnière où ses actions fournissaient un justificatif au régime conservateur face au processus démocratique en Espagne. Action-Répression, c'était la "spirale"!

Trahi par employeurs, laché par les siens et déclaré cible prioritaire de l'ETA, celui que l'on surnomme El Lobo a su mener à bien sa mission pour ensuite disparaître sans laisser de trace...

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1973, au Pays Basque. Txema Loygorri, jeune père de famille, accepte d'héberger pour la nuit deux membres de l'ETA, qui s'apprêtent à abattre un traître. Parce qu'il connaît ce dernier, Txema tente de prévenir l'intéressé. En vain. Quelques heures après le meurtre, il est arrêté lors d'une descente de police dans un bar. Un inspecteur lui fait alors une proposition : il s'engage à effacer le contenu de son casier judiciaire si Txema accepte d'infiltrer l'ETA pour le compte de la police secrète espagnole. Ses connexions avec l'organisation séparatiste font en effet de lui le candidat idéal. Acculé par les problèmes financiers de son entreprise, Txema se résout à collaborer...

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bande annonce V.O.

équipe de production

réalisation: Miguel Courtois
scénario: Antonio Onetti
interprètes: Eduardo Noriega, José Coronado, Mélanie Doutey, Silvia Abascal
production: Melchor Miralles, Julio Fernández
distribution: Filmax, Artédis (France)

réalisation

Miguel Courtois
El Lobo (2004), Un Ange (2001), Une journée de merde (1999), Preuve D'Amour (1988)

   

Miguel Courtois est né en 1960 d’un père français et d’une mère espagnole. À la suite de ses études en philosophie, il a tout d’abord travaillé comme professeur à un lycée, puis à une université. Il est ensuite devenu un photographe de mode, tout en travaillant en tant que reporter d’images pour l’agence de presse Sygma Télévision. En 1987, il a réalisé son premier long-métrage, Preuve d’amour. Depuis, il tourne sans arrêt pour le cinéma ou la télévision, alternant entre la réalisation et la production.Il a signé deux autres longs métrages pour le cinéma : le polar  Un ange et la comédie Une journee de merde. Il a créé plusieurs séries de télévisions qui ont eu beaucoup de succès, telles que « La crim’ », qui entame présentement sa septième saison en France. El Lobo est son premier long-métrage en Espagnol.

Courtois a enchaîné avec le tournage d'un autre film portant sur le terrorisme basque : Gal avec José Garcia, un film sur le Groupe antiterroriste de libération (Gal) qui, entre 1983 et 1987, a commis une trentaine d'attentats contre l'ETA. 

Engagement personnel et politique 
Pour parvenir à un équilibre entre spectacle et réflexion, Miguel Courtois s'est nourri des films du passé, mais aussi de son expérience personnelle: "Comme cinéaste, "téléaste" ou producteur, j'ai déjà tenté plusieurs fois de traiter ce genre de sujet. Leïla née en France racontait une histoire vraie et Féroce de Gilles de Maistre que j'ai produit m'a valu un procès de Jean-Marie Le Pen qui a tenté de faire interdire sa sortie. Par ailleurs, El lobo me touche particulièrement car ma famille maternelle vit au pays basque espagnol depuis le début du XXe siècle et je suis donc issu depuis toujours de cette triple culture : française, espagnole et basque."

Les intentions du cinéaste 
"Si le cinéma est un art populaire qui peut toucher le plus grand nombre, mais qui peut aussi avoir la vocation de faire réfléchir ou d'éclairer certains aspects de l'histoire de l'Europe récente, El lobo se situe délibérément à la croisée de ces deux ambitions. Le scénario est construit comme un film d'aventure, un thriller haletant mais aussi comme une réflexion politique et morale sur des événements de la récente histoire espagnole, à travers celle-ci c'est également l'histoire de l'Europe, à l'heure où cette dernière cherche à s'unir de plus en plus, alors que certains veulent lui opposer une logique séparatiste. Dans la grande tradition du cinéma américain des années 70 (Les Trois jours du Condor, Les Hommes du Président, Bonnie and Clyde) ou des films de Costa-Gavras (Z, L'Aveu, Etat de siège), El Lobo a tenté de réunir le spectacle et le réflexion, et ce faisant de donner au film sa singularité."

Récompensé aux Goya 
Lors de la cérémonie des Goya (équivalent espagnol des César) 2005, El Lobo, gros succès public en Espagne, s'est vu remettre deux récompenses : Meilleur montage et Meilleurs effets spéciaux. Le film avait obtenu trois autres nominations : Meilleur acteur (Eduardo Noriega), Meilleure direction de production (Miguel Torrente et Cristina Zumarraga) et Meilleur second rôle féminin (Silvia Abascal).

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COMMENTAIRES

" L’histoire de la nation basque est une histoire de traîtres, de Basques ayant aidé les Espagnols à nous déposséder de notre identité." Sujet chaud! (...)
C’est un suspense qui fait toute la lumière sur la vie de Mikel Lejarza, un hors-la-loi à la petite semaine, qui, sous le nom de code Lobo (« loup »), est parvenu à s’infiltrer jusque dans les plus hautes sphères de l’organisation terroriste basque ETA, causant davantage de tort à ces révolutionnaires que toutes les forces de l’ordre espagnoles réunies. Aujourd’hui encore, chaque homme porte sur lui, dans chaque commando de l’ETA, une balle particulière, destinée à El Lobo.

Le sujet du terrorisme demeure l’un des derniers véritables tabous dans le cinéma espagnol contemporain. D’ailleurs, les soumissions répétées du producteur Melchor Miralles, pour ce long-métrage, ont toutes été rejetées par les décideurs de l’industrie, jusqu’à ce que Julio Fernández, de la compagnie Filmax, endosse finalement le projet, et passe près de cinq longues années à préparer le tournage et à boucler un casting impressionnant. C’est un réalisateur français, curieusement, qui a été choisi. Miguel Courtois, on s’en souvient, avait reçu, pour son film Ferocious, des menaces personnelles très médiatisées de la part de Jean-Marie Le Pen, candidat d’extrême droite. C’est dans la plus pure veine Costa-Gavras que Courtois a décidé d’approcher le scénario qu’on lui proposait cette fois. En ses propres mots, il a voulu « provoquer une rencontre entre la réflexion et puis le divertissement ». Il y est magnifiquement parvenu.(...)

Comment définit-on, au sein d’une dictature, le type du « Combattant pour la Liberté »? El Lobo soulève toutes ces questions de justice sociale, d’identité culturelle, de fierté nationale, et de patriotisme, en ne laissant jamais tomber son point de vue objectif.

—extrait de :Mitch Davis (traduction David Pellerin)

Tiré des confessions de l’infiltré, ce thriller politique montre, sans temps mort, la frousse continuelle de la taupe, soupçonnée par les uns, lâchée par les autres. Il s’attache aux rouages de l’organisation, à ses motivations, à ses querelles intestines, sans oublier les manipulations d’un régime franquiste déclinant qui trouvait dans les exactions de l’ETA un prétexte pour freiner tout progrès démocratique. Dans le rôle d’un cador barbu et trapu de la branche armée, Patrick Bruel est inattendu et convaincant.


Guillemette Olivier-Odicino

El Lobo est le surnom d’un jeune basque qui, dans les années 1970, s’infiltra si bien dans l’ETA qu’il contribua à faire tomber une partie
de cette hydre - certes, elle ne fut pas complètement éradiquée puisqu’elle avait plusieurs têtes. C’est en partie l’histoire des luttes fratricides entre ces têtes que narre le film, tout en montrant comment dans le camp adverse (les services secrets franquistes) les relations n’étaient pas plus harmonieuses. Plutôt bien ficelé et rythmé, ce thriller n’a rien à envier à ses équivalents américains, même si on aurait aimé plus de brio dans la mise en scène (comme chez Michael Mann, par exemple, qui sait filmer une ville la nuit). Une assez bonne surprise, donc. Les acteurs principaux (Eduardo Noriega et Mélanie Doutey) forment un couple convaincant, mais c’est Patrick Bruel qui emporte la mise, en machiavélique et impitoyable chef terroriste.

l'Humanité


[El Lobo] disséque le contexte historique de l'époque en une parobole aux résonnances bien plus profondes sur l'agonie meurtrière d'une dictature et les ravages de la raison d'Etat sur l'individu.

TéléCinéObs - Bernard Achour

Bande annonce français

extraits film V.O.

sortie de ce film, le mercredi 26 avril 2006

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28 avril 2006

Carmen- Carlos Saura

Je viens de visionner le film de Carlos Saura: CARMEN.

Carmen, elle aime les hommes, et elle n'aime pas qu'on la restreigne, qu'on la mette sous cloche, en prison d'amour. Elle souhaite être libre de son désir et de la satisfaction de ce désir. Désir et amour, clivage.

Il y a un problème là?
Non pas vraiment.

Alors où est le problème?
Elle aime un homme jaloux!
Jaloux, passionné mais, qui avoue sa faiblesse: il voudrait être tout le temps auprès d'elle! C'est vraiment touchant, craquant, cette humilité.
Est-il un bon amant? On ne sait! Bon danseur OUI!
A-t-elle une addiction envers le sexe?
Peut-être...

Mais surtout:
Elle aime un peu trop humilier, défier son jaloux d'amant, elle se plait un peu trop à faire du charme ostensiblement en sa présence. Il est jaloux et fier!

Il a tant donné pour qu'elle devienne qui elle est, pour qu'elle soit libérée... pour mieux se l'asservir?

Limite entre amour pur et amour interessé?

Il ne préférait finalement pas sa liberté à elle.
Il préférait sa volonté à lui, rentabiliser ses "investissements".
Qu'avait-il donc à lui offrir? Une possessivité ombrageuse?

(Quelqu'un a parlé de lacher-prise? non, je dois "entendre des voix"!)

Le  problème?
Il a l'air amoureux et conscient de ses faiblesses, mais en réalité il veut la posséder; rien qu'à lui elle doit être, ou alors!

Faire la preuve d'amour et de liberté en se laissant frapper par celui qu'elle aurait pu fuir, mais fuir pour où et pour qui?
Comment ne plus aimer celui qui vous a recréée et libérée?
Comment supporter l'idée d'être enfermée de quelque façon!

Jamais l'amour ne peut être prison!

Danger, cet homme très "self-control" devient assassin en un instant. Passage à l'acte brutal? son geste... il avait son couteau en poche, prêt à servir.

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26 avril 2006

Mémoires d'une geisha (1)

Une gueisha n'est ni une courtisanne, ni une épouse, c'est une artiste,

nous vendons nos talents pas notre corps.

Nous créons une autre monde, secret, entièrement consacré à la beauté.

Le mot lui-même geisha signifie: ARTISTE.

Etre geisha, c'est être appréciée comme une oeuvre d'art vivante!

galerie photos (49 photos)

On ne devient pas geisha par vocation, pour se réaliser, pour s'épanouir,

si on devient geisha, c'est qu'on n'a pas le choix!

Synopsis
Quelques années avant la Seconde Guerre mondiale, Chiyo, une petite fille japonaise, est arrachée à sa famille pauvre pour aller travailler comme servante dans une maison de geishas.
En grandissant, elle se plie avec docilité à l'initiation difficile qui fera d'elle une vraie geisha. Elle triomphe des pièges que lui tend sa rivale, la fourbe Hatsumomo et devient, après des années de travail, la légendaire geisha Sayuri.
Très belle, épanouie dans son art, Sayuri fascine les hommes les plus puissants. Mais celle qui n'a plus le droit d'aimer reste hantée par l'amour qu'elle porte, en secret, au seul homme qu'elle ne peut atteindre

Réalisation
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Réalisateur Rob Marshall

Acteur(s)
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Sayuri Zhang Ziyi
Hatsumomo Gong Li
Mameha Michelle Yeoh
le président Ken Watanabe
Nobu Koji Yakusho
O-Kami Kaori Momoi
O-Kabo Youki Kudoh
le général Kenneth Tsang
Lieutenant Hutchins Paul Adelstein
un soldat Brannon Bates
le chauffeur Michael Chen
la tante Tsai Chin
le GI saoul Chad Cleven
le pêcheur japonais Craig H. Davidson
l'officier saoul Cameron Duncan
Chiyo Suzuka Ohgo
O-Kabo enfant Zoe Weizenbaum

Scénario, production
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Scénariste Robin Swicord
Doug Wright
Productrice Amy Pascal
D'après l'oeuvre de Arthur Golden
Production Columbia Pictures, U.S.A.
Red Wagon Entertainment, U.S.A.
DreamWorks SKG, U.S.A.
Spyglass Entertainment, U.S.A.
Amblin Entertainment, U.S.A.

Equipe Technique
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Compositeur John Williams
Directeur de la photographie Dion Beebe
Costumière Colleen Atwood
Directeur artistique Gretchen Rau
Monteur Pietro Scalia
Chef décorateur John Myhre
Producteur exécutif Gary Barber
Roger Birnbaum
Bobby Cohen
Mixage Kevin O'Connell
Greg P. Russell
Rick Kline
John Pritchett
Monteur son Wylie Stateman

Distribution
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Distribution Columbia Pictures, U.S.A.
Mars Distribution, France

Adapté d'un best-seller d'Arthur Golden 
Projet de longue date, Mémoires d'une geisha est l'adaptation du best-seller homonyme d'Arthur Golden. C'est Steven Spielberg qui acquit en 1998 les droits du roman pour le transposer à l'écran.

La valse des réalisateurs 
Le projet est passé entre les mains de Steven Spielberg, qui avait acquis les droits du roman, Brett Ratner, Spike Jonze et Kimberly Peirce avant de voir le jour sous la direction de Rob Marshall. 

Musique composée par John Williams 
John Williams qui avait composé la bande son des trois premiers volets d'Harry Potter a refusé de faire Harry Potter et la coupe de feu pour se consacrer à la musique de Mémoires d'une geisha pour laquelle il a reçu un Golden Globe. 

La légende de la geisha 
Les geishas existent depuis plusieurs siècles au Japon. Leur nom vient du mot "gei" qui signifie "art" en japonais. Ni épouses ni prostitués, ces femmes hautement respectées dans la société gagnaient leur vie en divertissant des hommes puissants par leur beauté, leur élégance et leurs dons artistiques. Les hommes étaient prêts à payer cher pour devenir leur "danna", leur maître. A la fois danseuses, chanteuses et musiciennes, les geisha maîtrisent l'art de la conversation et se rendent dans les soirées données dans les maisons de thé. Elles existent encore aujourd'hui mais dans une proportion beaucoup plus faible. 

Maîtriser l'art de la geisha en six semaines 
Les geishas avaient une manière très élégante de se tenir et de se comporter qu'elles apprenaient dès leur plus jeune âge. Elles maîtrisaient à la perfection la danse et la pratique d'un instrument à trois cordes, le shamishen. Afin d'aider les actrices à acquérir ces pratiques, le réalisateur Rob Marshall a mis en place six semaines de formation intensive à Los Angeles avec une équipe d'experts. Durant leur apprentissage, les actrices ont dû s'habituer à porter un kimono, pris des cours de danse et de musique. Pour les encadrer, Rob Marshall a fait appel à Liza Dalby, la seule occidentale à avoir vécu et travaillé comme geisha au Japon, qui avait collaboré avec Arthur Golden pour l'écriture de son roman. 

La confection des kimonos 
Le kimono est le costume traditionnel de la geisha. Colleen Atwood , la costumière a confectionné à la main 250 kimonos pour les besoins de Mémoires d'une geisha. 

Un sumo devenu présentateur 
Le sumo qui a remporte le combat dans Mémoires d'une geisha n'est autre que le professionnel Mainoumi, qui avait atteint le grade de Champion junior. Il s'est retité des championnats en novembre 1999 et est actuellement présentateur pour la chaîne NHK. 

Des pousse-pousses recyclés 
Les pousse-pousses de Mémoires d'une geisha avaient déjà été utilisés dans Le Dernier samouraï d'Edward Zwick (2003).
Une décoration a été ajoutée pour qu'ils ressemblent à la période des années 30. 

Un maquillage traditionnel 
Noriko Watanabe a respecté le maquillage traditionnel des geishas, avec la peau pâle, les cheveux noirs et et la bouche rouge. Le fond de teint blanc, porté par les geishas lors des grandes occasions et par les Maiko (apprentie geisha) lors des sorties en public était appliqué sur le visage, le cou, le haut du dos et les mains. Une équipe de 65 techniciens a été formée pour reproduire le maquillage de l'époque. 

Lieux de tournage 
Constatant que le quartier de Gion, à Kyoto, où est censée se dérouler l'action du roman dans les années 20 et 30, était trop moderne, la production a décidé de le reconstituer comme il était à l'époque sur le site de Ventura, près de Los Angeles. Une partie du tournage eut également lieu dans les jardins japonais de Saratoga, en Californie. Le tournage s'est poursuivi au Japon pour y filmer des lieux authentiques. 

Critiques presse

Le Figaroscope - Emmanuèle Frois Barème AlloCiné* : 

On se laisse (...) emporter par ce récit fleuve et mélodramatique, par cette rêverie sentimentale aux belles images.

Elle - Florence Ben Sadoun Barème AlloCiné* : 

On se laisse cueillir par les fleurs des cerisiers, le noir d'encre et le blanc neige et, surtout, par la majesté des drapés des kimonos qui ont un rôle à part entière.

Paris Match - Alain Spira Barème AlloCiné* : 

Difficile de résister aux charmes des actrices, à la beauté des costumes et des décors. Malheureusement, Rob Marshall met sa mise en scène classique et sans surprise au service d'un scénario conventionnel.

Ouest France - La rédaction Barème AlloCiné* : 

Il faut (...) ne pas être trop regardant sur ces " japoniaiseries " de pacotille et de convention pour plutôt s'attarder sur le sens du spectacle affiché par Rob Marshall.

Télérama - Aurélien Ferenczi Barème AlloCiné* : 

Ne cherchez (...) pas dans "Mémoires d'une geisha" la vérité ethnologique du Japon d'antan. Mais le tour de main légendaire d'une industrie encore portée sur le pur romanesque. Ce n'est déjà pas si mal.

Critiques public:

alive3-
Ce film est une pure merveille! Il est très respectueux de l'univers du livre de Golden. Dès les premières minutes du film, on bascule dans l'univers mystérieux qu'est celui des geishas. L'ambiance générale du film, les décors, les divers personnages et surtout les merveilleux kimonos. Autant de détails qui nous invitent à partager, à découvrir un des plus grands mystères de l'Orient.

xlmarco - 
Un petit bijou d'orfèvrerie...très bonne adaptation du roman, un film tout en finesse ,quasi intimiste sur ces femmes"objet d'art". Une atmosphére accentuée par une image de très grande qualité & une musique parfaitement adaptée. Un film d'une fluidité étonnante malgrès sa durée (2h20),mené par de très,très bons acteurs,sans oublier un excellent réalisateur... Pour les véritables cinéphiles: A VOIR !

kanell - 
ce film m" a totalement emportée dans ce monde cruel parfois, magique à d autres moments. Je viens de vivre un cancer et je n'avais que très peu d'émotions depuis le début de mon traitement . Hier ce fut une révélation, fabuleux sur tous les aspects, images, dialogues, esthétique. J'avais lu le livre d'arthur Golden avant la maladie, j'avais l'impression de voir ce film pour une seconde fois à certains moments. Mais quelle surprise!!! je retournerai le voir en VO.Maintenant je vais pouvoir lire les critiques sans m être fait influencer.Bravooooooooooooooooooooooo

pepounette -
un film réèllment fantastique, outre lambiance et les costumes tout simplement grandiose, les acteurs jouent réèllment très bien donnant le ton juste et l'émotion qui se doit!De plus on redécouvre les geishas autrement, ce ne sont plus simplement des femmes de compagnies, mais ce sont de véritables femmes qui se battent pour leur survie..A voir absolument

HeatShock -
Somptueux, les souffrances d'une jeune orpheline arrachée à ses parents constituent le prélude de la vie de Sayuri, la plus célèbre Geisha d'Osaka. L'interprétation de Zhang Ziyi est magistrale, n'oublions pas de saluer les performances d'acteurs(-trices) de Michelle Yeoh et Ken Watanabe. Une oeuvre sculpturale.

Dexter2050 -
Tout simplement MAGNIFIQUE ! Que dire de plus sur ce film ? Les actrices sont superbes (je suis toujours aussi amoureux de Zhang Ziyi) et d'une grande qualité artistique. Le global des acteurs (1ers et 2nd rôle) est excellent, il faut tout de même remarqué qu'aucun des personnages de deuxième ou troisième plan n'est vraiment mal joué ou bâclé, contrairement à beaucoup de film ces derniers temps où l'on dépense tout le budget pour le 1er rôle et où on économise sur le reste ! Mémoire d'une geisha est un de ces films qui vous transcende et vous fait voyager à travers le temps et les cultures. Un de ces films qui vous ébloui tant par son esthétisme que par l'intensité des sentiments qui en ressortent. En bref, du bonheur à l'état pur qui vaut -"largement"- ses 8€ pour être vu ne serait ce qu'une fois sur grand écran !!!

dragounet -
Il est rare de voir un film qui ne contient pas de sexe, pas de violence plus que mesure et qui peut être si interessant. J'ai été abasourdi par la beauté de ce film, pourtant je suis un grand fan de film d'action et d'aventure... Je mettrais 4 étoiles parce qu'il le vaut et que si je pouvais j'en mettrais même 5. Ce film fera parti des meilleurs que j'ai plus voir... Chapeau l'artiste et merci à l'actrice principal pour ça beauté incontestable !! 

kreswt -
Le film nous offre une esthétique rarement vu au cinéma!A la fois émouvant et prenant ,le film dresse un portrait d'une geisha magnifiquement interprétée (même si zahng ziyi est chinoise alors que les "vraies geishas" sont nippones,ce qui d'ailleurs a déplu les japonais)!les seconds-rôles sont excellents!!Les décors somptueux ainsi que les actrices envoûtantes nous font rêver pendant 2h20!!Dommage que le film possède des côtés hollywoodiens parfois(lors des ralentis)et une fin moins prenante -mais émouvante quand même-par rapport au livre(qui est très bien écrit ,d'ailleurs)

SeverusRogue -
Un très beau conte avec une très belle histoire d'amour . Comment peut on résister au charme de Zhang Ziyi et ses yeux de saphir , ces geishas et leur talent de toute beauté, ces décors somptueux, cette musique enivrante qui nous emporte au pays du soleil levant. Comme d'habitude John Williams nous concocte ces thèmes merveilleux qui demeurent longtemps gravés dans nos mémoires (mention spéciale à Becoming a Geisha et à The Chairman's Waltz) . La mise en scène est magnifique; je comprends à présent le choix des oscars pour la photographie qui est d'une esthétique irréprochable, pour les décors qui sont d'une rare sublimité avec toutes ces couleurs et ces paysages magnifiques et pour les costumes qui sont tout simplement impeccables . J'ai vraiment adoré !! De très bons acteurs tels que Ken Watanabe que je découvre peu à peu après Batman Begins, Michelle Yeoh trés charismatique, et Gong Li qui joue impeccablement la peste. J'ajouterai aussi que j'ai beaucoup aimé le jeu de l'actrice qui joue la petite Chiyo qui deviendra la légende Sayuri et des chinoises jouant des japonaises ça passe quasi inaperçu. Bravo à Rob Marshall qui signe un nouveau chef d'œuvre après Chicago . Ce film m'a vraiment emporté en Orient j'avais vraiment l'impression d'y être. C'est très beau!!! Une œuvre d'art!!!

tropmortel -
Un trio d'actrices merveilleuses, évoluant dans des décors somptueux, une histoire imprégnée d'une profonde sensualité... Tout cette magnificence fait heureusement oublier une mise en scène très timide, voire un tantinet platouille. Est-ce l'étroitesse des studios californiens qui donne l'impression que dans cette soigneuse reconstitution la caméra est toujours bloquée dans ses déplacements, le dos au mur, incapable d'effectuer un mouvement ample ou même de panoter un chouia ? (laisserons-nous suggérer qu'il s'agit d'une référence à Ozu ?...) Aussi surprenant que cela paraisse, ce film qui aurait pu être un monument d'artificialité orientaliste se montre pourtant très fidèle à l'esprit de cruauté admirable du Japon impérial, même si ces icônes de la féminité absolue, justement décrites comme des «œuvres d'art vivantes», sont incarnées par trois des plus célèbres actrices... chinoises, dont la physionomie ne correspond pas tout à fait aux canons de beauté en vigueur à Kyoto (Gong Li, dans ce rôle de tigresse indomptable, tu es splendide !) Tout à la contemplation de cette esthétique de la perversité, je me remémorais alors les émouvants souvenirs d'INTIMATE CONFESSIONS OF A CHINESE COURTESAN, désinvolture productions HK des années 70 et, comme ici, authentique œuvre de cinéma aux vertus romanesques.

philoucicu@hotmail.fr -
Ce qui m'a entraîné à aller voir ce film au départ c'était uniquement le fait que ce soit Spielberg le producteur(le choix du réalisateur devait donc être parfait),puis en raison secondaire,la ravissante Michelle Yeoh(Ex James Bond Girl dans Tommorow never dies),mais il s'est révelé que j'ai adoré ce film pour plein d'autres raisons.Tout d'abord:les décors,en tout point parfait,clairs,colorés,vivants,...et en restant en même temps asiatiques.Le réalisateur de Chicago,Rob Marshall,a su donné à ce scenario,qui paraît à première vue ennuyeux,de la fluidité,aucune lourdeur,aucune longeur,de la rapidité,de bons angles de caméras,des couleurs vives qui rappellent quand même que ce film est a méricain et qui nous rappellent un peu Le Dernier Samouraï dans sa forme d'ailleurs avec le même acteur chinois principal),et qui nous démontre encore une fois le talent des américains pour raconter les hitoires d'autres peuples et d'autres cultures.On se laisse charmé par l'histoire de la ravissante Zhang Ziyi(Tigres et dragons),histoire d'ailleurs vraie,et qui m' a donné tout de suite envie de lire le livre immédiatemment,livre dont je n'aurai jamais fait attention si le cinéma Hollywoodien n'avait pas donné une allure de grand spectacle à ce conte japonais.

hypercub -
Imaginez : le Japon dans les années 40, les traditions et les coutumes de ce peuple crystalisées au travers des Geishas : couleurs, sensualités, spectables, honneurs et devoirs. Le film mélange très habilement plans fixes et traveling avec variation de focus et de profondeur de champ pour immerger le spectateur dans ces vies décortiquées. Des plans faisant éclater la beauté des geishas tant physiquement (visage) que par ses images liées aux vétements aux couleurs éclatantes. Plongée, contre plongée, le tout en lenteur pour prendre le temps de saisir les moments, ce film est un bijou de photographie et de recherche en prise de vue. Associées à cela, les interprétations sont de haut niveau et nous ne doutons pas un seul instant de la sensualité des personnes, ou bien de leur cruauté. Paradoxalement, ce qui est le plus dérangeant, c'est le fait que le film soit américain et que la VO soit en anglais (malgré quelques paroles en japonais). Cela nuit au film pour s'immerger dans cet univers japonais. Au final, un film fidèle à l'image des geishas : sensuel, beau, sensible, terriblement humain et surtout jamais vulgaire. Un film pur tant par ses sentiments que par sa mise en images.

Sushinette -
SUPERBE ! Je ne comprends pas les mauvaises critiques sur un film pareil...On se laisse completement emporter par la musique, les decors, l'histoire, le jeu des acteurs. 2h30 de veritable Beaute. Je viens de voir ce film aux Etats-Unis, et je trouve que c'est tout simplement une reussite! Bien sur, il ne faut pas chercher là un documentaire fidele sur cette tradition qu'est l'art d'être Geisha...Cote exactitude pure, ce n'est pas tout a fait ca. Mais a la limite, ce n'est meme pas le but du film,alors que les detracteurs insatisfaits aillent acheter un livre sur le sujet si ils deplorent ce point! Je trouve malgre tout que ce film est tout simplement GENIAL, et le fait que les actrices principales ne soient pas japonaises ne ternit en rien la Beaute du film, et je trouve au contraire qu'il faut avoir du cran pour accepter de jouer un role pareil, surtout par rapport aux réactions (comprehensibles) des Japonais, assez conservateurs sur leurs traditions. Une magnifique histoire d'amour qui finit bien sur fond d'Histoire, et bien adaptée, que demander de plus? Un conseil, au lieu d'aller voir des films violents insignifiants ou des navets Hollywoodiens à la sauce "Les Americains sont des bourrins qui dominent le Monde", courez voir ce film, on en a pour son argent!!!!!!

sources

Le mot de Tahheyyât:
Mon prénom Tahheyyât signifie ARTISTE itinérante.
Chiyo et moi avons plus d'un point commun!
Et mon monde est secret, comme le sien!

Ce film est d'une grande beauté et d'une forte intensité dramatique. Ce n'est pas une reconstitution de quoi que ce soit, c'est une rêverie romantique et cruelle.
La cruauté qui y est révélée s'exerce encore dans bien des parties du monde, autrement mais sûrement, insidieusement et pratiquement sans dénonciation!

Il faut souvent beaucoup supporter, jusqu'à l'intolérable, l'insupportable, jouer des coudes pour acquérir une place honorable au soleil.


EXTRAITS DIVERS

Posté par KNTHMH à 17:30 - Films - Commentaires [3] - Permalien [#]

Mémoires d'une geisha 2 (davantage sur ce film)

RESUME: (source)

" En 1929, au Japon, un pauvre pêcheur se résout à vendre ses deux petites filles. L'aînée se retrouve dans un bordel, tandis que la plus jeune, Chiyio (Zhang Ziyi), devient servante dans une maison de geishas dirigée d'une main de fer par une femme surnommée Maman. Sans le vouloir, la fillette de neuf ans s'attire l'hostilité de Hatsumomo (Gong Li), la plus belle et la plus populaire geisha de la maison. Mais à l’adolescence, Chiyio devient la protégée de l'impériale geisha Mameha (Michelle Yeoh), qui croit que la jeune fille a le potentiel pour suivre ses traces. La transformation s'opère au fil des mois et l'adolescente, rebaptisée Sayuri, suscite bientôt la convoitise de tous les hommes. "


CRITIQUE: (source)

Attendu depuis très longtemps, l'adaptation du best-seller de Arthur Golden, "Memoirs of a Geisha", Co-produit par Steven Spielberg qui avait acquis les droits du roman est donc enfin sur nos écrans dès le mois de Mars. La soudaine passion pour l’Extrême Orient crée une appétence à voir et à goûter de ce qu’il en est de la culture asiatique. En effet, si on considère que ce sont deux chinoises qui incarnent le rôle de deux japonaises, il est logiquement estimable que Japon et Chine forment un même ensemble pour le quidam : Asie= ailleurs= voisins aux yeux bridés. La distinction est malheureusement limitée. De cette ignorance découlera donc les affres que subit cette production en Chine comme au Japon.

C'est à travers le regard d'enfant malheureuse de Chiyo/Sayuri que l'on découvrira donc Gion la décadente, le quartier du plaisir à Kyoto, avec ses temples resplendissants, ses théâtres raffinés, et ces ruelles sombres. Via son initiation et sa métamorphose on apprendra l'art d'être geisha, les rites de la danse et de la musique, les cérémonies de l'habillage, de la coiffure et du thé, comment surtout il faut savoir attirer l'attention des hommes et déjouer la jalousie des rivales. Univers où les apparences font loi, où les femmes sont faites pour charmer et où l'amour doit être méprisé comme une illusion. 

Robert Marshall est le réalisateur de « Cabaret », un film qui a su trouver son public et qui, il faut le reconnaître, donne la vedette avec maestria à une époque révolue par le biais de la danse. Si quelques scènes restent visuellement très jolies utilisant la danse afin d’offrir un espace féerique.. Malheureusement, on savait que Rob Marshall ne savait pas faire avec le verbiage.. et le roman de Golden est particulièrement touffu et riche en dialogues. 
Quel ennui lorsqu’il filme un échange verbal , quelle injure que de jeter si facilement les émotions en pâtures à renfort de musiques là où un regard suffirait ... Reste que le regard, justement, celui de notre héroïne est pour le comble .. faussé .. Affublée de lentilles bleues grises Zhang Yiyi incarne la plus désirable des geishas. Mais avec beaucoup de peine .. Seule Gong Li arrache donc quelques émotions dans ce film aseptisé, chic, rutilant mais à des années lumières de la pudeur, la sobriété et la raffinement nippon. 
Une fois Gong Li à l’écran, fanée et colérique, devant Sayori fragile et belle comme un ange .. c’est vers Gong Li que nos yeux se posent. Non seulement sa beauté est immense mais sa grâce dans le désespoir est éblouissante. Zhang Yiyi fait un peu pâle figure, et pas seulement de par son maquillage très poudré.. Comme si seule Li restait authentique face à la caméra, à ce regard étranger. Michelle Yeoh joue le minimum syndical, avec un décalage assez énorme pour interpréter un rôle de « grande sœur » par rapport à la culture nipponne traînant une Zhang Ziyi contrainte à parler un anglais qui lui est totalement abscons"
Si vous espérez trouver un Watanabe ou un Yakusho (acteur fétiche de Kiyoshi Kurosawa) dans leurs registres de jeu d’acteur tout en finesse, ce n’est pas non plus ici que vous les trouverez. On sent un véritable désir de jouer à l’américaine et c'en est presque risible .. Sans parler du scénario, qui est d’un consensuel évident, et qui trouvera un public .. friand d’exotisme dans des repères qui lui sont familiers. 
Quant à la fidélité du quartier de Gion à Kyoto, où est censée se dérouler l'action du roman dans les années 20 et 30, il a été reconstitué « comme il était à l'époque » (dixit la production) sur le site de Ventura, près de Los Angeles. Une partie du tournage eut également lieu dans les jardins japonais de Saratoga, en Californie. Le tournage s'est poursuivi au Japon pour y filmer des lieux authentiques.
Là où Mizoguchi filmait la grâce comme une évidence, Marshall est tel un éléphant dans un magasin de porcelaines. A ne pas trop savoir ce qu’il y fait et comment donc créer quelque chose qu’il ne connaît surtout pas. Le tout,.maladroitement masqué par un attirail technique impeccable (photo, costumes et décors façon blockbuster hollywoodien léché), et ses trois grandes actrices, Zhang Ziyi, Michelle Yeoh, et surtout Gong Li, impériale en vénéneuse araignée. 
Avec ce film américain, n’espérez en rien trouver autre chose qu’une belle projection des fantasmes occidentaux avec toutes leurs maladresses et cette ignorance patente quant aux us et coutumes de l’ Est. Ainsi, on ne vous parlera pas de « maikos » ou de « geikos » qui cohabitent dans une Okiya. Mais de servantes et de geishas dans une maison close. On ne connaîtra rien du « Danna » et de sa fonction. Quant à la grande sœur, on ne l’entendra pas dans son sens traditionnel.
Boudé par le public japonais, le film "Mémoires d'une Geisha" ne sortira pas finalement en Chine de peur d'éventuelles réactions négatives sur fond de tensions entre Pékin et Tokyo (sortie prévue pour le 9 février). China Film Group Corporation et d'autres distributeurs ont décidé de repousser pour une durée indéterminée la sortie de Mémoires d'une Geisha en Chine principalement à cause de la réaction sociale négative (...) exprimée dans plusieurs médias.(selon les critiques lues dans la presse chinoise et sur internet, les deux grandes actrices chinoises Zhang Ziyi et Gong Li interprétant des rôles de Geishas, sont considérées à présent par certains en Chine comme des prostituées).


Commentaire de Tahheyyât:

J'ai heureusement vu le film avant de prendre connaissance des critiques, ce que je fais toujours!

Qui peut croire qu'un film produit par des américains puisse être un film nippon? et baigner dans l'atmosphère fine et raffinée de fameux  réalisateurs japonais!

Le but du film était-il de faire un reportage vérité sur la condition d'une geisha dans les années 30, ou d'être un spectacle sentimental qui fait rêver par certains de ses aspects?

Gong Li est magistrale, belle même sous la colère ou la déroute, sensuelle à souhaits, c'est évident, on comprend pourquoi elle est la favorite de l'Okiya et la favorite des clients de Gion. Jalouse et jalousée, fragile en raison de ses amours secrêtes que Chyio a dévoilées! elle joue magnifiquement son rôle.

Zhang Yiyi est dans le registre de la pudeur malgré cette profession qu'elle n'a épousée que pour conquérir son seul et gtrand amour.
Elle a la tête et le maintien de son rôle! qui n'est pas celui de Gong Li. On fait d'elle la plus prestigieuse des geishas dans un but bien précis; elle, elle voudrait être elle et pas une apparence, et pouvoir parler vrai. Elle ne connait pas la jalousie, la rancoeur, la vengeance, elle n'a pas une nécessaire envie de briller et d'écraser autrui. Elle peut être belle, mais elle souhaiterait l'être moins qu'on ne le désire autour d'elle. La cruauté qui l'a poursuivie dans son enfance la marque profondément. Son seul voeu est de vivre son grand amour, c'est tout ce qu'elle a à elle, et encore!

On comprend que le "Danna" est un protecteur et qu'il peut s'engager auprès d'une geisha en lui faisant une proposition honnête. Que sans Danna, une geisha peut difficilement être rentable, ou rembourser sa dette vis à vis de l'Okiya. C'est peut-être très "réducteur" comme compréhension, mais le film a une durée limitée, libre aux "fans" de la culture japonaise de se livrer à de plus amples recherches sur le net ou dans leurs bibliothèques et centres de documentations favoris, idem pour tout ce qui concerne la vie de l'Okiya.
Nous n'apprenons pas non plus dans ce film l'art de nouer le Obi, mais nous comprenons qu'il est aisé d'enlever un kimono à une geisha non consentante en un temps record! Scène, qui pour des raisons personnelles m'a été quasiment insupportable!

Tout dépend en effet de ce que l'on souhaite évoquer par l'image et le sénario.

Pour ce qui est du rôle de la "grande soeur", on comprend ici qu'il s'agit dans ce cas d'un challenge très spécial, on n'entre pas dans toutes les démarches et apprentissage de Chiyio, seules certaines phases sont évoquées, je ne pense pas que ce soit le but du film. Chiyo a peu de semaines pour réussir son tour de force, on sait qu'elle va profiter du moindre des conseils de sa "grande soeur" et "protectrice", on n'en doute pas une seule seconde. Elle respecte celle qui la guide, mais elle n'aime pas le rôle qu'elle lui fait jouer, si elle s'y plie c'est non pas parce qu'elle n'est pas libre, mais parce qu'elle est amoureuse.

La scène que j'ai le moins appréciée, curieusement peut-être est celle où Chiyio danse merveilleusement dans le noir sous une pluie de flocons. Effet cabaret! Tant pis, c'est trop peu pour jeter ce film à l'eau!

Une question lancinante demeure: comment les femmes ont-elle éteind le feu dans l'Okiya? Qui pourra me le dire?

Pour tout ce qui concerne la véritable vie d'une geisha, voir les annexes de cette note!

Tahheyyât


D'autres éclairages sur ce film: source

« Sur le plan culturel, c'est l'une des plus fascinantes histoires que j'aie vues. J'ai été bouleversé par l'histoire d'amour, par la rivalité entre Sayuri (Zhang Ziyi) et Hatsumomo (Gong Li), et par l'amitié mise à l'épreuve entre le Président et Nobu. J'ai pensé que le public du monde entier serait lui aussi fasciné, parce que le sens de cette histoire dépasse de loin l'appartenance à une culture ou à un pays. C'est une histoire universelle. ». (Steven Spielberg )

Si l'on considère toute la première partie, où l'on suit l'apprentissage à neuf ans de cette petite fille arrachée à sa famille, on voit bien ce qui a pu passionner Spielberg dans ce roman. Fasciné par l'enfance et les drames, Spielberg aurait pu signer un film bien meilleur (il fut longtemps question qu'il en signe la réalisation). Mais Rob Marshall, l'auteur de Chicago n'a pas à rougir de son travail. Loin de là ! Après le succès mérité de sa comédie musicale, le cinéaste et chorégraphe a été très courtisé mais il a su refuser toutes les offres pour se concentrer sur la plus belle. Ayant acheté les droits du roman depuis déjà quelques années, et étant débordé (comme toujours), Spielberg l'a choisi pour mener à bien ce projet qu'il produit et auquel il tient particulièrement.

À l'annonce du casting (et aujourd'hui encore), on a étrangement reproché à ce film de n'être pas interprété par des Japonais et d'être réalisé par un Occidental. Effectivement, dans les premières secondes, entendre parler les personnages en anglais est un peu choquant. Bien que l'héroïne soit aussi la narratrice de l'histoire, doit-on rappeler que l'auteur du roman, Arthur Golden, est américain ? Il s’agit donc d’une vision précise et documentée, mais extérieure, d'un Occidental sur ce monde très à part. Une fois ce paramètre pris en compte, le choc initial de la langue est rapidement balayé par les décors : un travail particulièrement méticuleux a été accompli pour reconstituer l'univers luxueux et incroyablement cinégénique de ces artistes ultimes que sont les geishas. Les actrices censées les incarner ont toutes suivi des cours de maintien et de danse pour s'adapter à leurs tenues traditionnelles et être les plus crédibles possible.

C'est grâce à ce travail, mais également à la musique de John Williams, et surtout à la beauté de la lumière de Dion Beebe, déjà directeur photo de Chicago et Collateral, que Mémoires d'une geisha est un véritable plaisir des sens. Un bel écrin pour une histoire d'amour impossible, propice à l’émergence de rivalités féminines et masculines, débouchant sur une lutte acharnée pour le pouvoir à laquelle on assiste dans la deuxième moitié du récit. Par ses thèmes le film rappelle beaucoup Raisons et sentiments, les amateurs de Jane Austen y trouveront certainement leur compte… Mais la beauté du film n'empêche pas quelques baisses de rythme.

Sous le charme de ses actrices, Rob Marshall a parfois tendance à s'attarder sur des plans contemplatifs sans grande importance. Il réussit malgré tout à s'approprier et à mettre en valeur l’univers si mystérieux et fascinant des geishas.
Plus que Zhang Ziyi qui excelle essentiellement dans les scènes de danse (la danse étant son premier métier), on retiendra le retour de Gong Li, excellente dans un rôle pas facile où la comédienne ne perd pas de vue que derrière la méchanceté de Matsumomo se cache un terrible mal de vivre ; et Michelle Yeoh, dont l'expérience enrichit le jeu de film en film. Mémoires d'une geisha a aussi le mérite d'éviter la facilité : les sentiments exacerbés mais retenus des personnages ne sont pas gâchés par des scènes érotiques, attendues par certains (n’est-ce pas M. Eddy Adam ?). Il est rappelé très rapidement que « geisha » signifie « artiste » et non « prostituée ». Une vérité historique qui méritait d'être rétablie. Mémoires d'une geisha suit le destin tragique d'une femme. Universelle, cette histoire est devenue un best-seller et aujourd'hui un film magnifique.


En annexe: l'univers des geishas

Propos recueillis lors de l'émission " Métropolis " sur la 5ème chaîne le 12 juillet 1997. source

Interview de la célèbre Geisha : Madame NAKAMURA Kiharu (ce dernier étant son prénom et signifiant " Joie du Printemps ").

Fille de médecin, elle devint Geisha en 1920 (à 15 ans) et exerça cette profession durant 20 ans à Tôkyô. Issue d'une famille estimée, sa beauté l'a rendue célèbre bien au-delà des frontières du Japon.

Elle obtint son brevet de pilote et fût la Geisha " Number One ".

Elle se maria à un diplomate à l'âge de 27 ans dont elle eut un enfant.

Elle enseigne toujours les règles de savoir-vivre.

QUE SIGNIFIE " GEISHA " ? QUI EST-ELLE ?

LE RÔLE DE LA GEISHA :

La Geisha est une femme qui sait danser, préparer le thé pour adoucir les soirées.

Le terme Geisha est issu de 2 idéogrammes signifiant :

- plaisir,

- art.

Jusqu'à il y a un siècle, il existait des geishas hommes (amuseurs, jongleurs...) puis le terme s'est de plus en plus concentré sur le féminin.

Une cérémonie de maquillage dure plus d'une heure.

Il existe des écoles de formation aux Geishas et leur coût est élevé.

Le métier de Geisha nécessite beaucoup de travail ; le langage est élaboré ; tout comme le moindre mouvement de tête.

Le rôle de la Geisha est le suivant :

Elle doit créer une atmosphère de légèreté de plusieurs manières , par exemple:

- verser le thé selon les règles ; après la première gorgée resservir aussitôt

- pincer les cordes du shamisen

- réciter de courts poèmes de trois lignes

- savoir tenir correctement l'ombrelle.

Tout cela pour offrir aux hommes quelques heures de détente.

Toute la famille venait assister à la représentation des Geishas.

Les propos de Madame Nakamura sont les suivants :

" Nous avons donc également diverti des femmes, pas seulement des hommes. C'est là le grand malentendu. Les Geishas ne sont pas seulement les dames de compagnie des hommes. Mon métier consiste à créer une atmosphère de légèreté et de bien-être. Hollywood est responsable de l'image très fausse que l'on se fait de notre profession. "

A 70 ans elle écrit ses mémoires pour expliquer ce qu'est réellement le métier de geisha.

Nota : " Le monde des fleurs et des saules " (karyûkai), c'est ainsi que l'on nomme le monde des geishas.

Elles appartiennent à une maison (okiya) qui dépend d'un groupe (hanamachi) dans un quartier donné.

Leur bureau d'enregistrement tient à jour leurs rendez-vous, horaires et honoraires.

Les réservations sont faites par les hôtels, boîtes de nuit mais surtout par les grands restaurants traditionnels (ryôtei).

En plus de ses honoraires, la geisha reçoit un cadeau en argent de la part des clients. Les moins chères prennent environ 30 000 Yen.

Dans certains quartiers de Kyôto (notamment à Gion), vous pourrez peut-être apercevoir des geishas et apprenties-geishas (maikos) avec leurs éclatants kimonos et leurs superbes coiffures.

Je ne vous indique pas où les rencontrer, elles sont comme les perles de Toba... rares.


Extraits du roman " GEISHA " par Arthur Golden (édition JC Lattès). source

INTRODUCTION :

Sous la forme des mémoires d'une célèbre Geisha de Kyôto, ce roman traite de l'univers secret et étonnant des Geishas. Univers où les apparences font loi, où les femmes sont faites pour charmer et où l'amour doit être méprisé comme une illusion.

L'héroïne est une petite fille de 9 ans, aux superbes yeux gris bleu, vendue par son père, un modeste pêcheur, à une maison de Geishas. Ainsi commence l'histoire de Sayuri dans le Japon des années trente.

C'est à travers son regard d'enfant que l'on découvrira Gion, le quartier du plaisir à Kyôto (ou Heian-Kyo : capitale de la paix et de la tranquillité de 794 à 1195) avec ses temples resplendissants, ses théâtres raffinés. C'est à travers l'initiation de Sayuri que l'on apprendra l'art d'être Geisha, les rites de la danse et de la musique, les cérémonies de l'habillage, de la coiffure et du thé, comment il sied de servir le saké en dévoilant à peine son poignet, comment surtout il faut savoir attirer l'attention des hommes et déjouer la jalousie des rivales.

Née sous le signe de l'eau, n'agissant jamais sans consulter son almanach (pour voir si le jour est faste ou néfaste), Chyo (Sayuri) franchira épreuve sur épreuve et survivra à la seconde guerre mondiale qui détruisit le quartier de Gion.

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LA VIE DANS " L'OKIYA " :

L'âge " légal " pour prétendre au métier de Geisha est trois ans et 3 jours.

C'est à cet âge qu'une petite fille pourra se voir confiée à une " Okiya ".

Les Geishas vivent à plusieurs dans une maison que l'on appelle " Okiya ". Dans cette maison cohabitent les responsables de l'Okiya, les apprenties-geishas (ou " maikos ") et les geishas (ou " geikos "). L'héroïne loge dans l'Okiya Nitta de Gion.

Toute geisha appartenant à une Okiya est recensée au Bureau d'Enregistrement de Gion.

Dans l'Okiya , il existe une hiérarchie et certaines règles à respecter pour la vie en communauté. Citons par exemple une règle tacite selon laquelle les dernières Geishas arrivées rangent leurs chaussures tout en haut des casiers comme sur une échelle.

Les Geishas sont encore plus superstitieuses que les pêcheurs. Une Geisha ne sortira pas le soir de l'Okiya sans que l'on ait fait jaillir des étincelles dans son dos pour lui porter chance. Ce rituel consiste à se placer derrière la Geisha en frottant une espèce de silex et une pierre rectangulaire, comme celles qu'utilisent les pêcheurs pour aiguiser leur couteaux.

LA " PANOPLIE " DE LA GEISHA :

a) Le kimono :

Le kimono constitue l'élément essentiel de la garde robe. Les kimonos enveloppés dans des papiers de soie sont rangés dans un petit local. Dans ce local se trouvent des étagères sur lesquelles des boîtes en laque rouge sont empilées le long du mur jusqu'au plafond, formant 2 remparts entre lesquels on peut à peine passer. A chaque extrémité du local, il y a des bouches d'aération avec des lattes très fines. Sur chaque boîte des idéogrammes indiquent à qui appartient le kimono. Les Geishas redoutent les incendies en raison de la valeur de certains kimonos. Ainsi, les kimonos les plus précieux sont stockés dans un coffre, à la banque.

Tous les kimonos sont de la même longueur, quelle que soit la femme qui les porte. Aussi doit-on replier le tissu sous l'obi - excepté pour les très grandes femmes -.

Il est rare qu'une geisha prête les kimonos de sa collection personnelle.

Citons au passage le célèbre créateur de kimonos de l'époque : Arashino. Le plus cher des kimonos coûtait largement plus que le revenu annuel d'un paysan.

Sous le kimono, la geisha porte une combinaison :

- " Ro " (en gaze de soie légère, pour l'été),

- ou " Hitoe " (non doublée pour l'automne).

Quand une geisha danse sur scène ou marche dans la rue, il lui arrive de soulever légèrement le bas de son kimono de la main gauche afin de se mouvoir plus facilement. Sa combinaison apparaît, dans la partie comprise entre sa cheville et le dessous de ses genoux. Ainsi, le motif et le tissu de la combinaison doivent-ils rappeler ceux du kimono. Le col de la combinaison dépasse, comme le col de chemise d'un homme qui porte un costume. Chaque jour, un col de soie est cousu sur la combinaison, le lendemain ce col est décousu puis lavé.

b) Le " Obi " :

Le " obi ", ceinture le kimono. C'est le noeud qui s'attache dans le dos. Un obi peut mesurer trois mètres cinquante de long, sur cinquante centimètres de large. Enroulé autour de la taille, il va du sternum au nombril. Divers rembourrages sont indispensables pour donner au noeud la forme adéquate.

La différence entre une Geisha et une prostituée réside dans le port du " Obi ". Le obi chez une prostituée s'attache devant. Une femme qui doit ôter puis remettre son obi toute la soirée, ne peut prendre le temps de le rattacher chaque fois dans son dos.

Les jeunes filles geishas s'habillent de façon plus sophistiqué que les femmes geishas : des couleurs plus vives, des tissus plus voyants, un obi plus long. Une femme mûre portera son obi noué dans le dos " en noeud de tambour " (en forme de boîte), que l'on réalise avec une petite longueur de tissu. Une fille de moins de vingt ans, portera un obi spectaculaire et une apprentie geisha un obi en forme de traîne ou " darari boi ", noué au niveau des omoplates et dont les extrémités traînent presque par terre.

Quand une apprentie geisha marche dans la rue vous ne verrez que son obi, il couvre la majeure partie de son dos. C'est le poids du obi qui rend son port difficile.

c) La coiffure :

Le " Wareshinobu " : le chignon ou pêche fendue.

La Geisha se fait coiffer une fois par semaine. Le coiffeur graisse les cheveux avec de l'huile de camélia pour leur donner un bel éclat puis cire la chevelure, ensuite en fait un gros chignon de la forme d'une pelote à épingles. Sur l'arrière cette pelote est fendue en deux parties égales. D'où le nom de pêche fendue, donné à cette coiffure. Pour faire ce chignon, on enroule les cheveux autour d'un morceau de tissu, sur l'arrière, à l'endroit où le chignon est fendu, on voit le tissu. Ce peut être n'importe quelle étoffe, de n'importe quelle couleur. Mais pour une maiko - du moins après une certaine étape dans sa vie (le mizuage) - c'est de la soie rouge. Quand une apprentie geisha est prête pour son mizuage, elle offre des " ekubo " (gâteau de riz signifiant fossette ayant un petit creux sur le dessus avec un minuscule cercle rouge au centre).

La plupart des innocentes n'ont pas idée de la façon dont ces coiffures en " pêche fendue " sont provocantes ! Imaginez, vous marchez dans la rue derrière une jeune geisha et vous voyez cette pêche sur la tête avec cette fente rouge. Qu'est-ce-qui vous viendrait à l'esprit ? Si cela n'évoque rien, alors servez-vous de votre imagination !

La geisha doit apprendre à dormir dans une position particulière pour ne pas se décoiffer. L'oreiller de la geisha, appelé " Takamakura " ressemble à un petit banc, avec un support rembourré avec de la balle de blé pour le cou. Ce n'est pas tant un oreiller qu'un support pour la nuque. C'est le seul moyen pour une Geisha de garder sa coiffure intacte en dormant.

d) Le maquillage :

Un bâtonnet de paulownia séché sert à dessiner les sourcils.

Une crème jaune pâle (à base de déjections de rossignol) est utilisée comme crème pour le visage, cette décoction est sensée régénérer la peau.

Un morceau de cire est malaxé, puis appliqué sur le visage, le cou et la poitrine.

Des bâtonnets de pigments sont employés pour appliquer du rouge sur les joues.

Le rouge pour les lèvres : à cette époque, la mode était de maquiller seulement la lèvre inférieure qui ainsi paraissait plus pulpeuse.

La décoration de la nuque est très importante. Au Japon, un cou dénudé est très érotique. Si le mâle occidental fait une fixation sur les jambes des femmes, le Japonais regarde d'abord leur gorge et leur nuque, raison pour laquelle les geishas portent des kimonos décolletés dans le dos. On voit l'arête de leurs premières vertèbres dorsales. Une Japonaise qui découvre sa nuque, c'est un peu comme une parisienne en minijupe. Sur la nuque, on dessine un motif appelé " sansbon-ashi " - trois jambes -. On a l'impression de regarder la peau nue à travers les pointes effilées d'une clôture blanche.

e) Les chaussures :

La geisha chausse des " zori " ou des " okobo ".

Les Zori sont des sandales en paille grossièrement tissés alors que ceux de la Geisha sont laqués.

Les okobo sont des chaussures en bois, pointues, assez hautes, avec des lanières laquées.

La geisha porte également des chaussettes blanches appelées " tabi ". Ces chaussettes se boutonnent sur le côté de la cheville pour en épouser parfaitement la forme.

LE ROLE DE LA " GRANDE SŒUR " :

Quand une fille est prête à devenir apprentie-Geisha, elle doit nouer une relation avec une Geisha plus expérimentée : la " Grande Sœur ". La Grande Sœur n'est pas forcément plus âgée que la future Geisha dont elle assure la formation. Il suffit qu'elle soit son aînée d'un jour.

Lorsque 2 filles deviennent soeurs, elles procèdent à une cérémonie qui ressemble à celle d'un mariage.

Après quoi, elles se considèrent comme parente et s'appellent " Grande Sœur " et " Petite Sœur ", comme dans une vraie famille.

La Grande Sœur apprend à sa cadette comment réagir à une plaisanterie graveleuse : avec un subtil mélange de plaisir et d'embarras, lui dit quelle cire choisir comme base de maquillage. Mais son rôle va bien au-delà. Elle doit s'assurer que la novice saura attirer l'attention des gens qu'il lui serait utile de connaître. Ainsi, la grande sœur emmène la cadette dans Gion. Elle la présente aux maîtresses des maisons de thé qu'il lui serait bon de fréquenter, aux perruquiers, aux chefs des grands restaurants... Le soir, la Grande Sœur emmènera sa cadette dans les maisons de thé, pour la présenter à ses clients et autres protecteurs. L'uns d'entre eux finira probablement par devenir l'un de ses protecteurs, et par apprécier vivement sa compagnie. Si la Petite Sœur se conduit mal, la responsabilité retombe sur sa Grande Sœur. Une Geisha célèbre supportera tous ces aléas car lorsqu'une apprentie-geisha réussit, toute la communauté en profite. L'apprentie en bénéficie : elle peut payer ses dettes. Quant à la Grande Sœur, elle touche une part des honoraires de sa cadettes ainsi que les maîtresses des différentes maisons de thé que fréquente la jeune apprentie. Tout le quartier de Gion en profite car elle amène de nouveaux clients, qui font prospérer les affaires.

La destinée de toute future Geisha est entre les mains de sa Grande Sœur. Une Geisha connue ne mettra pas sa réputation en péril en prenant une Petite Sœur qu'elle juge obtuse, ou susceptible de déplaire à ses protecteurs.

LE " DANNA " :

Il arrive qu'une Geisha cède à un homme qu'elle trouve séduisant. Mais elles restera discrète car sa réputation et son aisance financière sont en jeu.

Le " Danna ", s'il veut s'engager dans une longue liaison, sera prêt à faire une proposition honnête. Alors la Geisha acceptera un tel arrangement avec joie. On ne gagne vraiment de l'argent qu'en ayant un Danna.

Si la Geisha se lie à un Danna, elle le fera par l'intermédiaire d'une cérémonie. Ce lien dure 6 mois, parfois davantage.

Le Danna réglera une partie des dettes de la Geisha (qui rembourse son Okiya pour les frais engendrés depuis son arrivée à l'Okiya). Il rembourse une partie de ses dépenses (son maquillage, ses leçons, voire ses frais médicaux, sa taxe d'enregistrement, ses repas). Il lui paiera des bijoux, des kimonos et sponsorisera pour elle des spectacles de danses. Outre son entretien, qui lui coûtera des sommes folles, le " Danna " continuera à payer la Geisha à son tarif horaire (comme le font ses autres clients) chaque fois qu'il passera du temps avec elle. Parfois, il paiera davantage que le tarif habituel, afin de montrer sa bonne volonté. Mais il a également droit à certains " privilèges ".

Quand une geisha arrive dans une maison de thé, la maîtresse de la maison allume un bâtonnet d'encens qui met environ une heure à se consumer. On appelle cela une " o-hana " ou " fleur ". Les honoraires de la geisha sont calculés selon le nombre de bâtons d'encens consumés au moment du départ.

Le prix d'une o-hana est fixé par le Bureau d'Enregistrement de Gion. En 1930, une ohana coûtait le prix de 2 bouteilles de saké. Les geishas les plus cotées pouvaient réclamer une o-hana toutes les 5 minutes. Il restera à la geisha à peine plus de la moitié de ce qu'elle gagne, le reste partant chez l'habilleur, à l'okiya, à la maison de thé...

LES ARTS PRATIQUES PAR LA GEISHA :

De tous les arts pratiqués par la Geisha, la danse est le plus révéré. La danse et la cérémonie du thé sont des traditions d'une richesse incomparable. Toutes les Geishas doivent étudier la danse, mais seules les plus douées et les plus belles d'entre elles, se verront encouragées à se spécialiser dans cet art, plutôt que dans celui du chant, du shamisen, du " Tsutsumi ", de " l'okawa " ou du " Taiko " (tambour).

Le shamisen, on l'appelle parfois la guitare japonaise, mais en fait c'est bien plus petit qu'une guitare. Cet instrument a un manche en bois, assez étroit, avec trois chevilles à l'extrémité. Le corps du shamisen est un petit coffre en bois, avec de la peau de chat tendue sur le dessus, comme un tambour. On peut démonter un shamisen, puis le glisser dans un sac, ou dans une boîte. C'est d'ailleurs ainsi qu'on le transporte.

Au début des années vingt, le " Japan Travel Bureau " organisa sa première campagne publicitaire à l'échelle mondiale. Sur l'affiche, on voyait la pagode du temple Toji (au Sud-Est de Tôkyô), un cerisier et une jolie apprentie Geisha. Celle-ci souriait timide et gracieuse. Elle avait des traits délicats. Cette apprentie Geisha était la grande sœur de l'héroïne de ce livre. On vit cette affiche dans toutes les grandes capitales, avec le slogan " Venez visiter le Pays du Soleil Levant ", en anglais, en allemand, en français et en russe. Cette maiko de 16 ans se vit sollicitée par tous les hommes d'Etats en visite au Japon. Elle servit à boire à Charlie Chaplin et Hemingway.

Une Geisha est avant tout une artiste, capable de se produire en public. Elle sert du saké aux hommes, jamais elle ne va chercher à manger. Sa servante la soigne si bien qu'elle sait à peine s'habiller seule ou ranger sa chambre.    

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16 mars 2006

Un, Deux,Trois, DANSEZ!

Synopsis

New York. Les écoles publiques de Manhattan, de Brooklyn et du Queens sont en effervescence tandis que s'organise le concours annuel de danses de salon pour les élèves de CM1 et CM2. Filmé à travers le prisme de leur regard, ce concours permet à ces enfants issus de l'immigration et du tissu urbain de se métamorphoser, le temps de quelques pas de danse, en de véritables ladies et gentlemen.

Au bout, il y a peut-être la victoire. Avant, il y aura eu l’apprentissage de la danse, mais aussi celui de la rigueur et celui de l’autre. L’apprentissage de la vie, tout simplement.

Un, deux, trois Dansez ! donne une vision de la jeunesse américaine puisqu'il montre les répétitions mais aussi la vie privée de certains des enfants présents dans le film.

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Amy Sewel, journaliste s'est rendue dans une école de New York afin de consacrer un article aux compétions inter-écoles de danse de salon. Une fois sur place, la journaliste a été très impressionnée .

La parole aux enfants

Le casting a débuté pratiquement en même temps que le tournage. Le fait que ce soient les enfants qui racontent l'histoire du documentaire a paru évident aux deux productrices Amy Sewel et Marilyn Agrelo .

Les danses de salon dans le système éducatif américain

L'American Ballroom Theater (ABrT) est une organisation à but non lucratif dont l'objectif est de faire entrer la danse de salon dans les écoles américaines. Depuis une dizaine d'années, l'association s'est implantée dans une soixantaine d'établissements scolaires de New-York. Pendant une durée de dix semaines, les élèves apprenent un répertoire de danse de salon composée par la rumba, le merengué, le fox-trot, le tango et le swing. Chaque école a le choix ou non de participer à la compétition. Environ 48 écoles concourent chaque et seulement 9 sont qualifiées pour la finale.

source

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Avis, critiques, résumé

Ce documentaire se situe au sein d'écoles primaires de New-York où les élèves se consacrent à l'organisation d'un concours de danse.
Enseignement, apprentissage, mixité, transformations et surtout de la précision chez ces jeunes captés par une caméra attentive et authentique. André Ruellan

Bonjour à tous,
Cet été j'ai vu ce film à New york ,il est formidable.
C'est le monde des enfants avec tout ce qui l'entoure.Un monde réaliste.
On rit bien .
à ne pas rater.
Posté le: 8 Mar 2006 21:03

Franchement c'est un pur bonheur. il est magnifique j'en suis encore tout ému. je le recommande à tout le monde, et en VO si possible.
Les enfants font preuve d'une grande maturité, d'une grande intelligence... je n'en dirai pas plus...
Attention ca va swinguer!!!!!!
Posté le: 16 Mar 2006 20:01

J'ai vu le film et j'en suis ressortie absolument enchantée, heureuse.
Quelle fraicheur ! Quel bonheur de voir comment les enfants se transforment par amour de la danse, du groupe , de l'envie de gagner.
Je suis prof de gym et pour moi la danse, de bal, collective ou contemporaine est une occasion, un moyen de parler de plaisir de contact avec l'autre, de respect, de volonté, de passion.... de mille et une chose qui sont essentielles à la construction d'un être social.
J'ai aimé ce film car 'j'y ai trouvé des choses que je défends corps et âme depuis des années. J'ai versé une larme de plaisir en voyant les danseurs lors de la finale, mais aussi en écoutant les interviews des enfants.
Posté le: 26 Mar 2006 15:26

Le documentaire américain Un...deux...trois dansez ne s'intéresse pas à la vie politique, ni même à la faune ou à la flore d'ailleurs, mais se concentre, en revanche, sur la vie scolaire des quartiers défavorisés de New York. Rappellant inéluctablement sur la forme, le documentaire français Etre et avoir, de Nicolas Philibert, Un...deux...trois dansez relate, en effet, une partie du quotidien d'élèves du CM1/CM2 issus de différentes écoles primaires. Mais la comparaison à celui-ci s'arrête aux locaux scolaires, puisque le spectateur se retrouve plongé, en plein décors urbains, et plus précisément au sein des écoles élémentaires installées dans les quartiers pauvres et les plus désavantages de l'immensité new-yorkaise, qui regroupe autant de populations que d'ethnies différentes. sans jamais chavirer dans une vision éculée de ces quartiers en difficulté qui sont réputés pour baigner dans la misère et la violence, et en évitant les description imbibées de clichés et de stéréotypes, la cinéaste Marilyn Agrelo propose une observation subtile et touchante de la vie des enfants qui y résident, dont certains d'entres eux, trouvent en la danse, une échappatoire aux problèmes économiques, familiaux et sociaux qui sont présents à la maison et qui ont ainsi immanquablement des répercutions dans le comportement et la vie sociale des enfants. Perçue par les enfants et démontrée par l'école comme un outil d'ouverture culturelle, de communication, de socialisation et d'enrichissement des liens entre les individus, le programme de danse gratuite instauré dans les établissements scolaires permet aux enfants, avant tout, de s'amuser, de grandir, mais également de se surpasser, de se sentir capable d'agir et surtout d'éviter le sentiment d'inutilité qui reflète, bien souvent, la situation familiale désastreuse d'un enfant. Magnifiquement narrée, cette histoire véridique offre au spectateur une vision humaine et pleine de tendresse de l'enfance et transmet surtout une douce et agréable note d'espoir. Ce documentaire puise toute sa force dans une humilité remarquable, dans la beauté du message qui prône la danse et l'amusement de la jeunesse, de même que dans la personnalité complexe et attachante de tous les enfants qui étonnent littéralement par leur maturité et leur acharnement dans les tâches effectuées. Bien plus qu'un simple documentaire, Un...deux...trois dansez se dévoile comme une analyse touchante et pertinente de l'enfance à l'adolescence de la jeunesse vivant dans les quartiers difficiles. Avec une naïveté à l'image de l'enfance et avec une touche de poésie véhiculée par le lyrisme du récit, cette oeuvre se présente comme une grande leçon de vie et comme un hymne à l'enfance et à la jouissance des choses simples et élémentaires du quotidien. De plus, la réalisatrice octroie à son documentaire une réelle profondeur et une forte intensité émotionnelle, de sorte que le spectateur soit passionné et fasciné par le sujet toute la durée du film. Finalement, grâce à des rythmes bouillonnants et entraînants de tango, de swing ou de salsa et à la réalisation proche d'un document amateur qui assimile Un...deux...trois dansez à un souvenir chaleureux et irrésistible d'une année grande scolaire, le spectateur passe un moment envoûtant et merveilleux devant ce magnifique documentaire. Une chose est sûre, à la vision de Un...deux...trois dansez, on ne peut que pleinement approuver l'idée que le documentaire forme un partie intégrante du septième art.

cine-world.skyblog.com

Bien plus qu'à la danse, le film s'intéresse surtout davantage aux enfants. La caméra réunit des écoles de différents quartiers de New York. La plupart vivent dans des familles éclatées ou pauvres, certains même parlent espagnol plutôt qu'américain. Toutes les écoles sont un formidable melting-pot de religions et d'origines. Des gamins de dix ans sont assez au courant que des jeunes plus grands vendent de la drogue. Certaines fillettes soucieuses de leurs formes adolescentes qui se développent ont déjà conscience que des adultes louches pourraient être un danger. Et bien ces cours de danse vont justement ouvrir les enfants aux autres autant qu'à l'avenir. La passion des enseignants est bien réelle, ils sont comme les entraîneurs d'une équipe : tout le monde doit progresser. Et surtout la difficile et sélective compétition arrive, une seule école remportera la coupe. Les professeurs transmettent facilement la fameuse "winning attitude", il faut être le meilleur et tout faire pour gagner.

Le documentaire Un... Deux... Trois Dansez fait un portrait des enfants qui apprennent à danser qui est complèté par leurs confidences hors de l'école. Les différentes danses ne se pratiquent qu'en couple d'un garçon avec une fille. La fillette asiatique, le garçon timide, le rondouillard, la trop grande, le latino, le binoclard, l'ambitieuse… les garçons et les filles se découvrent. Ils sont encore loin des passions du Ballroom dancing de Baz Luhrmann, mais comme dans Etre et Avoir on suit avec intérêt le parcours de quelques enfants. On se surprend à bouger des pieds sur la musique de Glenn Miller ou de Frank Sinatra. Avec une danse on dirige sa cavalière et avec une autre on met en valeur son partenaire. La danse vise aussi à apporter de la distinction et à contribuer à ce que les enfants s'épanouissent. Ils s'encouragent les uns les autres et apprennent à avoir confiance en eux. Quand arrive la compétition entre écoles pour la grande finale, le stress monte autant que le suspens. Qui va gagner ? Un... Deux... Trois Dansez est une bien belle aventure humaine autant qu'un joli film.

Christophe Maulavé

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Renseignements divers:

Sortie le 16 mars 2006 en France.
Affiche du film

Galerie photo

Bandes annonces

Un film américain
Genre : Documentaire - Durée : 1H45 mn

Réalisation Marilyn Agrelo
D’après un article de Amy Sewell
Production Amy Sewell ; Marilyn Agrelo
Montage Sabine Krayenbühl
Directrice de la photographie Claudia Raschke-robinson
Compositeurs Steven Lutvak & Joseph Baker
Distributeur : UGC

Le film se joue à l'Utopia de Bordeaux.
le DVD sortira le 15 septembre! Vous pourrez le commander directement sur le site officiel!
http://undeuxtroisdansez.com/

Posté par KNTHMH à 06:31 - Films - Commentaires [0] - Permalien [#]
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