26 janvier 2009
Nouvelles de Djam et Tah à tous: Important conséquences alerte rouge
Bonsoir,
ici Tah et Djam
vendredi dans la nuit, alerte rouge, vents à 170 km/h
5 heures du mat électricité coupée
idem téléphone et liaisons net
dimanche soir plus d'eau
message unique à tous:
nous ne sommes pas en mesure de revenir sur le net actuellement
tout sera rétabli progressivement, au mieux en une semaine, au pire en trois semaines.
Nous avions un appareil de chauffage à pétrole, nous l' avons porté à nos parents pour leur éviter d'avoir à quitter leur logement.
Nous vivons au ralenti. Et avec les heures diurnes de préférence.
On a un petit groupe électrogène qui nous permet de faire tenir les congélateurs en le faisant tourner une heure par jour.
Sans électricité et sans eau, je ne peux plus suiovre mes taitement d'hydrothérapie, et je suis vêtue de plusieurs épaisseurs de polaires et doudounes.
Le moral est bon.
Nous ne savons pas qui d'entre vous a pu être touché comme nous par la rempête, nous espérons que vous allez tous bien et que vos dégats ne sont que matériels.
Difficilement possible de répondre aux mails actuellement et toute autre sollicitation. Nous pensons à vous.
Je vous envoie mon sourire et le salut de Djam, à plus tard.
A quand nous pourrons
Djam et Tah
05 décembre 2008
Thalassothérapie à domicile, visite guidée de notre projet et de sa réalisation
je devrais dire plutôt hydrothérapie car je travaille actuellement avec de l'eau douce
pourquoi?
jusqu'à présent, mon état nécessitait de grandes plages de traitements en thalassothérapie (entièrement à ma charge, mes affections étant dites "rares" et hors liste).
J'ai ainsi pu connaître plusieurs de ces centres sur la côte atlantique
tant française qu'espagnole, et nous avions même envisagé d'acheter un
petit appartement proche de l'une d'elles. Parce que quémander
l'hospitalité auprès de connaissances, ça va bien un temps, quelques
semaines par an, mais pas tous les jours de l'année, et puis, bonjour
l'intimité et de ceux qui nous reçoivent, et la nôtre bien sûr!
Malheureusement, tous les prix étant prohibitifs, les loyers libres
étant eux-mêmes très honnéreux, nous avons pensé à équiper une pièce
avec du matériel.
D'autant plus que les soins devenaient nécessaires au quotidien.

Le projet : 1) trouver le local
Nous nous sommes renseignés, les études et recherches ont duré plusieurs mois, puis nous nous sommes lancés.
D'abord trouver le local idéal en rez-de-chaussée, avec accès direct à
l'extérieur pour l'évacuation des vapeurs d'eau et de l'humidité
abondante.
Les personnes qui nous hébergent possèdent plusieurs maisons, dont une
semblable à celle où nous logions, ou peu s'en faut, à un détail près:
une pièce en rez-de-chaussée, avec accès sur une petite cour
intérieure. Il s'agissait d'une ancienne buanderie, la personne qui
l'habitait aurefois étant lisseuse, c'est-à-dire qu'elle était
repasseuse, et aussi lavandière, l'ancêtre de nos pressings actuels si
vous voulez.
La buanderie ne servant plus depuis un demi-siècle, elle avait été
convertie en salle de bain avec baignoire et douche, installation très
simple et basique, les murs ayant juste été repeints en blanc
monocouche, et le sol bétonné puis peint rouge brique.
La surface au sol convenait parfaitement à nos projets, ne restait qu'à
convaincre les occupants d'échanger leur maison avec la nôtre, qui,
elle, n'avait pas de cour à proprement parler, mais un puits de jour,
et aucune pièce disponible en rez-de-chaussée pour effectuer des
transformations.
Le couple de locataires, beaucoup plus âgés que nous, n'avait plus
l'entrain pour s'occuper d'un petit coin de jardin à ciel ouvert, et
compte tenu que l'entretien de la toiture serait assurée dans notre
ancienne demeure, il n'y eut plus que de brêves hésitations, l'échange
eut lieu à notre retour d'estive, les deux déménagements à notre charge
et réinstallations diverses par les soins de Djam pour les nouveaux
locataires dans notre ancienne demeure. Nous n'avons eu par contre
aucun moment pour ranger et aménager notre nouveau "chez-nous" ce qui
fait que nous vivons dans un perpétuel chantier depuis. Par exemple,
une conduite souple et une lance d'arrosage nous tiennent lieu de
robinet d'eau froide dans la cuisine! Les fignolages seront pour plus
tard.
2) son financement et ses concrétisations
Depuis juin, nous avions entrepris de contracter un emprunt afin de
réaliser les travaux dans notre nouveau local, et c'est en automne que
nous avons eu le feu vert de la banque. En effet un projet pareil ne
peut pas être financé sans prêt!
Nous avions pensé au départ travailler la main dans la main avec des
artisans locaux, renseignements pris, leur carnet de travaux étant
overbooké, nous avions vite fait le compte, un minimum de deux années
pour la réalisation du projet. Et encore, certains nous auraient fait
une "fleur" parce que "c'était nous"!
Nous avons donc repensé entièrement le projet en tenant compte que Djam
allait le réaliser, aidé en dernière phase de deux professionnels pour
la conformité et les réglages. Nous avons enquêté sur le net depuis le
mois de mai, visité les différents fabriquants, et grandes surfaces de
bricolage, nous avons pu définir notre projet, et le chiffrer assez
précisément.
Pour la pièce, il convenait d'assainir les murs et de la carreler
entièrement, en prévoyant un local hermétique mais ventilé pour le
hammam, une seconde aire, proche du hammam avec douche à plusieurs jets
dorsaux, et latéraux à forte pression, utilisant une eau mitigée
température entre 27-37 degrés, avec système de recyclage d'eau en
circuit fermé. Une troisième aire d'exercices aquatiques en eau froide,
pourvue de système de jets d'eau et d'air, et de pompage avec
filtration et recyclage d'eau.

plan du local avec les installations fixes
Nous avons eu du mal à trouver un bac à poisson en résine de polyester de la forme, la hauteur et la grandeur voulues, mais cet oiseau rare a été finalement déniché, commandé et... un gros problème nous attendait à la livraison, nous avons dû abattre carrément un mur pour qu'il passe de justesse, heureusement c'était en première phase des travaux, lorsque les murs et le sol ont été prêts à cet endroit, le bassin a été placé, et le mur reconstruit. Ce bassin a donc été posé sur le sol, et habillé comme une piscine hors sol en bois de teck, avec goulotte de débordement, les parois ont été isolées, elles contiennent les conduites et tuyaux, ainsi que les pompes, cette réalisation ressemble si l'on veut à un spa, mais l'eau qui y circule varie entre 12 et 18 degrés selon la saison. Il est possible ponctuellement de remplir le bassin d'eau à température bain froid (26 degrés), mais il n'est pas pourvu de réchauffeur d'eau pour le moment, il fonctionne aussi comme "trou d'homme" après le hammam, pour tonifier et revitaliser. Les produits pour l'entretien de l'eau sont ceux habituels utilisés pour piscinettes. Ce bassin de 2 m3 sera vidé tous les trois mois (comme un spa).

le bac (en coupe, et les buses)
Le hammam ressemble à une petite cabine de déshabillage, il est pourvu d'un banc à 70 cm de hauteur, la centrale de vapeur et ses conduites sont encastrées, la diffusion se fait par des buses au sol, on peut utiliser des pastilles d'eucalyptus pour parfumer l'ambiance, la température est réglée à 40 degrés maximum, la porte est une vitre épaisse en verre fumé (8mm). Lorsqu'on est à l'intérieur, la vapeur est épaisse et murs et plafond dégoulinent, humidité chaude 100%! Pour nettoyer, facile, tout est carrelé bleu et blanc traditionnel. Pour l'entretien de la centrale à vapeur, faire en sorte de placer le plus vite possible un adoucisseur en amont du circuit d'eau! oui, on n'y avait pas pensé, d'autres dépenses et travaux en perspective, et on a déjà tout dépensé et même plus que le prêt!

le hamman vu à travers la porte en verre
Pour la douche, les conduites et pompes sont encastrées derrière les carreaux de céramique, seuls apparaissent les buses des jets, la température souhaitée est obtenue par un robinet thermostatique, l'eau est collectée dans un bac contenant environ une trentaine de litres, pompée et réinjectée en circuit fermé, une douche tropicale a été rajoutée, elle fonctionne indépendemment sur le circuit d'eau classique de la maison. Pour éviter la perte d'eau, une porte en verre fumée permet d'obturer ce coin, à la hauteur des jets. L'entretien des canalisations se fait par le rinçage périodique avec un produit adapté.

le coin douche vu à travers la porte en verre
Les personnes qui ont aidées Djam dans la dernière phase d'installation des divers matériels sont des professionnels qui ont travaillé deux jours avec lui.
Utilisation, programme, avantages
Voilà, ça fait une semaine que j'utilise quotidiennement mon centre
perso de thalasso et je m'en porte infiniment mieux physiquement.
Je gagne deux heures de transports quotidien, et je peux travailler "à la carte".
Soit uniquement des exercices moteurs dans le bassin, soit plusieurs
cycles douche-hammam, soit jets et bulles dans le bassin pour masser et
décontracter.
La température de la pièce est maintenue autour de 20 degrès, lorsqu'on
a utilisé le hammam, il faut impérativement aérer complètement
l'ensemble du local, d'ou l'accès direct dans la cour.
Ce programme de thalasso vient l'après midi en complément du programme
de musculation matinal quotidien: rameur, step, cyclette d'appartement
ou vélo à l'extérieur, haltères.
Qu'apporte l'hydrothérapie?
Le travail musculaire dans l'eau est très différent du travail en
musculation aérobie,: douceur, amplitude, répétitions sans fatigue ni
lassitude, tonification et massage inclus!
Les jets à condition qu'ils soient bien dosés en force et appliqués par
séquences courtes (ex: dix minutes) régularisent la circulation : ils
stimulent cette circulation, soulageant ainsi la congestion interne et
acheminent les toxines à l'extérieur par l'intermédiaire de glandes
sudoripares (la sueur se produit grâce à celles-ci), apportant ainsi
des effets positifs sur le système cardiovasculaire.
L'action de l'eau soit froide, soit chaude a un effet stimulant sur une circulation faible ou paresseuse.
L’hydromassage tiède ou chaud apaise le système nerveux et relaxe les muscles.
Frais, il procure un effet tonifiant sur le corps, en plus de revigorer les muscles endoloris.
La balnéothérapie permet aussi de stimuler
le tonus musculaire, la force nerveuse, la digestion, la nutrition,
mais aussi d’éliminer les cellules mortes et les toxines du corps.
Sont également éliminés les dépôts de calcium dans les vaisseaux sanguins et les vaisseaux capillaires endommagés.
Le bain de vapeur dans le hammam permet de traiter les douleurs dorsales, les tensions ou l’inflammation des tissus musculaires, les douleurs cervicales, les épaules, l’arthrite, les maux de tête, les blessures dues au sport, les diverses douleurs chroniques, l'insomnie et le stress. L’inhalation de vapeurs d’eau chaude est hautement recommandée en cas de sinusite, de bronchite, d’allergie ou d’asthme.
Compléments pour s'équiper:
kit hammam
http://tinyurl.com/5tursx
http://tinyurl.com/6rvqtw
construire son hammam
http://tinyurl.com/5loy4x
http://tinyurl.com/6n5588
spas, hammam, baignoires médicales (pret à l'emploi, tarif comprenant livraison et installation)
http://tinyurl.com/68f2cc
William Bouguereau Après le bain 1875
02 mai 2008
L'important, c'est que je sois bien "dans ma tête" et sereine
Non, ce n'est pas le "Nirvana"!
Non, tout ne va pas bien dans ma vie et mon entourage!
Mon corps résiste jusqu'à l'extrême!
Il veut m'assujétir, il refuse l'état de grâce
il repart en thrombose
il me fait crise sur crise de crampes
il me refuse l'état d'éveil
il se fatigue exagérément
et me voilà luttant contre le sommeil, la torpeur,
massant mes muscles endoloris, ma nuque douloureuse,
décontractant ma ceinture pelvienne et mes sphincters,
m'arrachant au fauteuil ou au lit, luttant pied à pied avec la coagulation, la paralysie
et les idées noires!
ce sentiment d'impuissance et d'inutilité, de désespoir!
Ma tête et mon coeur sont "libres", libérés du passé constrictor, mais mon corps se rebelle, il ne me veut pas libre, lui!
Et moi je lui parle, je lui dis que je ne laisserai pas faire et m'avoir à l'usure!
Ma place est avec Djam, auprès de lui, à ses côtés!
Nous avons la maison à restaurer, à ranger, à "habiter".
Alors je me lève et je vais, même si ce n'est que deux à trois heures par jour.
Alors je range, alors je nettoie, alors je répare.
Non, je n'ai plus actuellement de goût aux travaux informatiques, peaufiner des blogs ou des sites, concocter et publier des articles, retraiter des images, monter des films et les poster, non, je n'y pense plus, tout au plus venir lire les coms et y répondre, aller ouvrir les mails, y donner suite, écrire aux amis, aux parents.
C'est ainsi, la roue tourne parfois vite, très vite!
Mais dans ce tourbillon, et dans cette âpre montée, je n'oublie personne, tous restent gravés en mon coeur
tous ceux qui ont fait route avec moi ou avec qui j'ai fait route
qui m'ont accordé un regard, un sourire, une parole, un merci, quelques minutes de leur précieux temps
et ceux à qui j'ai accordé toute mon attention, et que j'ai choyés et traités comme des rois!
Non, je n'oublie rien, et c'est pourquoi ce blog et les autres demeureront, comme jalons et témoins de nos recontres et de nos découvertes.
Tah, le 2 Mai 2008
09 avril 2008
Vous êtes importants à nos yeux!
Bonjour,
c'est moi, Djam qui prends la relève.
Hayet est toujours en traitement, j'ai aimé vous recopier cette histoire, qui lui plairait, qui lui rapellerait tout ce qu'elle a vécu du temps où elle animait des groupes de jeunes.
Il y a dans le texte plus bas et qui n'est pas de moi, quelque chose qui rappelle Flo, cette amie commune décédée il y a deux mois et dont elle a commencé à écrire la vie ici.
Flo aimait les "chaînes", oh pas celles par courrier, elle n'avait pas le temps!
Il y a une chaîne spéciale, c'est celle du levain qu'on se transmettait de famille à famille, d'amis à amis. Elle nous portait le levain dans une bassine, sous un torchon: "voilà, cette fois il arrive du Nord! Il faut poursuivre la chaîne!"
Et en même temps, elle nous offrait du gateau confectionné avec ce levain (un genre de 4/4).
Le principe était le suivant: diviser le levain reçu en 4 part, une pour faire un gâteau pour sa famille, une autre pour faire un gâteau à partager aux 4 autres personnes à qui on porterait le levain, une autre destinée à fabriquer ces quatre parts de levains, une à conserver pour soi, afin de renouveler indéfiniment le levain.
Les gâteaux de Flo étaient très huileux, très nourrissants et nous n'arrivions pas toujours à conserver le levain très longtemps (question de température!), mais le levain revenait périodiquement, preuve que la chaîne fonctionnait bien.
"Avec ça, on ne doit jamais manquer de quoi faire du gâteau ou du pain!"
Oui, le partage, les bons sentiments, la paix, l'amitié, ce sont de bons levains dans la pâte!
Et maintenant, lisons ce que nous avons reçu comme mail en chaîne, non, ce n'est pas une histoire "niaise", elle est écrite dans un style un peu "moralisant" (genre SDRD des années 70) mais sa trame ressemble à l'une de ces histoires vraies qu'Hayet pourrait (et pourra je l'espère) vous partager encore ici:
Un jour, une prof demande à ses élèves de noter le nom de tous les élèves de la classe sur une copie et de laisser un peu de place à côté de chaque nom.
Puis, elle leur dit de penser à ce qu'ils pouvaient dire de plus gentil au sujet de chaque camarade et de le noter à côté du nom. Cela pris toute une heure jusqu'à ce que tous aient fini et avant de quitter la salle de classe, les élèves remirent leur copie à la prof.
Le weekend, la prof écrivit le nom de chaque élève sur une feuille et à côté toutes les remarques gentilles que les autres avaient écrit à son sujet.
Le lundi, elle donna à chaque élève sa liste. Déjà peu de temps après, tous souriaient.
«Vraiment ?» entendait-on chuchoter...
«Je ne savais pas que j'avais de l'importance pour quelqu'un !» et «Je ne savais pas que les autres m'aiment tant» étaient les commentaires que l'on entendait dans la salle de classe...
Personne ne parla plus jamais des listes. La prof ne savait pas si les élèves en avaient parlé entre eux ou avec leurs parents, mais cela n'avait pas d'importance. L'exercice avait rempli sa fonction. Les élèves étaient satisfaits d'eux-mêmes et des autres.
Quelques années plus tard, un élève était mort au Vietnam et la prof alla à l'enterrement de cet élève.
L'église était comble. Beaucoup d’amis étaient là. L'un après l'autre s'approcha du cercueil pour lui adresser un dernier adieu. La prof alla en dernière et elle trembla devant le cercueil. Un des soldats présents lui demanda «Est-ce que vous étiez la prof de maths de Mark?» Elle hocha la tête: «Oui». Alors il lui dit: Mark a souvent parlé de vous» .
Après l'enterrement, la plupart des amis de Mark s'étaient réunis.
Les parents de Mark étaient aussi là et ils attendaient impatiemment de pouvoir parler à la prof.
«Nous voulions vous montrer quelque chose» dit le père de Mark et sortit son portefeuille de sa poche. «On a trouvé cela quand Mark est tombé. Nous pensions que vous le reconnaîtriez.» Il sortit du portefeuille un papier très usé qui avait dû être recollé, déplié et replié très souvent.
Sans le regarder, la prof savait que c'était l'une des feuilles contenant beaucoup de gentilles remarques écrites à l'époque par les camarades de classe au sujet de Mark.
«Nous aimerions vous remercier pour ce que vous avez fait.» dit la mère de Mark «Comme vous pouvez le constater, Mark a beaucoup apprécié ce geste. » Tous les anciens élèves se réunirent autour de la prof. Charlie sourit et dit: « J'ai encore ma liste. Elle se trouve dans le premier tiroir de mon bureau.»
La femme de Chuck dit : «Chuck m'a prié de la coller dans notre album de mariage.»
«Moi aussi, j'ai encore la mienne,» dit Marilyn « Elle est dans mon journal intime»
Puis, Vicky, une autre élève, prit son agenda et montra sa liste toute usée aux autres personnes présentes.» « Je l'ai toujours avec moi,» dit Vicky et elle ajouta : « Nous l'avons tous gardée.»
La prof était si émue qu'elle dut s'asseoir et elle pleura.
Elle pleurait pour Mark et pour tous ses amis qui ne le reverraient plus jamais...
Dans le quotidien avec les autres, nous oublions trop souvent que toute vie s’arrête un jour et que nous ne savons pas quand ce jour arrivera.
C'est pourquoi, il est important de dire aux personnes, que l'on aime et qui nous sont importantes, qu'elles sont particulières et importantes.
Dis-le leur avant qu'il ne soit trop tard.
Pour conclure, je vais évoquer un autre souvenir, celui de Mireilha, la "jumelle" d'Hayet retrouvée noyée il y a 5 années déjà je pense. Lorsqu'on enterra ce qu'il restait de ce qui avait été un beau corps de femme, nombreux furent ceux qui accompagnèrent notre amie à sa dernière demeure d'un petit village haut perché; après une messe vibrante de souvenirs et d'émotions, un homme, inconnu de la population locale, resta en retrait, "incognito", il laissa sa signature sur le livre destiné à cet effet, puis repartit aussitôt à Madrid dans sa rapide voiture de sport retrouver femme, enfants et activité sociale. Une personne qui n'oublia jamais combien une petite infirmière courageuse peut faire de bien dans la vie de tout homme, puissant ou humble.
Bonne semaine à tous, ma Princess' pense à vous, c'est pourquoi elle m'a demandé de faire cette note à mon idée, pour vous. Pour vous remercier, et vous dire que vous êtes importants à ses yeux, à nos yeux.
DJM
08 avril 2008
Un modem et vista! le parcours du combattant!
Miss "Géo-trouve-tout" nous a trouvé un portable, qui plus est sous vista, une occasion pour nous de tester ce matériel et de nous familiariser avec cette édition de windows qui commence à être praticable!
Le hic c'est que le modem que nous avons ne peut pas s'installer sous vista!
Nous avons trouvé l'adresse pour aller charger le pilote, mais elle ne répond pas!
Nous avons eu l'idée d'aller sur le site du constructeur (le début de l'url) et de repasser par les pages: support, site, modèle, fax et enfin nous sommes arrivés au driver que je viens de charger, nous allons voir si ça fonctionne et peut donc nous dépanner.
Je raconte tout celà parce que tellement de choses sont difficiles! Il faut en plus que certain url ne marchent pas si vous les affichez en entier tout-de-go
tenez, sur dailymotion, il nous est impossible d'accéder aux pages de nos vidéos et de nos playlists, pas étonnant que nos vidéos soient au point mort côté visites, seules les recherches par mots-clé peuvent diriger sur une de nos vidéos! Et en concurrence avec des vidéos de pros ou commerciales qui ne devraient pas être diffusées ainsi, nos vidéos d'amateurs risquent de ne pas supporter la comparaison!
Ca ne nous donne pas l'envie d'en produire à nouveau pour le moment , pour que deux ou trois personnes viennent les voir par amitié ou affection tribale, et que notre dur travail doive retomber dans la nuit informatique, mieux vaut pour nous d'en produire pour le cercle restreint familial, la qualité sera bien meilleure et nous n'aurons pas la souffrance de visionnages tout "hachés" comme sur youtube!
La webvidéo est victime de son succès, si encore ce n'était pas lié au commerce! au fric!
Tant pis, ces lieux d'échanges étaient une bonne idée, de bons outils, mais le zapping est trop grand et plus on élargit le nombre de ses relations, moins on a le temps d'apprécier vraiment, d'approfondir, de faire plaisir et de se faire plaisir.
Si nous revenons au début de mes propos, ne vous découragez pas si l'on vous donne un lien qui ne fonctionne pas, allez sur le site, puis essayez de cliquer sur les mots qui peuvent vous guider vers le but.
C'était ma "recette du jour" (la recette du chef!).
DJM
01 avril 2008
Drame (suite et fin)
On me dit: comment est-ce possible? comment peut-on en arriver là?
Comment, pourquoi, qui?
Franxa a vécu des situations qu'elle ne comprenait pas au début, elle les vivait par bribes, avait parfois des explications, était sauvée par son enthousiasme et le "gong", la chance! et prise en pitié ou en amitié par quelques collègues, étrangères aux lieux et aux intrigues.
Puis on l'envoyait souvent remplacer des collègues qui ne tenaient pas le coup. En prenant leur place, elle arrivait en des lieux déchirés, tentait de s'intégrer au sein d'équipes divisées, et manoeuvrières. Elle voulait rester en dehors des "histoires", mais plus elle restait longtemps sur les postes, plus elle était obligée de s'impliquer, et plus elle se rendait compte de tout ce qui se passait. Elle comprenait pourquoi les personnes qu'elle remplaçait étaient tombées malades, elle bénéficiait ensuite souvent elle-même des suites des traitements infligés à ceux dont elle assurait le service, en leur lieu et place. Elle avait le goût de l'enseignement et le don de la pédagogie audacieuse, elle dérangeait par ses manières de remettre rapidement les élèves à niveau, de calmer les plus violents, on se mit à la craindre, à la suspecter, à la jalouser, à redouter tout ce qu'elle connaissait sur chacun, partout. Elle fut le témoin de pratiques qui conduisirent certains de ses collègues au désespoir et au suicide. Elle décela très vite ce qui pouvait être tenté également à son encontre, elle désamorçait toutes les "bombes", tout en continuant son travail auprès des enfants. Comme on ne pouvait l'abattre, on y mit le paquet. On lui fabriqua un piège à sa taille qui conjugait plusieurs moyens (pourquoi lésigner?) elle tenta de désamorcer un par un les mécanismes, mais lorsqu'elle comprit TOUT ce qu'on voulait lui mettre sur le dos, au moment où on voulait lui porter le coup fatal, elle n'entra pas en conflit ouvert, mais dans l'ombre, en résistance!
Résister et survivre
Aussitôt après cet ultime effort, elle voulut mettre fin à ses jours tellement elle était perclue de souffrances et physiques et morales, et effrayée de voir jusqu'où peut aller l'abjection humaine, la trahison sans scrupule, l'ambition démesurée de certains.
Elle fut mise en traitement. Long, pour overburnig et dépression sévère, on admit qu'elle avait été harcelée, on en tint compte pendant quelques mois, puis on voulut l'oublier et le nier. Ce qu'elle vit par ailleurs et apprit par la suite ne lui remonta jamais le moral! Le piège prêt à se refermer sur elle était formaté, un prototype de piège avait déjà servi contre une autre qui avait disparu: suicide? fugue sans retour? on ne sait encore à l'heure actuelle ce qu'elle est devenue! La nouvelle moûture revue, stylisée, servit dans les mois qui suivirent pour plusieurs de ses collègues, hommes en particulier. Chaque fois qu'elle apprenait qu'un de plus était piégé, et avec combien de souffrance, de déshonneur, sans être soutenu ou défendu par personne, elle-même ne pouvant donner aucun réconfort, manifester aucun soutien, car surveillée, et astreinte à l'obligation de réserve, elle replongeait dans la déprime sévère!
Craquer?
Quand Franxa arriva sur son premier poste, on l'éprouva et on l'observa: quand est-ce qu'elle craquerait? c'était une question de jours, tout au plus de semaines!
Mais elle ne craqua pas! A cette époque les instits avaient le droit au logement, c'était un droit et un avantage en nature, de plus leur paye étant vraiment peu conséquente, surtout lorsqu'ils débutaient. On leur devait un logement en bon état, au minimum comportant un appareillage propre à produire de la chaleur et de l'eau chaude! On lui proposa une pièce sans chauffage ni electricité dans un logement désaffecté! Franxa dût payer l'ouverture d'un compteur d'électricité, un montant fixe important quel que soit le temps d'utilisation, la consommation, en sus étant bien entendu à sa charge, trois mois après elle résiliait cet abonnement, puisqu'elle s'en allait prendre un autre poste, mais la transmission de la résiliation ne fut pas enregistrée et plus d'un an après l'EDF lui envoyait toujours régulièrement des mises en demeure de payer mensualités et amendes, entre temps elle s'était mariée et vivait ailleurs, loin de là, c'est son mari qui faisait les courriers pour dénoncer cet abus, téléphonait périodiquement à EDF sans gain de cause! Des emmerdements pour rien quoi! Une occasion de se remémorer sans cesse ce poste et son contexte!
Inspection
Franxa fut inspectée lors de ce premier remplacement, on vint la voir un matin, sans la prévenir, c'était l'heure où on accueillait les enfants dans le couloir, où on les déshabillait et déchaussait: les parents les laissaient à la porte de la cour, et les instits dévêtaient les enfants qui n'y arrivaient pas seuls, la majorité d'entre eux en début d'année scolaire. 50 enfants de trois à quatre ans, dégraffer les boutons spéciaux de cabans et cirés, kabigs et defelcoats, décoincer et descendre les fermetures éclair cassées des blousons, ôter les chaussures et les bottes à lacets aux noeuds bloqués et raidis par la boue pour enfiler les chaussons au bon pied, le passage aux toilettes avec dégraffage, puis ragraffage des pantalons, des bretelles. L'arrivée de plusieurs adultes qui n'aidèrent pas au déshabillage, mais critiquèrent ce moment inutilement perdu, destabilisa un peu ce début de journée et pourtant, cependant spécialement en raison de l'évènement, une personne de service avait été détachée et dépéchée pour accélerer le processus.
Après le déshabillage, Franxa avait prévu une leçon de motricité avec parcours puis, en continuité des leçons des jours précédents, l'élaboration d'un plan de la classe par les plus grands de la section, tandis que les plus jeunes seraient répartis en ateliers jeux, graphisme, lecture libre, modelage. L'une des personnes venue en inspection voulait que Franxa introduise plutôt un moment de conte, car le conte était sa spécialité et son "dada". Franxa essaya de négocier, ce n'était pas l'heure de cette activité, réservée alors en fin de matinée et d'après-midi, et elle avait prévu des activités intéressantes. La poire fut coupée en deux, Franxa devait "montrer" sa leçon sur le plan et la faire succéder d'un moment de conte. Hélas, la leçon sur le plan s'originait dans les exercices de parcours préalables en motricité qu'on ne lui laissa pas faire, les élèves s'agitèrent, la séquence fut perturbée par des enfants difficiles qui n'avaient pas leur content et leur quota de mouvement, alors la personne qui voulait à tout prix travailler sur le conte proposa de tester sur un groupe d'élèves une oeuvre de sa composition qu'elle débita de sa voix monocorde devant l'auditoire totalement démotivé, le bide! Franxa récolta une note très médiocre et des observations désobligeantes sur le rapport joint. L'inspection terminée, les enfants survoltés par le climat inhabituel et electrique de ce début de journée furent irrécupérables pour le reste de la matinée, ce que ne manquèrent pas de remarquer collègues, assistantes et parents!
Avancement et fin de carrière
La mauvaise note obtenue plaça Franxa d'emblée et pour 16 années en purgatoire, elle passa très lentement de 9 à 10, atteint 11 au bénéfice du nombre d'années sans inspection, jusqu'à ce qu'une inspectrice, voyant ce dont Franxa était capable, tente de relever sa note. Elle proposa 3 points supplémentaires sur lesquels 2 seulement furent légalement validés, maximum prévu et autorisé en une seule fois, sa note plafonna donc longtemps à 13 en attente d'une autre inspection. Avec des notes basses, Franxa n'obtenait ses promotions qu'à l'ancienneté, avec toutes les répercussions logiques sur son traitement et le cantonnement à des postes difficiles et éloignés de son domicile.
Les dernières années, ses plus pénibles, pour les missions qui lui furent confiées, le rôle qu'on lui demanda de jouer, les pressions et le harcelement qu'on exerça sur elle ainsi que sur d'autres de ses collègues, elle gagna cependant 5 autres points en inspections. On ne pouvait s'empécher de reconnaître l'excellence de ses pratiques, la teneur de son expérience, son sang-froid impressionnait, mais elle "génait"! La note supérieure à 18 qui couronna sa fin de carrière lui permit d'obtenir enfin sa première et seule promotion au choix et d'acceder pour quelques mois à un salaire plus décent, conforme à son expérience et sa compétence!
Elle trouva compréhension et écoute auprès du syndicat auquel elle avait adhéré dès les premières heures de son labeur, le SNI, devenu par la suite SE. C'est ainsi qu'on élabora une solution personnalisée d'accession à une retraite proportionnelle à ses années de travail.
Perspectives
Actuellement, toujours en traitements, les suicides de collègues la touchent très profondément et font bouillir en elle la colère.
L'abattoir, pourquoi et jusqu'à quand?
Tah
30 mars 2008
En écho au drame qui vient de se dérouler le 4 mars 2008, à Pauillac
(voir les articles au sujet du suicide d'une institutrice en Gironde)
Evidemment, je ne peux que compatir au drame qui atteint la famille
Cruzin, et que resonner à tout ce que cette enseignante, Valérie, a
vécu de difficile les derniers mois. Je présente mes condoléances à
toutes les personnes touchées par cette tragédie, y compris les élèves
et anciens élèves qui peuvent ressentir du chagrin, l'injustice
profonde de cette issue, le choc de la séparation d'une maîtresse
estimée d'eux. Et c'est donc ce que je veux faire en premier, compatir,
mais aussi et ensuite déplorer certaines dérobades de la part de qui
pourrait apporter soutien et impartialité, calmer plutôt que laisser
pourrir et s'envenimer les choses!
Enfin rapporter des faits dont j'ai été maintes fois témoin, et plus
particulièrement l'expérience d'une enseignante, dans les lignes qui
suivent:
L'une de mes connaissance, Franxa, a connu plusieurs cabales et
campagnes de diffamation "concertée" de la part de parents au cours de
son existence d'enseignante, envers des collègues comme envers elle,
elle a failli plusieurs fois en mourir, c'était pourtant "une dure à
cuire", une fois elle a frisé le "passage à l'acte" comme on dit. Elle
a demandé, réclamé deux fois au moins dans sa carrière, dans des cas
extrêmement graves, son changement d'affectation, et la médiation de
ses supérieurs hiérarchiques, elle fut toujours maintenue sur ses
postes et encouragée de la voix, en privé, de la sorte: "Je sais que
vous êtes assez forte pour vous défendre et pour les tenir en respect".
Ce fut vrai, car c'était une personne extraordinaire à tous points de
vue et une "battante" hors pair, vrai jusqu'au jour où ce ne fut plus
vrai! Je ne parlerai pas aujourd'hui de ce qu'il advint d'elle alors,
il y a ainsi des vies lacérées, mises en lambeaux, pires que mangées et
détruites! Niées, salies irrémédiablement ou presque! dans ces
conditions il faut un courage plus qu'extraordinaire pour se battre,
recommencer, continuer, survivre, se reconstruire!
(elle coule à présent, ainsi que tous les protagonistes de sa
biographie, une retraite "méritée" sinon "heureuse" et "tranquille")
Mais revenons en arrière. Le premier poste de Franxa fut un
remplacement de quatre mois en maternelle, il y a fort longtemps, à
l'époque où l'on travaillait encore cinq jours sur sept en premier
cycle. Elle arriva quelques temps après la rentrée de septembre. On lui
accorda, dans un appartement alors désaffecté et sans chauffage, une
pièce pour s'installer, c'était l'automne, au bout de quelques jours
elle fut transpercée d'humidité et de froid, alors elle apporta sa
tente de camping et ses duvets, elle monta son campement dans la pièce
en question. Elle se souvient de l'ahurissement du technicien d'EDF au
moment de signer le contrat d'électricité, toute une histoire ensuite
pour le résiler à son départ! Voir une tente montée dans une pièce
bourgeoise qui avait dû être une salle à manger ! Elle avait bien du
courage de travailler à la chandelle en attendant d'être raccordée à
l'électricité, elle était jeune, il est vrai et solide.
Le soir, après avoir admiré longtemps la lueur des torchères, son
plaisir secret, depuis une fenêtre qui donnait dans la direction d'une
raffinerie, impossible d'écrire ses préparations, ses doigts étaient
trop gourds, elle mangeait donc rapidement son foie de génisse
accompagné de pattes coquillettes ou sa "saucisse choucroute" (il y
avait un excellent charcutier non loin de l'école, dans le village), et
se glissait vers 19h 30-20h dans ses duvets sous sa tente, tellement
elle se gelait. Elle n'en ressortait qu'au matin, pour se débarbouiller
à l'eau froide du robinet de l'évier, et avaler son café chauffé sur un
"bleuet" camping-gaz. Pendant les heures où elle ne pouvait fermer
l'oeil à cause du froid et d'un orchestre de rock dont les membres
répétaient, à deux pas de là, dans un garage, jusqu'à 22 heures, elle
se remémorait la conduite de la classe du lendemain, point par point,
parce qu'à l'époque, il fallait changer d'activité environ toutes les
20 minutes, et organiser deux fois par jour des ateliers tournants,
imaginez: 50 élèves dans un local non prévu pour cet effectif, qui plus
est, répartis en groupes autonomes en présence la majeure partie du
temps de la seule enseignante dans la classe, dotés de matériel
rudimentaire, ancien et souvent insuffisant! Elle avait donc amené
toutes ses poupées "de quand elle était petite", ainsi que d'autres
jouets, qu'elle laissa sur place lorsqu'elle fut nommée, janvier
suivant, sur un autre poste de remplacement. Elle avait fabriqué des
plateaux porte-pot-de-peinture en contre-plaqué, bricolé des chevalets
pour le coin peinture, rénové et retapissé avec les enfants le "coin
poupée" pour renforcer et agrémenter les différents pôles. Toutes ces
cogitations, fabrications étant pris sur son temps de "loisirs" et sur
sa caisse perso! C'était une grande enthousiaste, à l'époque
célibataire, un amour naissant comme feu d'artifice en ses jeunes sens
décuplait ses forces, son énergie et son ingéniosité déjà si
abondantes.
Revenons à l'inconfort et au froid qui la transperçait. Il y avait
heureusement des bains-douche publics, juste au pied de la tour qui
abritait l'escalier qu'elle gravissait pour atteindre son logis. Elle
pouvait donc, le samedi, aller se doucher à l'eau chaude, ouf! Mais fin
novembre, le froid et l'humidité se faisant plus vifs, elle apporta un
radiateur à gaz, cet appareil était "âgé", il "s'étouffa" une fin de
nuit, laissant échapper doucement son gaz butane. Forcément Franxa ne
put descendre en classe, potron minet, pour jeter sur le papier ses
préparations de cours à la douce chaleur des radiateurs en fonte, ni
effectuer son service d'accueil des élèves. Et les collègues, après
s'être étonnés de son manque inhabituel de ponctualité, ayant peur
qu'il ne soit arrivé malheur, sont montés tambouriner vivement à sa
porte, et l'ont tirée de sa torpeur! Heureusement pour tous, la fuite
de gaz était accidentelle, ce n'était pas un suicide déguisé et manqué.
Elle ne trépassa donc point ce jour là, mais conserva une fragilité, on
n'est pas "gazé" sans dommage, même si on en réchappe!
Etonnée du fait qu'on ait pu croire à un mouvement volontaire de sa
part pour s'ôter la vie, elle qui l'aimait plus qu'on ne pourrait
l'imaginer, elle se fit raconter certaines choses: elle était donc la
quatrième remplaçante sur ce poste depuis le début septembre, les
autres n'ayant pas tenu le coup. Il est vrai que les classes étaient
très chargées, elle n'avait jamais enseigné à autant d'enfants à la
fois, et ces écoliers étaient en général assez agités, non sans raison:
la plupart d'entre eux vivaient avec leur famille, frères et soeurs en
promiscuité totale, dans des caravanes légères pour les campements
d'été, sur un terrain proche de la raffinerie où les parents étaient
employés. Ils n'avaient pas pu obtenir de permis de construire,
d'appartements au loyer, et de toutes façons, leur affectation était
disons plus ou moins provisoire, la société pétrolière pratiquait la
mobilité de l'emploi, déjà oui (nous étions juste quelques années avant
la première grave crise pétrolière)!
Un jour, brusquement, l'un d'entre les élèves, à peine âgé de trois
ans, élève de la section des "bébés" (c'est comme ça qu'on appelait
affectueusement en ce temps la "petite section" des 2 ans), tenta, au
cours d'un interclasse dont Franxa assurait la surveillance,
d'étrangler un camarade et de lui fracasser le crâne contre le mur
blanc de la cantine. Elle eut de la peine à desserrer les mains de
l'enfant, à le séparer de son adversaire (avec qui il tentait
maladroitement de jouer!), puis à le faire asseoir tranquille pour
qu'il se calme, elle obtint qu'il soit mis auprès d'elle lorsque
c'était la récréation, et qu'il mange à sa table, plutôt qu'avec ses
camarades l'espace de quelques jours. Ensuite, l'enfant faisant l'objet
d'une surveillance accrue de la part des adultes, retrouva ses petits
copains pour les jeux et la cantine, et manifesta peu à peu moins de
violence vis à vis d'autrui.
Si les parents en général étaient contents de son enseignement, Franxa
eut des difficultés avec une personne en particulier, elle s'efforça
aussitôt de dialoguer avec cet homme blessé par la violence rencontrée
au cours de son service militaire en Algérie, certaines images
demeuraient gravées en lui pour longtemps malheureusement! Par le biais
de la discussion et de l'empathie, elle réussit à reconquerir son
estime. En ce qui concerne la direction de l'établissement, une
adjointe promue à cette fonction assurait l'intérim d'une femme estimée
mais absente pour raison de traitements longs. Il me semble que mon
amie m'ait rapporté que sa collègue en congé habitant non loin de
l'école, elle l'avait rencontrée une ou deux fois: pour le "suivi" de
la classe et les consignes à respecter, car c'est cette femme que
remplaçait Franxa, en tant qu'adjointe simple, ayant trop peu
d'ancienneté et nulle expérience en matière de direction.
Le personnel d'encadrement communal était discret, efficace tant qu'il
pouvait, mais face au nombre d'enfants, ne pouvait se multiplier en
attention et soins auprès de chacun. Une bonne génération et demie
séparait Franxa de ces femmes. Malgrè ses 50 élèves, mon amie ne
disposait d'une ATSEM (on disait: dame de service, assistante
maternelle, "tatie" pour leur doux nom) qu'en dernière heure le soir au
moment de l'atelier peinture et de l'habillage pour la sortie. Elle
sympatisa davantage avec une collègue fraîchement arrivée, bretonne
d'origine, de quelques années son aînée, dont elle avait le jeune fils
en classe.
Collègue qui l'hébergea gracieusement en fin de remplacement, le temps
étant encore plus froid, et le radiateur ayant été prudemment relégué.
Précisons que Franxa gagnait bien moins de 1000 Francs par mois (vous
diriez combien en euros? 152 euros environ), ce qui explique pourquoi
il lui était difficile de se payer un appareil de chauffage nouveau, et
le contrat d'électricité lui coûtait une fortune, pour une ampoule
allumée ou deux dans sa pièce unique le soir avant son retrait sous le
bivouac!
Elle finit par être victime d'une bronchite qui la priva de la fête de
noël organisée à l'école et du plaisir de voir ses petits élèves
costumés chanter les comptines apprises et exécuter leurs danses
amoureusement répétées.
Franxa ne remit qu'une fois les pieds dans cette bourgade, quelques heures, une vingtaine d'années plus tard, pour d'autres raisons. Elle connut, dans l'exercice de son" beau métier" (c'est comme ça qu'on disait au sujet de cette profession), bien d'autres aventures extraordinaires, difficiles, tendues, dramatiques, incroyables, intolérables. Il me faudrait des dizaines de vies de chroniqueuse pour évoquer sa vie comme celle d'autres de nos contemporains, et nous verrons celà plus tard, je souhaite, pour le moment, reprendre le cours de l'histoire de Flo dès demain!
Tah 29 mars 08 14: 44 (pour des raisons de "témoignage", et en accord avec Franxa consultée à ce sujet, je n'ai romancé ou "arrangé" aucun des faits relatant l'expérience vécue dans ce premier poste, et qui se déroulèrent tels au début des années 70)
°°°000°°°
Voici des références de textes analytiques au sujet de l"histoire récente (XX ième siècle) de Pauillac, ils peuvent baliser nos regards et nos réflexions, je les cite comme témoins ou jalons:
Derrière l’image et la réputation de ses grands crus, le Médoc se protège d’un passé de misère et d’un présent de détresse sociale. Le Médoc se remet mal du traumatisme de 1985. Au moment où le vignoble décollait dans un climat d’euphorie, Shell a brutalement fermé sa raffinerie de Pauillac : 800 emplois sacrifiés dans la seule industrie du Médoc.
« La ville a sombré dans une dépression nerveuse collective et ce climat de déréliction dure. Entre les grandes fortunes des châteaux et le peuple des RMIstes, la classe moyenne s’est volatilisée », constate Martine Noverraz, tonique directrice du Pays Médoc, la nouvelle entité administrative qui a pour mission de fédérer les énergies et de vaincre le fatalisme d’une population, laissée sur le sable.
Arrivé en 1998, l’inventif Thierry Marx, plus jeune chef étoilé de France, l’un des espoirs pour l’avenir du Médoc, aux commandes du Relais et Châteaux Cordeillan-Bages à Pauillac, évoque pourtant avec passion « cette presqu’île, lieu de sérénité, propice à la création, où l’on possède le goût des bonnes choses, déroutante par sa façon d’unir l’ordre de la vigne avec le désordre du fleuve ».
En 1922, le groupe Royal Deutch Shell et la maison Deutsch de la Meurthe associés après la création de la Société des Pétroles Jupiter implantaientt une première raffinerie à Pauillac. Elle sera reconstruite plusieurs fois, jusqu’à en faire la plus moderne des trois implantées sur l’estuaire dans les années 1970.
Ravitaillée par oléoduc depuis le terminal du Verdon, elle traitera près de 5 Mt, chaque année, avant d’être condamnée par les chocs pétroliers successifs en 1985, comme les deux raffineries d’Ambès quelques années plus tôt. Dès lors ne demeurait plus qu’un dépôt de produits blancs dont la société Shell France ne cachait pas la mise en vente depuis plusieurs années et dont le trafic s’est étiolé jusqu’à atteindre 450 000 t en 2005 alors qu’il dépassait le million de tonnes cinq ans plus tôt.
Le pétrolier avait fixé à fin 2006 la fermeture définitive du site ou sa cession. Aujourd’hui, bien que rien ne soit totalement arrêté, il semble que la deuxième solution soit en voie de finalisation et que le dépôt connaisse prochainement une nouvelle vie sous de nouvelles couleurs.
Les unités de production, groupées dans un rectangle de 3 hectares,
constituent le coeur de la raffinerie. Elles comprennent notamment :
une unité de distillation dans laquelle le pétrole brut est décomposé
en éléments (gasoline ou essence légère, naphta ou essence lourde,
distillat huileux, résidus, etc) permettant d'aboutir aux produits
finis ; une unité de reformage (ou reforming) catalytique qui permet
d'obtenir une base pour carburants à haut indice d'octane à partir de
naphta ; une unité de craquage (ou cracking) catalytique dans laquelle
le distillat huileux est transformé en gaz, essence et gasoil ; une
unité fabriquant des bitumes à partir du résidu de l'unité de
distillation ; une unité produisant du cumène, matière fondamentale
pour l'industrie chimique. Philippe Fournet.
Prise de vue mai 1979
Auteur Bardou, Pierre
Droits CRDP d’Aquitaine
Ecologie et Médoc de Pauillac
Il faudrait déjà se mettre d’accord sur les notions de développement et de désenclavement... Nous pensons que le Médoc n’a pas besoin d’être parsemé d’usines et quadrillé de voies rapides ! D’autant qu’en ces temps de dérèglement climatique et de lutte contre l’effet de serre, et en attendant les premiers effets de pénurie des carburants fossiles, on voit bien que l’avenir n’est plus dans le couple autoroute / industrie.
Nous l’avions déjà fait remarquer aux élus du Médoc il y a quelques années: ce n’est pas de l’extérieur qu’il faut attendre un projet miracle qui résoudra les problèmes d’activité économique. Le Médoc doit trouver dans ses propres spécificités (ses ressources, sa culture) les moyens d’assurer son avenir et celui de ses habitants.
Les atouts ne lui manquent pas, mais il faut savoir se tourner vers l’avenir.
26 mars 2008
Un ange à qui je dis "merci"!
Samedi soir, vigile pascale, belle cérémonie, mais longue!
Un peu avant la consécration, je commence à me sentir mal, comment faire, depuis tout là-haut, je ne vais tout de même pas agiter un mouchoir blanc en direction des seules personnes qui me font face à 30 mètres ou plus, les prêtres?
J'ai de quoi boire, toujours, mais si je bois maintenant, j'augmente mes chances de mal jouer dans les minutes qui suivent, je l'ai déjà fait, et ce n'était pas un bon plan!
Je me lève lentement, rejoins la ballustrade, je regarde, personne n'a les yeux levé vers la tribune, au contraire, toutes les têtes sont baissées, en signe d'adoration.
Je continue à jouer, comme je peux, je tente de me ressaisir pour la communion, je suis incapable de lire la moindre partition, j'improvise sur un thème, gentiment, tentant de rejoindre la tonalité du cantique qui doit être repris ensuite, mais j'ai du mal à atteindre en effet cette tonalité pour que le cantique soit introduit comme "naturellement".
L'accompagnement du cantique est difficile, je saute des mesures, mon oeil n'arrive plus à anticiper, mes mains et doigts sont comme "dans de la colle", un bruit se fait entendre sur ma droite, je sursaute, je vois un homme bien plus âgé que moi, je ne le connais pas à priori, j'ai très peur, du coup, je n'arrive plus à décoller de mon accord de mi mineur de la main gauche tandis que de la droite, je lui fais des signes désespérés en l'interrogeant: "Mais qui êtes-vous? mais que faites-vous là? Descendez, partez!".
Je sais que tant qu'il sera là, je n'arriverai pas à ôter mes doigts de ces trois notes enfoncées au moment où j'ai vu apparaître son visage à 1 mètre sur ma gauche! MI-SOL-SI!
Il me dit: "Je suis organiste à ... et je suis médecin", puis devant mes gestes désordonnés et pressants, mon visage affolé, il redescend.
Le cantique est terminé. Mon coeur bat très vite, un étau saisit mes tempes, j'ai mal à la hauteur et dans la zone du cervelet, c'est certain, dans quelques minutes, impossible de jouer la sortie, j'avais sélectionné un bel air du XVIII ème siècle, très propice au jeu de trompettes récemment accordé, et j'aurais tellement voulu faire honneur à la paroisse et à son orgue en le jouant. Mais peu importe, il fallait à présent sauver la situation car je ne le savais pas par coeur!
Je descends et vais trouver l'homme, il est penché en avant sa tête dans ses mains qui bouchent ses oreilles.
Je lui fais ma proposition: "Voulez-vous jouer la sortie?"
Il se retourne en se relevant et me suit "j'ai deviné que quelque chose n'allait pas, me dit-il, vous avez correctement joué, puis soudain c'était différent et c'est pourquoi je suis monté.
-Vous m'avez fait très peur! dans ce cas mes symptômes sont agravés. (Je lui dis la maladie dont je souffre)
-Je sais, je connais ça, je suis médecin, me répète-t-il.
Il s'installe à l'orgue, me demande quels en sont les jeux, je lui dis que la trompette marche bien.
Il choisit un air qui ressemblait à celui que je voulais jouer moi-même, c'est donc parfait.
Je suis encore sur le choc de la surprise et de la peur, mais je sais que mon Seigneur m'a envoyé "un ange" pour m'aider!
N'est-ce pas, dans la bible nous voyons souvent ce mouvement de peur chez ceux qui sont visités par un ou des anges, ils ne comprennent tout d'abord pas ce qu'il leur arrive. Mais s'ils se laissent guider, ils sont comblés.
Le Seigneur aime ses enfants, particulièrement la nuit de Pâques qui est celle de la résurrection du Christ!
Le Seigneur est VIVANT, il voit le besoin de ses enfants et comme un père attentif veille et répond.
J'ai remercié la personne attentive qui a pris soin de moi et de l'issue de la célébration, mes mercis encore pour lui!
Tah, 26 mars 08
13 mars 2008
Flo ou la vie mangée
A ce très beau poème trouvé sur vox
j'ai voulu écrire, en écho, ce texte qui reparle de Flo, mais d'une autre manière, ce serait peut-être l'épilogue de ce que j'ai commencé de relater:
C'était un petit bout de femme que la vie n'avait pas gâtée, un petit
bout de femme qui se bâtait seule avec 5 enfants à charge, pour qu'ils
ne manquent de rien et connaissent les vraies valeurs de la vie. Elle
en avait eu des insultes et des humiliations, à force de trimer comme
une bête, elle avait perdu ce côté apétissant qui avait fait que les
hommes lui couraient après, lui faisaient des gosses et la laissaient
tomber, sans ressources.
Elle était partie avec ses deux plus jeunes au bord de l'eau, pêcher
comme chaque soir, puis cuire les poissons sur le barbecue de l'aire de
pêche près de la rivière, ils avaient disposé les assiettes sur une
nappe, c'était bien, il y avait des promeneurs et d'autres pêcheurs à
la ligne non loin, une soirée sans problème.
Tout à coup déboule une bande de 10 ados, à la limite de la majorité
légale, ils sont bruyants, ils ont dû boire, ils voient la femme
occupée à tourner les poissons sur le barbecue, ils l'appostrophent, la
traitent de pute devant ses enfants. Elle répond, pas la langue dans sa
poche, petit paquet de nerf prêt à faire face à tout problème venant de
l'extérieur, le chef de bande s'approche d'elle menaçant avec une arme
blanche, s'en suit une bagarre où elle prend et rend plus d'un coup, le
plus jeune de ses enfants saisi un couteau sur la nappe dans le but de
frapper l'agresseur. Personne parmis les spectateurs n'intervient, même
pas pour téléphoner aux flics avec un portable, c'est pas leur truc,
après tout, c'est une "pute", elle l'a sans doute bien cherché, etc...
et puis ça ne ferait qu'envenimer les choses, alors elle peut continuer
à se faire tabasser, et son fils peut devenir assassin pour oser la
défendre.
Pressentant l'intention de son fils, elle hurle, dit à ses gosses de se
sauver et d'aller chercher du secours. Enfin les autres gars de la
bande tentent d'intervenir, ils ceinturent leur chef et l'entraînent
plus loin, lorsqu'arrivent les secours, les agresseurs ont disparu, on
ne les retrouvera pas. Peut-être qu'on ne remuera pas terre et ciel
pour prendre leur piste, après tout ne s'agit-il pas d'une pauvre
"pute", etc...
N'empêche que la femme, ouvrière agricole, dont les activités privées,
bénévoles, non rémunérées d'accueil provisoire de SDF ou de pèlerins
pour leur éviter de passer des nuits trop froides dehors, ne
regardaient personne, et n'avaient pas à être confondues avec de la
prostitution ou en mériter en quoi que ce soit le titre! n'empêche que
cette pauvre femme, dis-je, eut trois côtes cassées, ainsi que
plusieurs dents, la tête en marmelade, et qu'elle dût se faire
expertiser. Comme on n'a pas retrouvé les contrevenants, qui cependant
continuaient à rôder autour de sa maison et représentaient bien une
menace pour elle et les enfants, il s'en suivit deux conséquences:
- elle ne fut pas indemnisée de ce préjudice grave
- elle dût s'enfermer chez elle chaque nuit, renoncer à l'accueil des
pèlerins, être le plus souvent présente auprès de ses enfants
Elle garda le traumatisme profond de ce moment de violence aveugle et de lacheté de la part des témoins
elle resta logtemps sans pouvoir travailler, interimaire, elle n'avait
pas droit à des allocations journalières de maladies très longues, donc
ses ressources s'amenuisèrent
on ne lui proposa pas de séances remboursées d'aide psychothérapeutiques
elle fut surtout traumatuisée par le geste de son fils, elle qui
éduquait ses enfants à la non-violence, la paix, le dialogue, elle prit
peur qu'ils ne deviennent délinquants, elle n'interpréta pas du tout le
geste de son fils comme un reflexe salvateur d'amour filial et de saine
défense (je suis un homme, je dois la défendre puisque personne ne le
fait)
elle devint sombre du fait de ne vivre que dans la peur et retirée
auprès de ses enfants; parler le soir avec des personnes qui passaient
par le lieu (sur la route du chemin de st Jacques), qu'ils restent ou
non pour la nuit, lui permettait d'avoir des nouvelles de l'extérieur,
d'ailleurs , de plus loin que nos montagnes
elle négligea d'aller faire soigner ses chicots, les restes de ses
dents brisées, parce qu'elle souhaitait rester le plus possible auprès
de ses enfants lorsqu'ils rentraient de classe, et ne voulait pas se
permettre de se faire hospitaliser pour quelques jours, de plus avec
ses faibles ressources, elle n'avait pas de mutuelle
Malgré mes observations au sujet du danger qu'elle se faisait courir en ne soignant pas ces foyers d'infection, elle remettait toujours à plus tard, donc.
On l'a retrouvé inanimée, il y a à peine trois semaines, c'était trop tard, il n'y avait plus rien à faire pour elle, elle avait 40 ans.
J'étais absente du lieu pour raison de cure, trois de ses enfants sont
adultes ou proche de l'être, deux sont encore d'âge scolaire et
mineurs, je ne sais pas ce qu'ils vont devenir et où on les placera.
C'était une famille de musiciens entre autre, les derniers étudiaient
qui la basse, qui la trompette et le tuba, dans le but d'en faire un
métier. C'est dire si cette femme se donnait à fond pour rechercher des
boulots, car les leçons de musique ne sont pas données, ni les bons
instruments de musique. Elle était reconnue pour être vaillante:
plonge et service en restauration, travail des vignes, jardinage,
bûcheronnage, maçonnerie, platrerie, rien ne lui faisait peur, sauf de
monter sur les toitures.
Elle n'est plus là, voilà. Je tenais à en conter l'histoire ici en écho à ce magnifique poème, et j'ai commencé à écrire son histoire plus développée, je lapublierai petit à petit, c'est la moindre des choses que je puisse faire non seulement pour rendre hommage à toutes les "mères courage" du monde mais pour faire oeuvre de deuil vis à vis de mon amie Flo.
Tah, 13 mars 08
11 mars 2008
BILAN
Souvent j'ai espéré: je fais un séjour en thalasso, et puis après je vais mieux, alors je peux faire d'autres activités, et périodiquement, je retourne en thalasso pour me maintenir en forme. Parce qu'il faut dire que la thalasso me prend 4 heures par jour.
Mais je me suis aperçu que lorsque j'arrête, je dégringole très vite, mes muscles redeviennent atone, mes articulations se bloquent.
D'autre part lorsque j'arrive dans la piscine, là est mon véritable élément, je me sens bien, légère, agile, souple, détendue!
C'est mon univers, ma maison. C'est un repère, un cadre important de ma vie, et il semble que je ne puisse plus faire "sans"!
J'ai pensé un temps que je pourrais peut-être essayer d'acheter un T2 (ou en louer à la rigueur) en face d'un des lieux de thalasso que je fréquente souvent, renseignements pris c'est impossible, raison financière très importante, prix exorbitants. Si nous aménageons notre maison avec des espaces spéciaux et en particulier thalasso, ça reviendra infiniment moins cher qu'acheter ou louer un appart!
Donc, en attendant d'avoir des installations performantes at home, il faut continuer les déplacements et consigner 4 heures quotidiennes pour ce traitement.
Mon mari qui conserve un mi-temps en service extérieur et plusieurs rencontres et réunions hebdomadaires pour remplir les engagements bénévoles locaux, n'a pas encore la maîtrise d'un emploi du temps qui lui permettrait à la fois d'aménager notre espace vital et de m'aider à faire beaucoup de choses sans pour autant les faire à ma place.
Je veux parler par exemple de ranger toutes les affaires et documents qui sont en tas et en plan dans les différentes pièces, ranger le linge, faire de la cuisine élaborée. On n'imagine pas comme le fait simple d'essayer de glisser des partitions dans des blisters, de répartir des documents dans des casiers, de trier des revues, du courrier, peut devenir pénible par la posture et les gestes répétitifs. Que dire du tri de caisses avec livres ou petits objets entassés dans les débarras et greniers, provenant de parents décédés, de boulots précédents. On n'imagine pas non plus combien une table ordinaire n'est pas à la bonne hauteur pour une personne assise en fauteuil roulant désirant peler ou couper des légumes, les disposer dans un plat, abaisser une pâte au rouleau à pâtisserie, pétrir.
Il faut que mon mari qui a pris l'habitude de faire tout tout seul, uniquement ce qu'il sait, comme il sait, laissant le reste en plan, dans l'espérance qu'un jour j'aurai la force ET le temps, se mue en aide auprès de moi, et fasse non pas pour moi, mais avec moi.
CAR je n'aurai JAMAIS le temps avec toutes les séances de thalasso, d'électrothérapie, de massage, de refexologie, les moments où je dois répéter mes musiques seule ou avec lui. Autant en prendre son parti, il faut qu'on repense notre vie autrement, avec beaucoup moins de web et de net pour moi c'est certain, ça fait longtemps que je le dis, et le crash informatique que nous avons vécu récemment n'est pas là pour le démentir! Et pourtant j'ai tout de même besoin de taper sur mon clavier et d'aller à la rencontre d'autrui par écran interposé, c'est un très grand facteur de calme et d'équilibre pour moi. Et d'apprentissage continué, et de socialisation.
Je crois que ces dernières années, j'ai utilisé énormément d'énergie à vouloir lutter contre la mauvaise image de moi, une certaine appreté à démonter cette étiquette de supercherie, d'imposture qu'on m'avait collée au boulot (ne comprenant pas pourquoi j'avais à la fois tant d'énergie et tant de fatigue et de dysfonctionnements). De plus être obligée d'être testée et jugée tous les six mois pour continuer d'obtenir un congès, rentrer dans les "normes" précises pour l'obtenir.
Et vouloir en même temps me prouver et prouver à autrui que j'étais toujours intelligente et douée, que rien ne pourrait abattre mon intelligence et ma créativité.
Pendant ce temps là, j'ai survécu, certes, j'ai beaucoup appris et réappris, mais je n'ai pas considéré que la maladie avançait à sa façon, j'espérais pouvoir toujours progresser. Je redevenais une personne humaine cultivée, spirituelle, je gravissais les époques et les âges, très longtemps coincée à l'adolescence, aux abords de la puberté. Mais mon corps continuait à s'user à l'intérieur, et il s'est mis à vieillir tout d'un coup à l'extérieur. Et à me rappeler que je n'avais plus 20 ou 30 ans, et qu'avec la maladie, j'ai des comportements, des réactions assimilables à des individus bien plus âgés que mon âge biologique. Ressembler à mes arrière-grands-mères et à mes grands-mères sur leur vieux-vieux jours, être atteinte des mêmes infirmités mais 20 à 30 ans plus tôt qu'elles, c'est dur soudain à avaler, et assez incompréhensible pour mon mari qui continue à voir en moi la compagne espiègle, vive, enjouée qu'il a épousée.
Il faut que j'arrête de m'étonner de la situation, de la réfuter ou de la refuser, et que je mobilise plutôt ma ténacité pour m'adapter à ces nouvelles données et tourner à un régime en phase avec mes possibilités actuelles motrices et une fatigabilité accrue. Il n'est plus souhaitable que j'explore continuellement le champ de tous les possibles, que je m'investisse dans toutes les directions, que j'éprouve toutes les émotions possibles. Je dois apprendre à restreindre mes objectifs et à gérer mon temps de telle façon à ne pas me sentir frustrée de ne pouvoir tout faire, et à ne pas léser ceux qui comptent sur quelques-uns de mes talents et services, en particulier à ne pas léser mon époux pour vivre une effective vie de couple et de famille. C'est compliqué, ça veut dire renoncer à des lieux, des personnes, des choses, des activités qui m'ont accueillie, accompagnée, aidée à grandir depuis 2001. C'est sans doute un pas de plus dans le fait de devenir adulte je pense, une personne mûre, mature qui fait des choix et qui s'y tient. La mue est difficile et la peau craque de partout!
J'en ai vu d'autres! L'important est d'être lucide et de marcher à son rythme. Pour pouvoir encore espérer dépasser ses limites, il faut savoir ne pas faire comme si elles n'existaient pas. La connaissance de soi ainsi que le respect de soi sont essentiels.
Tah 11 mars 08














